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Phallaina, la bd poétique qui défile sous vos doigts

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Présentée au Festival d'Angoulême, Phallaina est une nouvelle application de BD numérique gratuite pour tablettes et smartphones qui propose une belle histoire graphique en noir et blanc, dans une lecture agréable et naturelle en scroll horizontal.

 

L'histoire ? C'est celle d’Audrey qui découvre beaucoup sur elle-même à travers des examens qu’elle va devoir faire en tant que cobaye. Phallaina raconte sa transformation personnelle : c’est un mélange de neurosciences et de mythologie, les deux passions de Marietta Ren.

Cette artiste de 31 ans, venue de l'animation (Ernest et Célestine, Avril et le monde truqué...) pensait dessiner sur papier un récit horizontal, comme sur des rouleaux chinois. Avant de découvrir les nouveaux moyens de lecture numérique... Cinq années plus tard, elle livre Phallaina et démontre une grande maitrise des changements de plans et de perspectives, alors que l’image défile sans cesse. L'esthétique délicate des images en noir et blanc au service d'un mode de lecture totalement inédit rend l'expérience plus qu'agréable.

Phallaina © Nouvelles écritures France Télévision/Studio Smallbang - 2016 / Marietta Ren

 

Marietta Ren :

Pour moi, Phallaina est un long travelling, une sorte de BD sans case avec des enchaînements très naturels sans coupure d'image d'un plan à un autre. L'idée est de pouvoir scroller sur un écran, de conserver son rythme de lecture, d'avoir une perception très naturelle, et très immersive. Je viens du dessin animé. Je voulais raconter une histoire un peu longue sur papier qui devait faire neuf mètres, mais je me suis un peu emballée. Et à la fin, l'histoire est beaucoup plus longue, l'équivalent quasiment d'un long métrage.

Ne pas avoir de case, entraîne une gymnastique intellectuelle complexe : chaque élément graphique devient une transition pour l'élément suivant. Il faut construire la continuité de l'image sur la longueur. [...]

Je suis habituée à dessiner en couleurs, mais sur une telle longueur, le noir et blanc m'est apparu comme une évidence. J'ai pensé au travail d'Aubrey Beardsley, un illustrateur anglais du XIXe siècle qui travaillait beaucoup les aplats de noir et de blanc. J'ai décidé de faire une histoire en scroll horizontal, parce que c'est le plus proche d'une perception humaine. Dans la vie, on regarde rarement de bas en haut, sauf si on veut détailler une personne de la tête aux pieds. Globalement, on fait plus souvent du gauche-droite, à la manière d'un panoramique.

Pierre Cattan, du studio SmallBang :

On a réfléchi à l’usage, à la façon dont les gens utilisent leurs tablettes ou smartphones. C’est comme si on réinventait la salle de cinéma, l’écran et le fauteuil en même temps. On a inventé une solution, on a créé un contenu, et ça participe à un très grand mouvement dans la révolution digitale.

Fresque de Phallaina © AD/France Inter - 2016

Pour le festival d'Angoulême où l'application a été montrée pour la première fois, il y avait une ramification narrative, à travers 115 mètres de long, pour déambuler, à coté d'une fresque, avec à l'écoute une voix qui raconte la mythologie évoquée dans Phallaina.

Cette installation tournera dans d’autres festivals car pour Small Bang, c’est important de relier le numérique au monde physique.

 

Phallaina, une BD défilée, est une nouvelle création du studio Small Bang en co-production avec France Télévision Nouvelles Ecritures.

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04 Février 2016 à 06:00