Dépêches > monde du samedi 12 Janvier à 20H00

Emission spéciale : la France en guerre

Réécoutez l'émission spéciale de la rédaction de France Inter

 

Le plan vigipirate est renforcé

Dans une déclaration à l'Elysée à l'issue d'un conseil de défense, le président a annoncé un renforcement en France du plan Vigipirate de protection des lieux publics et des infrastructures de transport. 

J'ai demandé au Premier ministre Jean-Marc Ayrault de renforcer le plan Vigipirate pour procéder à la surveillance de nos bâtiments publics et de nos infrastructures de transport. Il fera en sorte que ces instructions puissent être exécutées dans les meilleurs délais.


Selon son entourage, Vigipirate passe du niveau rouge à "rouge renforcé", mais pas à "écarlate", le niveau le plus haut. Ce plan compte quatre niveaux d'alerte. Le niveau rouge implique de "prendre des mesures nécessaires pour prévenir le risque avéré de plusieurs attentats graves". Quand il passe à "écarlate", il vise à "prévenir le risque d'attentats majeurs, simultanés ou non".

Vigipirate est au niveau rouge sans discontinuer depuis le 7 juillet 2005. Près de 1.200 militaires sont à ce titre déployés en permanence sur le territoire français pour sécuriser le territoire aux côtés de la gendarmerie, la police et la douane.

La situation au Mali

François Hollande a dit samedi sa "confiance" dans la réussite de l'opération engagée avec l'aide de la France contre les islamistes au Mali, qui a déjà permis selon lui de porter un "coup d'arrêt" à la progression de la rébellion islamiste. Le président a salué la mémoire du pilote d'hélicoptère
français tué vendredi et évoqué "de lourdes pertes" dans le camp adverse.  

Un coup d'arrêt a été porté aux islamistes au Mali et de lourdes pertes ont été infligées à nos adversaires. Notre mission n'est pas achevée.


François Hollande a précisé que les moyens déployés par la France devaient être limités au soutien de l'intervention africaine au Mali. Il a ajouté avoir "toute confiance" dans la réussite de l'intervention française.

La France a poursuivi samedi ses bombardements aériens contre les rebelles islamistes qui occupent le nord du Mali et a déployé des troupes à Bamako, la capitale. Les pays d'Afrique de l'Ouest entameront d'ici lundi leur déploiement militaire pour appuyer l'armée malienne contre les insurgés.

Quelques heures après l'officialisation vendredi par la France de son soutien militaire au Mali pour empêcher une percée vers le Sud des "éléments terroristes", les autorités maliennes ont annoncé avoir repris la localité stratégique de Konna, ville du centre du pays tombée jeudi aux mains des islamistes.


Après la prise de Konna, les islamistes menaçaient Sévaré, dernier verrou stratégique avant Mopti sur la route vers le Sud et la capitale, Bamako, à 500 km de là.
     
La France avait envoyé une unité à Mopti avant l'intervention aérienne de vendredi ainsi que "plusieurs centaines" de soldats à Bamako, a précisé samedi le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, lors d'une conférence de presse.

D'autres frappes aériennes françaises ont eu lieu "cette nuit et ce matin contre des concentrations d'islamistes au Mali", a déclaré le ministre en précisant que les unités de l'armée française avaient attaqué une colonne de rebelles se dirigeant vers Mopti. 

Il a annoncé la mort d'un pilote de l'armée de l'air française dont l'hélicoptère a été abattu près de cette ville.
   
Le chef d'état-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud, a précisé samedi à la presse que des avions militaires supplémentaires avaient été envoyés en Afrique et que les chasseurs Rafale étaient susceptibles de frapper à partir des bases aériennes en France. Il a souligné qu'à ce stade, la France n'avait pas l'intention d'envoyer des troupes au sol dans le nord du Mali. Les présidents du Niger, Mahamadou Issoufou, et de la Cédéao, l'Ivoirien Alassane Ouattara, lui ont confirmé qu'ils engageraient des soldats pour participer à l'opération. 

Les bombardements aériens français et les combats autour de la ville de Konna ont fait plus de 100 morts dans les rangs des rebelles et ceux des forces gouvernementales, ont indiqué samedi l'armée malienne et des témoins.

L'intervention en Somalie

Des doutes sont apparus samedi sur la mort de l'otage français Denis Allex, membre des services secrets, en Somalie à l'issue d'une opération qui s'est soldée par la mort d'au moins un soldat
français.

Le ministère de la Défense a d'abord annoncé samedi matin que ce membre de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) avait été tué par ses geôliers et que deux soldats français avaient trouvé la mort dans cette opération qui s'est déroulée dans la nuit de vendredi à samedi.

Mais le ministre de la Défense a ensuite introduit un élément de doute lors d'une conférence de presse consacrée aux interventions françaises en Somalie et au Mali qui sont, a-t-il
dit, "totalement déconnectées" l'une de l'autre. Selon jean-Yves Le Drian :

Des combats d'une grande violence se sont déroulés, d'une grande violence, au cours desquels, je parle maintenant avec précaution, tout donne à penser que malheureusement Denis Allex a été abattu par ses geôliers. Au cours de leur tentative de libération de leur camarade, un soldat a perdu la vie à la suite de blessures et un soldat est porté disparu.


Les miliciens islamistes d'Al Chabaab affirment quant à eux que Denis Allex, qu'ils détiennent depuis plus de trois ans, est vivant et qu'il sera fixé sur son sort dans les deux prochains jours. Les miliciens affirment également dans un communiqué détenir un soldat français blessé lors des combats et font état de "plusieurs soldats français tués".

Les otages en danger ?

L'intervention militaire de la France contre les islamistes au Mali aura des "conséquences" pour les otages français et les ressortissants français à travers le monde musulman, a déclaré samedi un porte-parole du groupe rebelle Ansar Dine. Selon Sanda Ould Boumama :

Il y a des conséquences, non seulement pour les otages français, mais aussi pour tous les ressortissants français où qu'ils se trouvent dans le monde musulman. Nous allons continuer à résister et à nous défendre. Nous sommes prêts à mourir au combat.

 

Ansar Dine, dont la base arrière est à Tombouctou, fait partie des groupes qui tiennent le nord du Mali depuis neuf mois, avec Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et le Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'ouest (Mujao). Aqmi et ses alliés détiennent huit otages français au Sahel. Selon Sanda Ould Boumama :

Les otages risquent la mort (...) François Hollande semble souhaiter la mort des otages. Il a choisi la solution de la guerre de sorte que les otages soient tués plutôt que de négocier.


Vendredi, le ministère français des Affaires étrangères a conseillé aux 6 000 Français vivant au Mali de quitter le pays.

 

 

 

 

 

 

 

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12 Janvier 2013 à 20:00