dossier
 

Jünger-Genevoix : ensemble dans la guerre

Jünger-Genevoix : ensemble dans la guerre
publié le 14/02/2014

La passion des soldats est une création produite et réalisée par Decommedia d’après les récits croisés de Ernst Jünger et de Maurice Genevoix.

Mis en scène par Xavier Gras, ce spectable met face à face deux hommes, deux textes, deux visions de la guerre, celle d'Ernst Jünger, côté allemand, et celle de Maurice Genevoix, côté français. Deux sous-officiers, jeunes hommes qui deviendront écrivains.

 

Jünger est l'auteur d' Orages d'acier, et Maurice Genevoix de Ceux de 14.

Ces deux textes se retrouvent sur scène, face à face, et à égalité, dans le dispositif  conçu par Xavier Bras, avec des comédiens et comédiennes français et allemands.

Passion des soldats© Christian André Strand - Decomedia - 2014

 

Xavier Gras fait le choix audacieux de gommer les différences entre les deux. Jünger l'aventurier, amoureux de la guerre, patriote, avec une aura sulfureuse en Allemagne, et Maurice Genevoix, beaucoup plus humaniste, et dont l'oeuvre porte moins à polémique en France. Après Ceux de 14, Maurice Genevoix a connu une carrière d'académicien, et d'écrivain aimé des français.

 

Aujourd'hui, ses descendants aspirent à lui donner une autre forme de notoriété, comme témoin incontournable de la Grande Guerre, et porteur d'une vision que n'aurait pas dénié l'intellectuel pacifiste Romain Rolland. Maurice Genevoix a estimé que l'influence de Romain Rolland s'est révélée marginale pour lui et ses hommes sur le terrain, par rapport à une réalité effroyable, et que c'est seulement dans un second temps, qu'il a pu rejoindre la pensée de Rolland.

 

La guerre au premier degré

Dans La passion des soldats c'est le quotidien sur le front qui réapparaît, dans le creux des tranchées, dans les villages près du front. C'est la réalité humaine,  de l'inquiétude à l'effroi, depuis le départ lors de la mobilisation jusqu'au moment où Maurice Genevoix sera blessé en 1915, aux Eparges. Le Français est réformé  alors que Jünger  moins touché reviendra au front jusqu’en 1918.

Xavier Gras, le metteur en scène : il fallait rendre la guerre au plus juste. La présence de deux comédiennes pour figurer les soldats n'est pas anodine ; c'était un moyen de s'inscrire dans le cours de l'histoire, après la guerre.

 

 

Cliquez sur l'image pour entendre un extrait

 

 

 

Bernard Maris :   L'Homme dans la guerre,  Grasset, 180 p., 16 euros.

 

Photo bandeau : La bataille de la Somme © 91040 - dpa - Corbis

Autres photos : Christian André Strand

un dossier de

Christine Siméone © Abramowich

Christine Siméone

Journaliste (culture)