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Seize morts palestiniens à Gaza dans une école de l'ONU

Nouveaux bombardements à Gaza le 29 juillet 2014 © MaxPPP MOHAMMED SABER

SeizePalestiniens qui s'étaient réfugiés dans une école de l'ONU ont été tués mercredi à l'aube à la suite de bombardements israéliens dans le nord de la bande de Gaza, selon les services de secours.

Les obus de chars ont touché de plein fouet deux salles de classes d'une école de l'UNRWA, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, dans le camp de Jabaliya.

 

Un responsable de l'UNRWA évoque pour sa part au moins 15 morts. De nombreux civils palestiniens se sont réfugiés dans des écoles de l'UNRWA notamment à Jabaliya après avoir été avertis par l'armée israélienne que le quartier ou la localité où ils résident risquait de subir des bombardements massifs.

 

Une mosquée rayée de la carte

L’armée israélienne a cherché ces dernières 48 heures à toucher le gouvernement du Hamas au cœur, à toucher ses infrastructures : le ministère des finances réduit en poussière, le domicile du chef politique  Ismaël Anieh détruit, la télévision Al Aqsa anéantie. On observe aussi depuis hier matin comme une plaie béante au cœur de Gaza : la Mosquée « Al  amine Mohamed », l’une des plus grandes de la ville, quasi rayée de la carte.

 

Le reportage de Mathilde Lemaire et Benjamin Chauvin :

 

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A la place de la mosquée,  un cratère géant de cinq mètres de profondeur. C’est un avion F16 qui a transpercé le dôme et le plancher du bâtiment. A trente mètres alentours, on trouve partout des parpaings en miettes, des tiges de métal tordues et  des planches de bois pulvérisées. Sidérés, certains voisins et fidèles viennent prendre des photos pour montrer à leurs épouses qui se terrent depuis le déluge de feu de la nuit dernière.

 

Abou Mohamed,  53 ans est l'un des plus vieux fidèles

Je suis horrifié, choqué par ce spectacle. Je ne veux pas croire ce qui est arrivé.  C’est arrivé dans notre mosquée. Un lieu que je croyais sûr. Dans cette mosquée, on ne vient que pour prier.  Après chaque prière, la porte est refermée à clef. Ca n’est pas un repère de combattants, comme veut le faire croire la propagande israélienne On sera fort. Ca prendra 3 ou 4 ans  mais on reconstruira notre mosquée.

 

Des chants de résistance

Dans l’air, une persistante odeur de poudre. Des pages de Corans encore fumantes se mêlent aux restes d’obus. Les  fidèles n’attendent pas  pour déblayer, avec des pelles et des balais apportés de chez eux. C’est presque dérisoire tant la tâche est énorme. Adil la quarantaine observe ce triste spectacle assis sur un muret tout proche.

 

« Comment peut-on bombarder ainsi un lieu de culte ? C’est la maison de dieu. Les Israéliens ne respectent rien.

De toute façon, ce massacre que nous subissons, ça  n’intéresse plus personne dans ce monde. Seul Dieu nous regarde encore. Je pense même qu’il y a une conspiration : Israël, les Etats-Unis et maintenant ceux qu’on croyaient être nos frères arabes. Tous se dressent contre les palestiniens », affirme Adil.

 

« Evacuer ? Pour aller où ? »

Ce quadragénaire garde l’oreille collée à  son  mobile. Il écoute la radio du Djihad islamique et ses chants de résistance. A quelques pas, Mahmoud, 70 ans contemple ce chaos. Sa djellaba immaculée contraste avec ce paysage calciné. Mahmoud  est à bout de nerf après plus de trois semaines de guerre :

J’ai d’abord fui mon quartier qui a été entièrement détruit par l’aviation, il y a 10 jours. J’ai trouvé refuge ici, et maintenant voilà que ça bombarde ici aussi. Qu’est ce que je dois faire ? Fuir encore ?  Mais pour aller où ? On est bloqués, comme pris au piège

 

Comme pour encourager chacun à continuer à se battre et à célébrer leur foi malgré le chaos, des fidèles ont installé des tapis sur la route devant ce qui reste de la mosquée. C’est là qu’ils prieront désormais.

Par Mathilde Lemaire | 30 Juillet 2014 à 06:20