Sylvie Chapelle reçoit Jean-Yves Tadié, Didier Sandre, Sandra Moubarak et Anthony Leroy pour évoquer les rapports de Marcel Proust à la musique et sa présence dans "A la recherche du temps perdu".
Proust et la musique © Mady Martin pour "C'est du classique mais c'est pas grave" - 2012 / Mady Martin
Programmation musicale
C. Franck : Sonate pour violon & piano en LA Majeur « Allegretto ben moderato »
(Jennifer Pike violon, Martin Roscoe –Chandos)
Debussy : La Mer –Jeux de vagues
(Orchestre Philharmonique du Luxembourg, Dir. Emmanuel Krivine –TIMPANI)
F. Chopin : Mazurka op 67 n° 2
(A. Rubinstein –RCA)
R. Hahn : Si mes vers avaient des ailes
(Magali Léger, Sandra Moubarak, Marcel Proust le musicien, livre-disque Decca)
J. Offenbach : Les Contes d’Hoffmann –Barcarolle
(Karine Deshayes, Patricia Petibon, l’Orchestre de l’Opéra National de Lyon, Dir. Yves Abel –Deca 2003)
Mozart : Cosi fan tutte –Acte I N°10 Terzettino « Soave sia il vento »
(Charlotte Margiono, Delores Ziegler, Thomas Hampson, Orchestre Royal du Concertgebouw d’Amsterdam, Dir. Nikolaus Harnoncourt -Teldec)
Lectures et archives sonores
-Guillaume Gallienne : A la recherche du temps perdu de Marcel Proust, extrait de « Ca peut pas faire de mal », sur France Inter)
-Didier Sandre Proust : A la recherche du temps perdu de Marcel Proust, Du côté de chez Swann, « L’année précédente » (Marcel Proust le musicien, livre-disque Decca)
-Cocteau parle de Marcel Proust (Frémeaux & Associés)
-Romane Bohringer : A la recherche du temps perdu de Marcel Proust, Du côté de chez Swann, « Le pianiste jouait » (Marcel Proust le musicien, livre-disque Decca)
Maintenant, c'est vous qui jouez
Pour jouer avec nous et gagner des enregistrements des éditions Radio France ou Harmonia Mundi et des places pour les concerts des orchestres de Radio France, envoyez nous vos réponses en nous écrivant rubrique "Contactez-nous" ou en téléphonant au 01 56 40 16 40!
A gagner cette semaine des places pour le concert "Lulu" jeudi 26 janvier à 20h au Théâtre des Champs-Élysées
Franz Schubert: Symphonie n° 8 « Inachevée »
Franz Schubert/ Carl Reinecke: Der Hirt auf dem Felsen (Le Pâtre sur le rocher)
Alban Berg: Lulu-Suite
Orchestre National de France, Daniele Gatti direction, Chen Reiss soprano, Patrick Messina clarinette
La réponse au jeu de la semaine dernière était: Mozart
"C'est du classique mais c'est pas grave" est rediffusé dans la nuit du samedi au dimanche à 3h.
Cette émission n'est pas disponible en podcast, mais à la (ré)écoute!
A découvrir
Marcel Proust le musicien (Livre disque, Decca)
Ce double album alterne les œuvres de
compositeurs ayant inspiré Marcel Proust dans la création du personnage de
Vinteuil (Fauré, Debussy, Franck, Reynaldo Hahn et Saint-Saëns) et des extraits
de « À la Recherche du Temps Perdu » lus par de prestigieux récitants : Romane
Bohringer, Michael Lonsdale et Didier Sandre.
Porté par de talentueux musiciens de la jeune génération (Sandra Moubarak,
piano ; Anthony Leroy, violoncelle ; Magali Léger, soprano et Tedi Papavrami,
violon), ce projet nous fait voyager à travers un pan peu exploré de l'univers
de Marcel Proust.
