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Ces menaces qui planent sur la COP21

Les drones ont une signature radar équivalente à celle d’un pigeon © MaxPPP - 2015

Une note des services de renseignement français fait l’inventaire des menaces d’ordre sécuritaire qui planent sur la 21e Conférence Paris Climat. Outre Daech , l’ultra gauche ou les écoterroristes, les autorités pointent notamment du doigt les risques liés aux drones et la cybermenace.

 

En tout, une douzaine de pages. Avec, au fil des paragraphes, un inventaire de ceux qui pourraient venir troubler le bon déroulement de la 21e COP qui s’ouvre à Paris le 30 novembre. Il s’agira de la plus grande conférence diplomatique jamais réunie en France depuis la signature de la déclaration universelle des droits de l'Homme à Paris en 1948 : quelque 195 Etats seront ainsi représentés. Avec une diversité presque aussi vaste de perturbateurs potentiels.

 

note du Ministère de l'Intérieur © - 2015

Une note des services de renseignement français, qu’a pu se procurer France Inter, tente d’en dresser un inventaire pour s’en prémunir. Au premier rang de ces persona non grata figurent les traditionnels activistes radicaux de la galaxie écologiste, altermondialiste et anarchiste, ainsi que les terroristes internationaux d’Al Qaïda ou du groupe terroriste Etat islamique.

 

Ce sera le rendez vous majeur de l'ultra gauche avec ses  black blocs, des opposants violents qui disposent d' un "répertoire inventif de techniques d'insurrection" écrit l'auteur de cette note. Certains de ses militants ont même été incités à infiltrer les entreprises sollicitées par la COP21. 

 

Leurs autres cibles : les Banques soupçonnées de financer des activités destructrices du climat, ou encore EDF, partenaire officiel, et Engie, pour sa gestion de centrale à charbon. Le blocage des transports et des autoroutes est aussi à leur menu. Le site du Bourget pourrait être visé le jour de la clôture de la conférence. Selon les services britanniques des activistes anglais ont prévu de lancer un appel à la désobéissance civile, ils veulent bloquer les rues ou occuper des sites dans la capitale si les participants à la COP21 ne s'engagent pas suffisamment.

 

Anonymous, Daech, tous pirates potentiels

Outre ces menaces « physiques », la note entend aussi attirer l’attention sur celles que pourraient représenter la cybercriminalité et l’usage nouveau de drones. Ainsi pointe-t-elle notamment les risques de piratage de sites officiels, d’espionnage informatique étatique via des mails piégés, ou encore d’attaques «  de la mouvance ultra-gauche, type hackers du groupe « anonymous ». Avec pour conséquences « des défigurations de site, exfiltrations de données et déni de service ». Et en rappelant les précédents de TV5-Monde, qui avait été affectée par une cyber-attaque, laquelle avait entrainé l’arrêt de ses programmes et la diffusion de messages de menaces de hackers se revendiquant du groupe terroriste Daech.

 

Si l’auteur de la note invite à « relativiser » ce type de menaces, puisqu’elle n’aurait pas permis la facilitation d’action concrète qui aurait entrainée des victimes, il rappelle néanmoins que ces « perturbations », souvent repris par les médias, n’en sont pas moins nocives pour la crédibilité » de l’action de l’Etat.

 

Une signature radar équivalente à celle d’un pigeon

Enfin, les services de renseignement attirent l’attention des autorités sur la menace que pourraient représenter les drones, notamment utilisés par les « écologistes radicaux anti-nucléaires ». Depuis l’automne 2014, une quarantaine de survols de d’installations militaires a été recensée. La note relève qu’aucun acte violent n’a jusqu’ici été relevé, mais qu’ils sont, par leur facilité d’utilisation et leur prix modéré, susceptibles d’être armés ou de transporter des explosifs. « Fonctionnant à l’électricité, ils sont en outre silencieux et presque indétectables. Au-dessus d’une ville, même en rase campagne, ces drones ont en effet une signature radar équivalente à celle d’un pigeon », lit-on ainsi…

Par France Inter avec, Nathalie Hernandez, | 11 Novembre 2015 à 06:10