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À Jarnac, un François peut en cacher un autre

Capture d'écran de l'élection de François Mitterrand © - 2016

Vingt ans jour pour jour après la mort de François Mitterrand, François Hollande se recueille aujourd’hui sur la tombe de l’ancien chef de l’État à Jarnac, en Charente. Deux présidents socialistes dont le parcours et l'exercice du pouvoir diffèrent, mais qui présentent néanmoins des similitudes.

« Un hommage simple, sobre, et solennel » selon son entourage. François Hollande est le premier président en exercice à se rendre en terres charentaises pour commémorer la disparition de celui qui présida la France pendant deux septennats, de 1981 à 1995.

Le chef de l'État a déposé une gerbe et observé une minute de silence devant le caveau familial, aux côtés de deux des trois enfants de l'ancien président, Gilbert Mitterrand et Mazarine Pingeot.

Fraichement sorti de l’ENA et de HEC, François Hollande a été dans sa jeunesse le collaborateur de François Mitterrand à l’Elysée, en tant que chargé de mission pour l’économie, même s’il s’inscrit alors plutôt dans le sillage de Jacques Delors.

S'ils ne se sont pas combattus, Hollande et Mitterrand ne se sont pas non plus séduits et n'ont pas établi de liens filiaux, estime Jack Lang.

L'ancien ministre de la Culture souligne également le contraste dans les postures adoptées par chacun des deux présidents : hauteur de vue et hiératisme de François Mitterrand, quand François Hollande est apparemment dans la décontraction légère et la relativisation souriante.

Ressemblances

Autre témoin de ces deux époques : Jean-Louis Bianco, secrétaire général de l’Élysée dans les années 1980.

Les deux hommes ont pour point commun le goût du secret et cette conscience aigüe qu’au sommet de l’État, on est seul face aux décisions importantes. 

Tout comme Mitterrand selon lui, François Hollande "ne dévoile ses décisions qu'à la dernière minute, même à ses plus proches, et écoute beaucoup".

Alors que la candidature de François Hollande à sa succession en 2017 fait peu de doute, François Mitterrand s’était porté candidat à sa réélection en 1988. Et l’actuel Président s’inspire d’ores et déjà du refrain de son prédécesseur socialiste : la France unie.

A une différence près, s'agace une députée socialiste qui a côtoyé les deux hommes : la déchéance de nationalité révèle un François Hollande clivant, nullement rassembleur, à mille lieux du Mitterrand de 1988.

"La France Unie", affiche de campagne pour la présidentielle de 1988. © Radio France - 2016

Par France Inter avec, Cyril Graziani, | 08 Janvier 2016 à 10:23