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Edward Hopper

Edward Hopper
publié le 09/10/2012

Difficile de classer Edward Hopper.

 

Ses peintures ont donné lieu aux interprétations les plus contradictoires. Romantique, réaliste, symboliste, et même formaliste... L'artiste a été enrôlé sous toutes les bannières.


C’est cette complexité que s’efforce d’éclairer l’exposition du Grand Palais. L'exposition Edward Hopper est à visiter du 10 octobre au 28 janvier. 

 


Au coeur de l'expo

Conçue de manière chronologique, l'exposition au Grand Palais s’organise en deux grandes parties.

 

La première est consacrée aux années de formation (de 1900 à 1924). Elle présente les œuvres de Hopper et les compare avec celles de ses contemporains (Albert Marquet, Félix Valloton, Walter Sickert...).

 

La seconde partie est vouée à l’art de la maturité : des premières peintures emblématiques de son style personnel : House by the Railroad (1925), à ses oeuvres ultimes dont le fameux Two Comedians (1966).

 

 

Didier Ottinger est commissaire de l'exposition. Dominique Blanc est comédienne et réalisatrice du court métrage "Hope" inspiré de l'oeuvre d'Edward Hopper et diffusé sur ARTE le 14 octobre.

Ils sont reçus par Pascale Clark dans Comme on nous parle le 9 octobre.

 

 

Dominique Blanc, qui n'avait jamais vu un tableau de Hopper "en vrai" a visité l'exposition avec Frédéric Pommier

 

Hopper intègre l’atelier de Robert Henri à la New York School of Art dans les premières années du XXe siècle. Figure haute en couleur, Henri sera, en 1908, le fondateur d’une « école de la poubelle » (Ashcan School), dont l’intitulé indique le parti pris de réalisme sans concession.

 

L’évocation des séjours parisiens de Hopper (en 1906, d’abord, où il passe près d’une année, puis, pour des périodes plus courtes en 1909 et en 1910) donne lieu au rapprochement de ses peintures avec celles qu’il découvre dans les galeries. Degas lui inspire des angles de vue originaux, le principe poétique d’une « théâtralisation » du monde. A Albert Marquet, il emprunte la structure massive de ses vues des quais de Seine. Avec Félix Vallotton, il partage le goût d’une lumière inspirée de Vermeer. Enfin, il retient de Walter Sickert, l’iconographie des lieux de spectacle, la peinture d’une chair damnée. A Paris, Hopper adopte le style de l’Impressionnisme, une technique qui lui semble avoir été inventée pour exprimer l’harmonie et le plaisir sensuel.

 

Morning Sun Edward Hopper Columbus Museum of Art, Ohio: Howald Fund Purchase 1954.031 © Columbus Museum of Art, Ohio - 2012

 

De retour aux Etats-Unis, Hopper adopte le réalisme ingrat de Bellows ou de Sloan, celui de la fameuse Ashcan School. Pour gagner sa vie, il pratique l’illustration commerciale que présente aussi l’exposition parisienne. C’est par la pratique de la gravure (à partir de 1915), que s’opère la métamorphose à l’issue de laquelle se « cristallise » (la formule est celle de l’artiste) la peinture de Hopper.

 

L’année 1924 marque un tournant. L’exposition, au musée de Brooklyn, de ses aquarelles des résidences néo-victoriennes de Gloucester, puis leur présentation à la galerie de Franck Rehn, lui apportent la reconnaissance, et un succès commercial qui lui permettent de se consacrer à son seul art. Les aquarelles de Hopper ouvrent le second grand chapitre de l’exposition, qui présente les tableaux emblématiques du style, de l’iconographie du peintre américain.

 

Comment interpréter "Nighthawks"  par Didier Ottinger :

 

 

Nighthawks© The Art Institute of Chicago, friends of American Art Collection/ Radio France - Anne Douhaire - 2012

 

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Photographie d'Anne Douhaire

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Gilles Marsault

Gilles Marsault

Chargé d'édition multimédia