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Case départ pour les salles de shoot

Manifestation contre l'installation d'une salle de shoot  © MaxPPP/LE PARISIEN/Elodie Soulie

C'est une information France Inter. Le Conseil d'Etat a rendu un avis négatif mardi sur l'installation des salles de shoot, alors que l'ouverture d'une de ces salles est prévue pour le mois de novembre dans le quartier de la gare du Nord, à Paris.  Les associations sont déçues, les opposants ravis.

 

 

 

 

 

 

Qu'en pensent les habitants du quartier? Le reportage de Julie Pietri

 

 

Pour le Conseil d'Etat, l'installation de cette salle de consommation de drogues à moindre risque ne serait pas conforme juridiquement à la loi de 1970 sur les stupéfiants. Une loi basée sur un principe de prohibition, en interdisant tout usage de stupéfiant.

Jean-Pierre Couteron, président de la Fédération "Addiction", se dit déçu par cette décision.

 

Il existe pourtant depuis 2005 un décret qui autorise des centres, les CARRUD, à accueillir les toxicomanes dans un programme de réduction des risques, mais pas dans le cadre d'une consommation qui reste interdite. Ce décret devait être modifié pour faire apparaitre les termes "salle de consommation". Mais la loi de 1970, interdisant tout usage de stupéfiants serait alors contournée, et il y aurait là un problème juridique

Quelle suite après cet avis négatif ?

 

Pour Anne Hidalgo, candidate PS à la mairie de la capitale, "ce que dit le Conseil d'Etat c'est qu'il faut une loi pour pouvoir ouvrir ce type de lieu". "Nous allons retravailler avec le ministère de la Santé" a-t-elle expliqué. L'ouverture de cette salle est un choix politique, mais faire voter une loi va de prendre du temps

Anne Hidalgo avec Jean Leymarie

 

 

C'est par un communiqué que Jean-Marie Le Guen, député PS et adjoint du maire de Paris chargé de la Santé, a pris "acte de l'avis défavorable" rendu par le Conseil d'Etat en regrettant que le gouvernement n'ait pas garanti juridiquement ce projet.

Jean Marie le Guen était l'invité de Claire Servajean sur France Inter.

 

Le député, qui préside également le conseil de surveillance de l'AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de paris) et qui est en pointe dans le combat pour l'ouverture d'une "salle de shoot" dans la capitale, est prêt à défendre à l'Assemblée les adaptations législatives nécessaires au projet.

 

Alors que le terrain était trouvé, près de la gare du Nord à Paris, les personnels sur le point d'être engagés pour être formés, la salle ne pourra pas ouvrir fin novembre, comme c'était initialement prévu.  "La Ville de Paris continuera néanmoins son action préparatoire à la mise en place de l'expérimentation", a expliqué Jean-Marie Le Guen.

 

Les associations d'aide aux toxicomanes sont inquiètes de ce report d’une ouverture qui avait suscité déjà bien des débats. Elles envisageaient d'accueillir 200 usagers par jour, sept jours sur sept.

 

Le projet, adopté en juillet par délibération du Conseil de Paris, s'était heurté à une très vive opposition de la droite et d'associations. L'une d'elles, "Parents contre la drogue", avait déposé un recours devant le Conseil d'Etat. Une partie des riverains étaient totalement contre ce projet.

C'est le cas de Virginie de Lannoy, une mère de famille, au micro de Julie Pietri.

 

La première réaction à droite est celle de l'ancienne ministre Valérie Pécresse et député des Yvelines sur Twitter.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour Déborah Pawlik, responsable UMP dans le 10e arrondissement et membre de l'équipe de Nathalie Kosciusko-Morizet, "en soulignant l’illégalité, le Conseil d’Etat rappelle que la majorité ne pourra pas passer en force au mépris de la loi".

Par Danielle Messager, | 10 Octobre 2013 à 19:22