Lilian Thuram, star du foot venu de Guadeloupe, Elikia M’Bokolo, né au Congo, agrégé d’histoire, enseignant dans les écoles de l’élite française, Rokhaya Diallo, militante associative et chroniqueuse télé, parisienne à qui l’on ne cesse de demander « d’où elle vient », trois constats issus d’une commune expérience : la France, championne internationale des discours antiracistes, s’arrange, dans les faits, d’une vie sociale et politique encore fortement imprégnée de racisme. Enseigner l’histoire, notamment celle du colonialisme et des migrations, et celle des grandes figures issues du monde noir, serait un bon moyen de remettre en place bien des idées fausses, de part et d’autre.
Noirs de France © Phares et Balises - 2012
Depuis longtemps Pascal Blanchard, et ses amis historiens de l’ACHAC, l’association pour la connaissance de l’histoire de l’Afrique contemporaine, travaillent justement à éclairer toutes ces zones que notre mémoire collective ignore plus ou moins délibérément. Il a dirigé récemment la publication d’un livre collectif, « La France Noire » aux éditions de la Découverte, et a cosigné avec Juan Gélas une série documentaire que France5 vient de diffuser : trois films consacrés aux Noirs de France, de 1889 à nos jours. Edité par Phares et Balises, le DVD est dorénavant disponible.
Le reportage de Judith Soussan :
Rencontre avec Eric Fassin
Fassin © Radio France - 2012
Derrière la longue histoire des « Noirs de France » et du traitement qui leur a été réservé d’une époque à l’autre, une notion semble planer, jamais nommée parce que vénéneuse : la race. La race ça n’existe pas, nous le savons bien – et pourtant… la notion ne continue-t-elle pas à imprégner les esprits, à exister au sein d’une certaine pensée majoritaire, à tracer des frontières au sein de la société ? C’est à Eric Fassin que j’ai posé la question. Eric Fassin est sociologue, professeur agrégé à l’Ecole normale supérieure, et qui a co-dirigé en 2006 avec Didier Fassin l’ouvrage collectif De la question sociale à la question raciale ? (La Découverte)
Démocratie précaire, d’Eric Fassin, paraîtra le 22 mars prochain aux éditions La Découverte.
1945, à la Libération © DR
La programmation musicale :
- Fatoumata Diawara, Bissa
- Léo Ferré, Est-ce ainsi que les hommes vivent














Le débat sur le racisme est souvent très vite noyé dans un ensemble de discriminations auxquelles il est assimilé. Ce qui revient à ne pas vraiment en débattre, autrement dit, de ne pas remonter à son fondement idéologique en occident. Il est devenu un fourre-tout pour toutes sortes de situations qui n'ont rien à voir avec ce qui a présidé à la naissance du racisme. Ainsi, on parlera indistinctement des noirs, des handicapés, des femmes, des homosexuels, etc ? De quel racisme parle-t-on lorsque la victime est noire, femme, handicapée et homosexuelle ? Je pense qu'on ne peut traiter sérieusement aucun problème en l'esquivant ?
Merci pour vos émissions , celle-ci m'a beaucoup émue . Je me suis replongée dans Frantz Fanon . Pourquoi pensée et comportement régressent-ils ? Ne pouvons-nous vivre tout simplement entre humains avec des idées , des plaisirs à partager .
Très chère Kathleen, très chère équipe de l'Humeur Vagabonde, un immense merci pour votre fantastique émission d'hier soir! Les propos de Pascal Blanchard et de Juan Gélas complètent, enrichissent et expliquent de nombreux passages de leur très intéressant documentaire "Noirs de France". J'ai appris plein de choses. C'était passionnant, percutant, émouvant et très vitalisant. Et que dire de l'excellente interview de Eric Fassin, qui analyse magistralement les récents propos de Claude Guéant sur la soi-disant "supériorité" de certaines cultures et civilisations sur d'autres, et la réaction de Serge Letchimy à l'Assemblée Nationale. C'est bien la première fois que j'opine autant du chef en écoutant une personne parler à la radio! Mille merci à vous pour contribuer à notre réflexion, notre ouverture aux autres... et pour nous faire nous sentir moins seuls! Longue vie à l'Humeur Vagabonde!
Merci Mme Evin pour vos émissions qui m'instruisent, me transportent, m'émeuvent, me font grandir, moi la petite-fille d'immigrés qui n'a jamais subi la moindre discrimination, protégée par mon patronyme et mon physique bien français et qui a été bouleversée par le triptyque Les Noirs de France diffusé sur France 5. Que j'aimerais que mon pays progresse et qu'il aime LA DIFFÉRENCE, L'AUTRE, le français issu de l'immigration, le français qui se nomme Mohamed, le français aux yeux bleus dont le grand-père est polonais, le français dont les parents sont auvergnats, le français en devenir, le français depuis x générations, la France d'aujourd'hui en somme.
Bien à vous ma radio tant aimée, mon service public chéri.
Bonsoir,
Il n'y a de vertu que par l'exemple. Même si la situation est moins flagrante depuis quelques années quel exemple de diversité donne France Inter ? La page dédiée aux producteurs reste une page quasi blanche.
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