Arman, Gupta : le rapport
L'artiste Subodh Gupta est connu pour ses amoncellements de vaisselle indienne en inox. Une oeuvre qui fait écho à celle d'Arman.
Accumulation de pièces de vaisselle, vélos et chariots sont des points communs de l'oeuvre de Gupta avec celle d'Arman. Sudobh Gupta, à travers ses performances, ses videos et ses installations retrace son parcours depuis sa naissance dans la province très pauvre de Bihar, jusqu'à son arrivée à New Delhi. Artiste indien très en vue, il se réclame de Marcel Duchamp, mais sa parenté avec Arman est frappante au premier coup d’œil. Les motos et vélos font partie de leur materiau commun, même si les propos sont différents.
Gupta, Cow, 2005 © DR
Pour Gupta il s’agit d’évoquer les déplacements de population en Inde, les migrations internes et les injustices sociales.
Ses vélos rutilants, chargés de boites de lait , en aluminium ou bronze, reflètent le quotidien des villages indiens. Ce n’est pas du ready made, puisqu’il ne s’agit pas des originaux.
Chez Arman, le procédé avec les vélos est plus poétiques, pas de discours socia, mais une réflexion sur la peinture et sur le temps.
Arman, Monocipède, 1998 © François Fernandez
Arman, Dans un Champs de Lavande, 1997 © François Fernandez
Gupta à Arman : passe-moi l'assiette s'il te plaît
Gupta, Spill, 2007 © DR
A coté des vélos ce qui caractérise particulièrement Subodh Gupta c’est l’utilisation de la vaisselle des indiens. Ce sont les objets de base de la société indienne. Il les agence en des formes précises comme une tête de mort ou un champignon atomique. Mais Gupta procède aussi par empilements ou rangements méthodiques, pour figurer une opulence tant désirée par ceux, nombreux en Inde, qui rêveraient de voir leur assiette bien remplie. Gupta déclare que les Dieux sont dans la cuisine ; pour les Indiens et pour Gupta, la cuisine est un lieu de prière et les ustensiles sont sacrés.
Arman, sans titre, 1998 © François Fernandez
Chez Arman, la vaiselle, comprend les cafetières, théieres, cuillères, fourchettes, mais aussi les assiettes qu'il préfére cassées.
Interrogé sur sa proximité avec Arman, Gupta, à mon avis à tort, prend du recul. Il préfère remonter jusqu'à Marcel Duchamp, parenté plus prestigieuse peut-être. (2011, à l’occasion de l’exposition Paris Delhi Bombay, au centre Pompidou).
"Pour moi, le travail d'Arman ce n'est pas la même chose; il utilise des objets mais pas uniquement des ustensiles. Nous sommes très différents l'un de l'autre. Mon travail est dédié à la vie quotidienne, avec des manières différentes de m'exprimer. Je me sens plus proche de <Marcel Duchamp."
Arman est apparu sur la scène artistique alors que la société de consommation prenait son ampleur, que les objets venaient pulluler dans nos vies. Gupta lui est un artiste issue d'une société dite émergente, dont les habitants rêvent d'abondance. Les assiettes empilées de Gupta nourrissent l'espoir d'être bientôt remplies et d'être partagées par le plus grand nombre.
Les objets migratoires de Subodh Gupta>>

Pour ce blog, Textes © Christine Siméone
Photos © Christine Siméone sauf indication
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Au sujet d’Arman, le site historique























Gupta préfère, c'est son droit, son grand-père à son père, mais c'est le petit fils de la famille.
On peut tuer le père, on n'en reste pas moins dans la lignée...
La grande famille Nouveau-Réaliste: on peut penser aussi aux tableaux pièges de Spoerri table avec les ustensiles et reliefs de repas.
S'inscrire dans une lignée n'est pas forcément négatif, quand l'inscription possède de forts caractères propres.
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