Notre résistante à l’uniformisation du jour, Rozenn Millin, milite contre la disparition de certaines langues. Sa Fondation s’appelle Sorosoro, ce qui en Vanuatu signifie le souffle, la parole.
La Fondation Soroso a pour but de collectionner, de recueillir et de conserver précieusement toute trace de langues en danger. Et c’est un vrai carnage. Si Rozenn Millin est si sensible au sort des langues minoritaires, ce n’est pas par hasard. Elle est née en Bretagne, sur ces terres connues pour avoir souffert de l’imposition du Français. Une imposition que notre invitée perçoit comme une forme d’assimilation. Elle a étudié le Breton et la culture Celte. Elle a dirigé TV Breizh, la chaine 100% Bretonne dont rêvait Patrick Lelay. Preuve, peut-être, que la République parle le Français mais laisse tout à fait la place à l’expression d’un attachement culturel régional. C’est en tout cas dans cette langue commune que nous allons en débattre. Chez notre invitée. Dans un salon entourée de couleurs vives et d’une joyeuse d’une diversité. Comme celle que Rozenne Millin veut préserver.





































On retrouve dans les propos de Rozenn Milin la sincérité à la source de son engagement au sein de Sorosoro, le programme qu'elle a mis en place pour honorer et documenter autant que possible les langues menacées de disparition. J'ai été émue par l'anecdote dans laquelle elle raconte comment, en fin de vie, son grand-père s'est découvert deux interlocuteurs de confiance, son frère et elle-même, appartenant pourtant à la génération censée avoir été déshéritée de la langue bretonne.
Chère Rozenn, votre argumentation a été poignante et pertinente, j'aurais aimé qu'elle soit entendue à plus grande échelle, à la télévision, au cours d'émissions populaires .. La majorité a besoin d'entendre parler de ces problématiques, de cette façon.. Des alliances pourraient même être créées entre les différentes régions de France, soucieuses de conserver un patrimoine linguistique et culturel, si ce n'est déjà le cas.
Le charme et la force de Sorosoro repose également sur sa capacité à avoir réussi à entamer une belle et riche documentation sur des langues originaires d'horizons parfois très peu connus, comme c'est le cas du Mpongwè, langue parlée par les autochtones de la région de Libreville au Gabon.
Bonne continuation, ne lâchez rien!
Sachons que "Baragouiner" viens du breton.
Apprendre une langue c'est apprendre à aller vers l'autre pour l'écouter et communiquer avec ses outils.
Tant pis pour la mondialisation car son premier langage est peut-être celui de la colonisations des peuples et son second celui du commerce ; vrais dogmes dont nous dépendons presque tous aujourd'hui.
Est-ce que "baragouiner" plusieurs langues n'est pas préférable à ne pas les parler du tout? L'idée qu'il faille maîtriser chaque langue à la perfection est un "dogme" qu'aucune science ne défend: le plurilinguisme est "une compétence communicative à laquelle contribuent toute connaissance et toute expérience des langues et dans laquelle les langues sont en corrélation et interagissent" (voir le Cadre Européen Commun des Langues). Quelques mots d'une autre langue Et une attitude bienveillante sont le début de toute communication.
Merci à Mme Milin pour son engagement auprès de toutes les langues menacées, et le travail qu’elle accomplit avec les linguistes, les anthropologues, les éducateurs etc. C’est la seule façon de préserver la mémoire des peuples.
Je suis moi-même péruvienne, bilingue quechua-espagnol, et j’enseigne ces deux langues. Le quechua est la langue autochtone la plus parlée en Amérique du Sud: on la parle au Pérou, en Bolivie, en Equateur, en Colombie, au nord de l’Argentine et au nord du Chili, et nous sommes à peu près 10 millions de locuteurs. Viennent ensuite l’aymara et les autres langues amazoniennes.
Je suis tout à fait d’accord que l’une des façons de protéger la diversité linguistique est la mise en place de programes d’éducation bilingue et interculturels. Et nous avons la chance que le Pérou, la Bolivie et l’Equateur aient des politiques officielles de développement de l’enseignement de nos langues.
Pour préserver nos langues d’origine, il faut aussi convaincre les locuteurs de la nécessité de continuer à les parler, de les écrire et de les utiliser partout au quotidien, parallèlement à la langue officielle ou de l’administration. Certains estimeront peut-être que c’est inutile, mais en fait c’est important car il s’agit là de préserver des pans de savoir humain.
Tout à fait d’accord également pour dire que nous devons clairement compter sur le bilinguisme et le plurilinguisme pour tout à la fois conserver notre identité et communiquer avec le reste du monde. Les deux aspects sont importants: l’enracinement et l’universel.
Ce discours du plurilinguisme facile, heureux et mondial à cinq langues est un dogme que certains persistent à défendre contre toute évidence scientifique : apprendre plusieurs langues à un bon niveau est un immense travail. Plus souvent, on baragouine plusieurs langues. Pourquoi ne pas se poser la question de l'incommunicabilité au sein de l'espèce humaine, incapable de discuter malgré la mondialisation, hormis un minuscule pourcentage de la population ?