Célèbre texte de Perec, « Penser/Classer » -ici délicieusement esquissé par Michel Robin- est de nature à désangoisser tous les détenteurs de bibliothèque envahissante et désordonnée qui remettent perpétuellement à demain le nécessaire rangement de celle-ci. Car, pour ceux ne concevant pas de vivre dans des pièces dépourvues de livres, il devient vite compliqué de cohabiter avec ces objets qui se reproduisent sournoisement encore plus vite que la population du globe, menaçant carrément notre espace vital. Qui d’entre nous n’a pas rêvé une nuit qu’il mourait étouffé sous une montagne de livres écroulés sur sa couche ?


Enis Batur, écrivain, poète, éditeur et stambouliote, a été séparé de sa bibliothèque en 1986. Il a survécu, en a reconstitué une autre, qu’il dit dorénavant tenir à distance prudente. Faut-il le croire ? Cela nous a du moins valu un délicieux petit livre, « d’une bibliothèque à l’autre », préfacé par un autre fou de livres, Alberto Manguel, paru en 2008 chez Bleu Autour. C’est chez le même éditeur qu’il vient de publier « Le facteur d’Usküdar » traduit par Jean Descat, suite de courts textes cruels et tendres, ironiques ou étranges, regroupés sous l’appellation « romans » au pluriel. Sort également chez Actes sud, dans une traduction de Ferda Firdan, « Encyclopédie privée », incursion littéraire dans son univers intime.
Le reportage de Vinciane Haudebourg :
La programmation musicale :
- Leonard Cohen, Darkness
- Agnès Obel, Just so
- Bernard Lavilliers, Sourire en coin














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