Marcel Proust le musicien (Decca) © Radio France - 2012














voilà ce que j'ai trouvé sur internet en tapant "la mer Marcel Proust"
j'ai également beaucoup apprécié
cdt
Marcel Proust - La Mer
La mer fascinera toujours ceux chez qui le dégoût de la vie et l'attrait du mystère ont devancé les premiers chagrins, comme un pressentiment de l'insuffisance de la réalité à les satisfaire.
Ceux-là qui ont besoin de repos avant d'avoir éprouvé encore aucune fatigue, la mer les consolera, les exaltera vaguement. Elle ne porte pas comme la terre les traces des travaux des hommes et de la vie humaine.
Rien n'y demeure, rien n'y passe qu'en fuyant, et des barques qui la traversent, combien le sillage est vite évanoui !
De là cette grande pureté de la mer que n'ont pas les choses terrestres.
Et cette eau vierge est bien plus délicate que la terre endurcie qu'il faut une pioche pour entamer. Le pas d'un enfant sur l'eau y creuse un sillon profond avec un bruit clair, et les nuances unies de l'eau en sont un moment brisées; puis tout vestige s'efface, et la mer est redevenue calme comme aux premiers jours du monde.
Celui qui est las des chemins de la terre ou qui devine, avant de les avoir tentés, combien ils sont âpres et vulgaires, sera séduit par les pâles routes de la mer, plus dangereuses et plus douces, incertaines et désertes.
Tout y est plus mystérieux, jusqu'à ces grandes ombres qui flottent parfois paisiblement sur les champs nus de la mer, sans maisons et sans ombrages, et qu'y étendent les nuages, ces hameaux célestes, ces vagues ramures.
La mer a le charme des choses qui ne se taisent pas la nuit, qui sont pour notre vie inquiète une permission de dormir, une promesse que tout ne va pas s'anéantir, comme la veilleuse des petits enfants qui se sentent moins seuls quand elle brille.
Elle n'est pas séparée du ciel comme la terre, est toujours en harmonie avec ses couleurs, s'émeut de ses nuances les plus délicates.
Elle rayonne sous le soleil et chaque soir semble mourir avec lui.
Et quand il a disparu, elle continue à le regretter, à conserver un peu de son lumineux souvenir, en face de la terre uniformément sombre.
C'est le moment de ses reflets mélancoliques et si doux qu'on sent son coeur se fondre en les regardant.
Quand la nuit est presque venue et que le ciel est sombre sur la terre noircie, elle luit encore faiblement, on ne sait par quel mystère, par quelle brillante relique du jour enfouie sous les flots.
Elle rafraîchit notre imagination parce qu'elle ne fait pas penser à la vie des hommes, mais elle réjouit notre âme, parce qu'elle est, comme elle, aspiration infinie et impuissante, élan sans cesse brisé de chutes, plainte éternelle et douce.
Elle nous enchante ainsi comme la musique, qui ne porte pas comme le langage la trace des choses, qui ne nous dit rien des hommes, mais qui imite les mouvements de notre âme.
Notre coeur en s'élançant avec leurs vagues, en retombant avec elles, oublie ainsi ses propres défaillances, et se console dans une harmonie intime entre sa tristesse et celle de la mer, qui confond sa destinée et celle des choses.
J'ignorais le rapport profond et intense de Proust avec la musique, notamment avec l'Ecole française de la fin du XIX° et du début du XX° siècle: Saint Saëns, Franck, Debussy, Fauré, y compris Reynaldo Hahn, même si, en réalité, celui-ci a pu compter plutôt pour une autre raison, plus intime! Combien d'écrivains célèbres ont-t'ils établi un tel lien, lequel paraît cependant évident: le rythme et la musique des mots d'une part, l'expression et la phrase de l'autre... Merci Sylvie, et grande attente pour la facture d'instruments, samedi prochain.
réponse au jeu "cest à vous de jouer ": la madeleine
Bonjour, la réponse à votre question c'est: une madeleine
Bonjour, merci bcp pour cette belle émission, je voudrais savoir dans quelle oeuvre de Marcel on peut trouver le texte lu sur la mer juste avant "La Mer" de Debussy...
Merci.
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