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Des dépassements de normes mais pas de trucage pour Renault

Des dépassements de norme mais pas de trucage de moteurs pour Renault © reuters - 2016

Une commission indépendante s'est réunie ce jeudi après-midi au ministère de l'Écologie. Ségolène Royal confirme des dépassements de normes de CO2 et d'oxyde d'azote pour Renault et deux marques étrangères.

Ce matin, l'action de Renault a fortement chuté à la Bourse de Paris, après l'annonce de perquisitions effectuées par les services de répression des fraudes dans plusieurs sites.

Comme l'annonçait France Inter ce midi, les tests d'émission du constructeur français sont mauvais.  La ministre de l'Écologie a cependant précisé qu'il n'y a pas de "fraude de logiciel".

Une situation "en aucun cas" comparable à celle de Volkswagen ajoute quant à lui le ministre de l'Économie, Emmanuel Macron.

Des tests d'émission mauvais pour Renault

Comme l'indiquait France Inter ce midi, les résultats de la commisison indépendante ont été dévoilés cet après-midi. Une commission mise en place après le scandale Volkswagen cet automne, lorsque le gouvernement a décidé de tester cent voitures pour vérifier les émissions polluantes.

Ce soir, aucun résultat n'a été dévoilé.

Les tests doivent donner lieu à des éclaircissements en lien avec les constructeurs (...) Renault accepte de venir devant la commission la semaine prochaine pour dire comment remédier ces dépassements des normes, a déclaré la ministre de l'Écologie Ségolène Royal

 

Selon les information de France Inter, pour PSA, l'écart entre les émission lors des tests en laboratoire et sur route est classique, deux fois plus en conditions réelles. Pour Volkswagen, c'est trois ou quatre fois plus. Mais pour Renault, les résultats sont très mauvais, bien au-dessus des autres constructeurs, selon une source proche du dossier. Et donc devant Volkswagen dans les dépassements constatés en monoxyde d'azote dans ces tests en situation réelle.

Pour Jean-François Pibouleau, délégué CGT Renault du site de Guyancourt (Yvelines), "les conditions d'essai ne sont pas celles des conditions de vie du moteur de tous les jours", ce qui explique l'écart entre les tests laboratoire et sur route.

Il y a des choses arrangées [lors des tests en laboratoire] : surgonflage des pneus, décrochage de certains accessoires comme la climatisation (...) Il serait intéressant d'avoir un organisme indépendant qui contrôle tous les contructeurs, explique un délégué syndical CGT

 

 

 

Des sites de Renault perquisitionnés

Plusieurs sites Renault ont été perquisitionnés la semaine dernière par les services de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. La CGT affirme que les "PC de plusieurs directeurs ont été récupérés" à Lardy (Essonne), Guyancourt (Yvelines), au Plessis-Robinson ainsi qu'au siège à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

Des perquisitions liées aux conséquences de l'affaire des moteurs truqués de Volkswagen, selon la CGT.

Renault confirme ce midi que la DGCCRF s'est bien rendue dans ces différents sites pour procéder à "un complément d'investigation", qui a pour but de "valider définitivement les premiers éléments d'analyse réalisés par la commission technique indépendante".

En décembre dernier, Renault a annoncé un plan de 50 millions d'euros pour diminuer l'écart  entre les conditions d'homologation et la situation réelle des émissions polluantes de ses voitures.

Réaction immédiate à la bourse

Suite aux révélations de ce matin, le titre Renault a fortement chuté, jusqu'à plus de 20% à la mi-journée. En fin de journée, à la clotûre de la Bourse ce jeudi, Renault enregistrait une baisse de 10.28% à 77.75 euros.

 

Par Fiona Moghaddam, Marion L'Hour, avec agences, | 14 Janvier 2016 à 17:40