Dépêches > monde du jeudi 21 Janvier à 17H08

Les deux accusés russes démentent avoir assassiné Litvinenko

La veuve d'Alexandre Litvinenko. © MaxPPP - 2016

Andreï Lougovoï et Dmitri Kovtoun, les deux Russes accusés d'avoir empoisonné en 2006 à Londres l'ex-agent du FSV (ex-KGB) Alexandre Litvinenko, ont dénoncé des accusations "absurdes" et des preuves "fabriquées" par les juges britanniques.

"Les accusations contre moi sont absurdes (...) Les résultats de l'enquête démontrent une nouvelle fois la position antirusse et l'étroitesse d'esprit de

Londres", a expliqué Andreï Lougovoï à l'agence de presse Interfax. Cet ancien du KGB aujourd'hui député d'un parti nationaliste,  estime que la Grande-Bretagne n'a "aucun désir d'établir la véritable raison de la mort de Litvinenko".

L'hystérie antirusse

"Les événements de 2014 en Ukraine, l'hystérie antirusse qui a suivi et la réouverture de l'enquête (...) me semblent être une tentative pathétique de Londres pour satisfaire ses ambitions politiques", a-t-il ajouté en dénonçant "le mythe de l'impartialité de la justice britannique".

"Le juge Robert Owen ne pouvait tirer d'autres conclusions que celles basées sur des preuves falsifiées et fabriquées de toutes pièces", a expliqué Dmitri Kovtoun, l’autre russe mis en cause dans cette affaire qui rejette lui aussi les accusations l’impliquant dans le meurtre de Litvinenko.

Empoisonné au polonium fin novembre 2006

Alexandre Litvinenko, 43 ans, a été empoisonné au polonium fin novembre 2006. Trois semaines auparavant, il avait eu un rendez-vous au Millennium Hotel, dans le centre de Londres, pour prendre le thé avec Andreï Lougovoï et Dmitri Kovtoun.

Je suis sûr que MM. Lougovoï et Kovtoun ont mis le polonium-210 dans la théière le 1er novembre 2006. Je suis sûr qu'ils l'ont fait dans l'intention d'empoisonner M. Litvinenko", a assuré le juge Robert Owen.

 

"Probablement approuvée par le président Poutine"

D’après ce juge anglais, "l'opération du FSB (nouveau nom du KGB) a probablement été approuvée par M. Patrouchev (Nikolaï Patrouchev, chef du FSB en 2006) et aussi par le président Poutine". "Les preuves que je présente établissent clairement la responsabilité de l'Etat russe dans la mort de M. Litvinenko", a poursuivi Robert Owen. De son côté, le Kremlin a toujours démenti toute implication. Le Comité d'enquête russe a pour sa part critiqué le fait que l'enquête n'a pas été menée de manière publique mais à huis clos sur ordre du gouvernement britannique.

 

Par France Inter avec Reuters, | 21 Janvier 2016 à 17:08