Dépêches > monde du lundi 03 Mars à 13H16

La Crimée sous contrôle russe

Le premier ministre ukrainien ArsenyYatseniuk et William Hague © REUTERS/Andrew Kravchenko

Les Occidentaux multiplient les pressions sur la Russie.

 

Condamnant la "claire violation" de la souveraineté de l'Ukraine par Moscou, les dirigeants de sept pays membres du G8 ont annoncé dimanche la suspension de leurs préparatifs en vue du sommet du groupe à Sotchi en juin. D’ailleurs, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a prévenu dimanche que la Russie pourrait perdre son siège à la table du G8, face à la dégradation de la situation sur le terrain.

 

John Kerry qui sera à Kiev mardi, pour réaffirmer le "soutien fort des Etats-Unis à la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale de l'Ukraine". Il sera précédé par le numéro deux de l'ONU, Jan Eliasson, qui devait s'envoler dimanche soir pour l'Ukraine.

 

L'Otan a, elle, appelé Moscou et Kiev à rechercher une "solution pacifique" à la crise à travers le "dialogue" et le déploiement d'observateurs internationaux", selon son secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen.

 

Les ministres européens des Affaires étrangères se retrouvent lundi à Bruxelles pour leur deuxième réunion d'urgence sur l'Ukraine en dix jours.

 

Le mot d'ordre de toutes les chancellerie est de ne pas relacher la pression sur Moscou

Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, et son homologue grec, Evangelos Venizelos, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, sont arrivés dimanche à Kiev. William Hague, a mis en garde la Russie sur le "prix à payer" pour son action en Ukraine, au cours d'une conférence de presse lundi à Kiev.  "Cela ne peut pas être la manière dont les relations internationales doivent se régler au XXIe siècle. Ce n'est pas acceptable et il y aura des conséquences et un prix à payer", a déclaré William Hague. 

Le reportage  Kiev de Ruddy Guillemin

 

 

Angela Merkel a passé son week-end à tenter de peser sur la Russie

Dans des conversations téléphoniques avec la chancelière allemande Angela Merkel Vladimir Poutine a assuré dimanche que la réponse de la Russie à "la menace constante d'actes violents de la part des forces ultranationalistes (...) était totalement adaptée". Il a néanmoins accepté la création d'un "groupe de contact" pour entamer "un dialogue politique" sur l'Ukraine.

 

A Berlin, Lise Jolly

 

La Crimée sous contrôle russe

La relève des soldats russes devant base militaire de Perevalne © Géraldine Hallot/Radio France

Les forces russes ont en pratique déjà pris - sans effusion de sang - le contrôle de la République autonome de Crimée. Les maigres forces ukrainiennes basées en Crimée n'ont pu empêcher des militaires russes, qui ne portent pas d'insigne mais conduisent des véhicules clairement identifiés, de prendre le contrôle des bâtiments publics, des aéroports et d'autres sites au cours des trois derniers jours.

 

 

Plusieurs sites stratégiques de la péninsule, bases militaires, aéroports ou bâtiments officiels sont bloqués ou entourés par des soldats russes. Dimanche, les militaires russes ont investi de petits avant-postes et exigé le désarmement des soldats ukrainiens de faction, le tout sans coup de feu, même si certains ont refusé.

 

La base militaire de Perevalne, qui abrite une unité des gardes-côtes ukrainiens, à 20 kilomètres de Simféropol, a été cernée par des centaines d'hommes armés de fusils automatiques. Selon le ministère ukrainien de la Défense, qui a estimé leur nombre à un millier, les assaillants voulaient contraindre les gardes-côtes à rendre leurs armes mais ceux-ci ont refusé.

 

S'ils ont laissé les soldats dans leurs casernes, les soldats Russes décident tout de même de tout, jusqu'à la permission d'aller acheter de la nourriture

 

A Perevalne, le reportage de Géraldine Hallot

 

►►► POUR EN SAVOIR PLUS | Le Zoom de la rédaction en Crimée

 

La tension montait dimanche en Crimée entre pro-russe et pro-Kiev. Dimanche soir une forte explosion a été entendue dans toute la ville de Simféropol sans qu'il soit possible de déterminer l'origine de cette explosion.

 

L'arrivée des soldats russes en Crimée n'est pas à proprement parler une invasion, selon Dimitri de Kochko,
président du Conseil de coordination du forum des Russes de France et Journaliste, notamment à "Russie d'aujourd'hui".


Dimitri de Kochko invité de Claire Servajean

 

"Nous sommes au bord de la catastrophe"

"Le Premier ministre Arseni Iatseniouk a, accusé dimanche Vladimir poutine d'avoir fait une "déclaration de guerre à l'Ukraine. "Si le président Poutine veut être le président qui a commencé une guerre entre deux pays voisins et amis, il est tout près d'atteindre son objectif. Nous sommes au bord de la catastrophe".

 

A Kiev, environ 50.000 personnes se sont rassemblées dimanche sur le Maïdan, la place de l'Indépendance. "Nous ne nous rendrons pas !", ont-ils scandé à l'adresse de la Russie. Certains portaient des pancartes proclamant : "Poutine, touche pas à l'Ukraine !"

 

La mobilisation des réservistes est lancée en Ukraine

Un haut responsable ukrainien a annoncé la mobilisation des réservistes afin d'assurer "la sécurité et l'intégrité du territoire et dès hier, une fois après l’annonce officielle par les autorités, les bureaux de recrutement ont reçu beaucoup de candidats à l’incorporation.


Exemple dans celui du centre-ville de Kiev, où s’est rendu Ruddy Guilmin.

 

 

 

Par France Inter avec agences | 03 Mars 2014 à 13:16