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Les associations d’aides aux réfugiés face au démantèlement programmé de la Jungle de Calais

La moitié du campement de réfugiés de Calais doit être démantelé avant la fin

de la semaine © MaxPPP - 2016

Alors que la préfecture ordonne le démantèlement d’une partie de ce bidonville géant, les bénévoles se désespèrent d’une décision qui leur semble prise à la hâte.


Depuis la fermeture du centre de Sangatte en 2002, ce qui n’était d’abord qu’un campement n’a cessé de grossir, pour prendre des allures de bidonville organisé où les bénévoles se sont installé à demeure, avec des restaurants, une école, des lieux de culte.

 

 

C'est le lien social qu'on détruit. C'est très violent, estime Maya, bénévole à l’Auberge des Migrants, l’un des nombreux restaurants afghans du campement. Pendant des mois, on a été dans un état de survie. La Jungle était en train de devenir un espace à part, et c'est maintenant qu'on le détruit.

 

Près de 4000 personnes vivent dans ce campement, mais la préfecture envisage de démanteler 50% de sa superficie totale, qui entrainerait l’évacuation de « 800 à 100 personnes », selon les chiffres avancés par la préfète Fabienne Buccio. Sur place, les bénévoles évoquent plutôt 2000 personnes.

 

Pour les associatifs, on ne fait que déplacer le problème

 

Les réfugiés visés par cette mesure ont le choix entre le Centre d'accueil provisoire (CAP) ouvert en janvier dans la partie nord du camp (capable d'accueillir 1.500 personnes dans des conteneurs aménagés) ou bien différents centres d'accueil, ailleurs en France, loin des côtes britanniques.

 Mohammed, propriétaire d’un restaurant monté provisoirement sur les lieux, et qui sera détruit, avoue ne pas savoir quoi faire "Je n'ai pas d'autre endroit où aller. Je veux rester ici".

 

Du côté des associatifs, on craint que ce démantèlement ne provoque de nouveaux incidents, et que les migrants ne partent s’installer plus loin,  vers Dunkerque ou la Belgique, ou plus au sud, du côté de Dieppe ou de Cherbourg.

 

 Bien entendu que le bidonville n'est pas une fin en soi. Mais ce n'est pas

en vidant le camp de Calais qu'on résoudra le problème des milliers de

personnes qui fuient leur pays pour gagner la Grande-Bretagne", soupire

Dominique Bernard, coordinatrice de projet pour Médecins sans frontières à

Calais.

 

La préfecture assure ne pas vouloir employer la force, ni raser l’église, ou cette école inaugurée la semaine dernière avec des enseignants bénévoles. Le demantèlement, lui, est prévu avant la fin de la semaine.

 

Par France Inter avec agences, | 16 Février 2016 à 17:56