Kosuth dévoile Foucault
A l'occasion de la Nuit Blanche l'artiste américain Joseph Kosuth, théoricien de l'art conceptuel et figure de proue du mouvement Art& Language, dévoile l'oeuvre
qu'il propose d'installer sur les tours de la BnF en hommage à Michel Foucault.
Préfiguration du projet de Joseph Kosuth pour la BnF
© Studio Joseph Kosuth - 2012
Joseph Kosuth qui s'intéresse depuis toujours au texte et à son contexte, a choisi une phrase de Foucault alors que la BnF cherche à réunir les fonds nécessaires pour acheter les quelques 4000 feuillets manuscrits du philosophe française auprès de son ancien compagnon.
Voici la phrase sde Michel Foucault, choisie par Joseph Kosuth.
Joseph Kosuth
© Christine Siméone
Cette longue phrase sera inscrite en haut des quatre tours du site Tolbiac, en lettres roses, formées dans des tubes des verres.
Joseph Kosuth explique sa démarche
C'est bien sûr en relation avec mon propre travail depuis 45 ans.
Donc vous verrez des connexions entre le travail que je fais ici et celui qui est au centre pompidou.
La chaise 3 en 1 par exemple.
Et c'est vraiment sur le surplus, c'est à dire ce qu'un texte génère en relation avec son contexte.
Et
je me suis dit, étant donné que Foucault est quelqu'un qui compte pour
moi,... pour un endroit si important dans Paris, dans un contexte si
fort, c'était la bonne phrase pour moi à utiliser dans ce travail.
Bruno
Racine a souri quand je lui en ai parlé parce qu'à ce moment-là il s
étaient en négociations sur les archives de Foucault. Donc c'était une
coïncidence, une jolie coïncidence! Comme deux choses qui se
rencontrent. il y a beaucoup à dire sur Foucault bien sûr! J'ai exploré
différents aspects de son travail, différentes périodes de mon travail.
Ca c'est ma génération, mon contexte et je pense que ça fait partie
d'un discours général. C'est en ce sens que je me suis senti connecté
avec Foucault.
© Dominique
Perrault
L'avis de Dominique Perrault l'architecte de tours de la Bibliotèque nationale de France:
En revanche, Il manque encore de l'argent pour financer la réalisation de Kosuth, fabriquée verre provenant d'Italie, légèrement rosé.
Si le projet aboutit, ce sera d'une belle cohérence entre ce que représente le site de Tolbiac, (recherche, language, transmission) et le travail de ce grand artiste américain.
Je mets Rémanence pour Kosuth qui peut sembler si loin d'Arman, lui qui s'est approprié le monde matériel, alors que Kosuth est un théoricien de l'art conceptuel...
Pourtant , il se trouve que Kosuth a fait la preuve par l'objet de ses théories.. et que finalement en le suivant, on se dit que c'est par l'objet qu'il est arrivé aux mots. Voici donc comment, en passant par la chaise....
De la chaise à l'idée
Avec Kosuth, l'objet, si cher à ce blog, fait oeuvre d'art, pour interroger non l'objet mais l'art et sa représentation.
Joseph Kosuth, One and Three Chairs 1965 © ADAGP
Une chaise, sa photo, les deux au mur, à côté d'un texte de définition de la "chaise". La chaise est donc à chaque fois différente ou éventuellement est-elle la réunion, ou l'intersection de ces trois choses.
Ceci me rappelle une variation sur le thème de la chaise faite sur ce blog dans Prenez donc un siège ! Je montrai d'ailleurs cette chaise de Donald Judd, que Kosuth reconnait comme l'un de ses inspirateurs.
La chaise de Donald Judd,
photographiée lorsde son exposition
à la Piscine de Roubaix, en novembre
© Radio France - 2012 / christine simeone
Arman, sans titre, © François Fernandez
Pour Joseph Kosuth qui commence par exposer une chaise, comme l'aurait fait Duchamp avec porte-bouteille ou un ready made, il s'agit de montrer que tout l'art qui a suivi Duchamp est devenu conceptuel. De l'art ne reste que l'idée, l'art est tout idée. Exactement selon ses termes, "l’idée de l’art et l’art sont la même chose". Finalement des premiers objets utilisés par Kosuth dans les années 60, ne restent plus que les textes.
Au delà de Kosuth
Pour information : Nuit Blanche à la BnF
samedi 6 octobre 2012 Programme:
Jusqu’à minuit (dernière entrée à 23h30) :
La bibliothèque d’étude du Haut-de-jardin sera ouverte au public
qui pourra voir, en accès libre, des oeuvres d’artistes vidéastes ou plasticiens issues des collections
du département de l’Audiovisuel. Par ailleurs, dans le Hall Est, plusieurs créations Point d’ironie* : créé en 1997 par agnès
b., Christian Boltanski, Hans-Ulrich Obrist, Point d’ironie* est une carte blanche donnée à un artiste, un 8-pages sur papier
journal amélioré.
Les espaces de la bibliothèque de recherche du Rez-de-jardin
en accès libre, avec les oeuvres de Garouste, Jean-Pierre
Bertrand, Claude Viallat, Martial Raysse.
Jusqu’à 2h du matin : accès au Belvédère, vue exceptionnelle sur Paris grâce à son vaste espace entièrement vitré. Ce point de vue offrira par ailleurs au public la possibilité de voir la production Paris à l’Infini (la danse), une déambulation le long de la Seine chorégraphiée par Julie Desprairie.
Joseph Kosuth expliqué par le Centre Pompidou>>
Kosuth et le Mac de Lyon, autour d'un texte de Freud>>



























Poster un nouveau commentaire