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Chypre dit non au plan européen

la taxe sur les dépôts bancaires à chypre suscitait l'inquiétude © reuters - 2013

Comme prévu, le parlement chypriote rejette le plan de sauvetage européen. Un plan qui prévoyait une taxation inédite sur les dépôts bancaires.  Des négociations, notamment entre les gouvernements russe et chypriote, pourraient faire évoluer la situation.

Aucun parlementaire n'a voté en faveur du plan proposé par l'UE. 36 ont voté contre et 19 se sont abstenus.

Les nombreux manifestants massés devant le parlement chypriote ont accueilli l'annonce du rejet avec des démonstrations de joie.

 

Le plan de sauvetage avait suscité de nombreuses réactions d'indignation, notamment en Russie. De nombreuses fortunes russes sont en effet "hébergées" par les banques de l'ile. Le ministre chypriote de l'économie est en consultation à Moscou. L'existence de plusieurs grandes banques russes pourrait être menacée en cas de faillite du système bancaire de Chypre.

Et maintenant ?

Comme l'Islande et l'Irlande avant elle, Chypre va devoir maintenant se battre pour empêcher son secteur bancaire hypertrophié de mettre le pays à genoux. Car quelle que soit la solution alternative inventée par Chypre pour remplacer cette taxation, le parallèle avec les expériences islandaise et irlandaise de ces dernières années montre que l'assainissement risque de se faire dans la souffrance.

Le gouvernement islandais a laissé ses banques faire défaut et introduit le contrôle des changes, ce qui a rendu plus difficile le financement de l'économie. L'Irlande a pour sa part nationalisé pratiquement toutes ses banques, ce qui a débouché sur un quadruplement de son endettement.

Les deux pays sont à nouveau en phase de croissance mais des problèmes de fond demeurent. Les particuliers des deux pays sont toujours noyés sous leur dette immobilière. En Irlande, le taux de chômage reste à 14% tandis que l'Islande hésite toujours à lever le contrôle des changes de crainte d'une fuite des capitaux étrangers.

Tout cela augure de difficultés pour Chypre dont les banques souffrent à la fois de leur forte exposition à la Grèce et à des fonds russes de provenance parfois douteuse.

Par France Inter | 20 Mars 2013 à 07:13