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La Palestine met un pied dans l'ONU

Mahmoud Abbas et Ban Ki-Moon, le 28 novembre 2012 © Maxppp - 2012

C'est le grand jour pour le président palestinien Mahmoud Abbas. Il présente aujourd'hui une résolution qui doit faire de la Palestine un État observateur aux Nations Unies. Le texte est quasi assuré d'être voté, malgré les réticences de plusieurs États.

 

Jusqu'au bout, les États-Unis ont tenté de convaincre Mahmoud Abbas d'abandonner son projet. Peine perdue : pour le président palestinien, ce serait "comme changer son propre nom". Car pour lui, le vote de ce texte sera une victoire diplomatique importante. Il accorde à la Palestine le statut "d'État observateur non membre" de l'ONU, mais dit aussi exprimer "l'espoir que le Conseil de sécurité considérera de manière favorable" sa candidature comme membre à part entière, une candidature déposée par Mahmoud Abbas en septembre 2011... Et qui jusqu'ici se heurte, notamment, au véto américain.


D'ailleurs les États-Unis ont confirmé qu'ils voteraient contre. "J'ai déjà dit de nombreuses fois que le chemin vers une solution à deux États qui satisferait les aspirations des Palestiniens passe par Jérusalem et Ramallah, non par New-York", explique Hillary Clinton, qui réclame plutôt "des négociations directes".


Un vote qui divise


Le texte a simplement besoin de la majorité simple à l'Assemblée générale des Nations Unies pour passer. Une simple formalité ou presque. Selon un membre du Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine, "plus des deux tiers" des 193 membres voteront pour. On le sait désormais, Mahmoud Abbas pourra compter sur le vote français, Laurent Fabius l'a confirmé cette semaine. 
En revanche, outre les États-Unis, le Canada et évidemment Israël, une partie de l'Europe est dubitative sur le texte. Londres et Berlin devraient en principe s'abstenir.

 

En cas de vote positif,la Palestine franchirait une étape hautement symbolique. Reportage à Jérusalem de notre correspondant Grégory Philipps.

 


Le statut d'État observateur permettra à la Palestine d'adhérer à de nombreuses organisations et traités internationaux... Et notamment de rejoindre la Cour pénale internationale et, par exemple, d'y porter plainte contre Israël.

 

Une perspective qui inquiète suffisamment l'État hébreu et les États-Unis pour les pousser à brandir la menace de sanctions financières en cas de vote positif. Le Congrès américaine pourrait ainsi bloquer 200 millions de dollars d'aides promises aux Palestiniens.

Par France Inter avec agences | 29 Novembre 2012 à 06:37