Dépêches > justice du lundi 09 Mars à 12H40

Charlie Hebdo/Hypercasher : arrestations et nouveaux témoignages

Charlie Hebdo/Hypercasher : les suspects © FRENCH POLICE / HANDOUT/EPA/MAXPPP 

Quatre personnes ont été arrêtées dans l'entourage d'Amédy Coulibaly, d'après l'AFP. D'autre part, un témoin affirme avoir vu les frères Kouachi, Amédy Coulibaly et Hayat Boumedienne une quinzaine de jours avant les attentats, du côté d'Annecy.

 

C’est une hôtesse d’accueil du Centre hospitalier Annecy-Genevois qui alerte sa direction le 14 janvier 2015. En regardant des reportages sur les attentats, elle dit avoir eu un déclic. Persuadée d’avoir croisé les frères Kouachi, Amédy Coulibaly et Hayat Boumedienne à l’hôpital d’Annecy, fin décembre 2014.

 

Ce jour-là, un homme arrive avec une jeune femme qui ressemble fortement à Hayat Boumedienne. La jeune femme reste en retrait. Son ami demande les urgences à l’hôtesse d’accueil. Un peu plus tard, deux hommes (pour l'hôtesse, les frères Kouachi) dont l’un vêtu d’une djellaba demandent à voir une certaine Hayat Boumedienne. L’hôtesse cherche dans son fichier mais le nom ne ressort pas. "Elle a peut-être donné un autre nom", dit à haute voix l’un des deux hommes, ce qui intrigue l’hôtesse d’accueil.

 

Un peu plus tard, tout ce petit groupe quitte les lieux ensemble. "Ils sont cons dans cet hôpital", lâche la jeune femme, au passage. Alors s'agissait-il vraiment des frères Kouachi, d'Amédy Coulibaly et de sa compagne, peut-être enceinte avant de s'enfuir en Syrie ? Les enquêteurs restent très prudents. Des vérifications sont en cours. Les enregistrements vidéo de l’hôpital n’ont pas pu être exploités, car ils ne sont conservés que sept jours.

 

Les témoignages des proches des frères Kouachi

Lorsque les proches des frères Kouachi sont interrogés par les enquêteurs le 8 janvier 2015, Chérif et Saïd Kouachi sont toujours en cavale. Leur demi-sœur explique qu’elle a toujours refusé d’habiter avec eux parce qu’ils étaient  "à fond dans la religion" : "Ils menaçaient de faire sauter la maison de mes parents adoptifs si je ne me convertissais pas à l’islam", dit-elle.

 

Un ami d'enfance raconte..

Chérif Kouachi nous faisait la morale, disait qu’il fallait qu’on se réveille, que le vrai Jihad se trouvait en Israël et pas dans les cités

 

Le troisième frère Kouachi, est lui sous le choc. Ce titulaire d’une licence de japonais est placé dans le même foyer que ses deux frères, en Corrèze, jusqu’en 2000, avant de prendre ses distances. "Ils me considèrent comme un traitre", dit le troisième frère Kouachi qui les voit une dernière fois en janvier 2014 : "ils m’ont encore demandé quand je deviendrai musulman. J'ai répondu que je ne serai jamais converti de force, ce qui avait le don de les agacer. En tous cas, ils ne peuvent pas dire qu’ils en sont arrivés là parce qu’ils étaient orphelins", conclut Chabane Kouachi. "Je le suis aussi, et je ne suis pas comme eux."

 

Par Benoît Collombat, | 09 Mars 2015 à 12:40