Hubert Haddad pour son livre "Opium Poppy" publié aux Editions Zulma
hubert haddad © Radio France - 2011
Encore et encore, on lui demande comment il s’appelle. La première fois, des
gens lui avaient psalmodié tous les prénoms commençant par la lettre A. Sans
motif, ils s’étaient arrêtés sur Alam. Pour leur faire plaisir, il avait répété
après eux les deux syllabes. C’était au tout début, à Paris. On venait de
l’attraper sur un quai de gare, à la descente d’un train…
Au fil de
cette traque à l’enfant, se dessine l’histoire d’Alam. Celle d’un petit paysan
afghan, pris entre la guerre et le trafic d’opium, entre son désir d’apprendre
et les intimidations de toute sorte, entre son admiration pour un frère tête
brûlée et l’amour éperdu qu’il porte à une trop belle voisine… Ce
magnifique roman à la précipitation dramatique haletante éclaire la folle
tragédie des enfants de la guerre. « Qui aura le courage d’adopter le petit
taliban ? » semble nous demander avec une causticité tendre l’auteur d’Opium
Poppy.
On est infiniment dépaysé et à la fois bouleversé par ce roman de
toutes les épreuves, dans la belle filiation de Palestine (Prix
Renaudot Poche 2009, Prix des cinq continents de la Francophonie 2008) vendu à
plus de 60 000 exemplaires.
Macha Séry pour son livre "Albert Camus à 20 ans" aux Editions Au Diable Vauvert
camus © Radio France - 2011
Refaire le monde
« Chaque génération, sans doute, se croit vouée à
refaire le monde. La mienne sait pourtant qu'elle ne le refera pas.
Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le
monde se défasse », rappellera Camus lors de son discours du prix Nobel
en 1957. Et en effet, lorsque Hitler a accédé au pouvoir, il avait 20
ans. Puis ce fut la guerre civile en Espagne, puis la guerre mondiale.
Lire Albert Camus à 20 ans, c’est comprendre à quel point cette décennie
est celles de ses premiers combats, combien les thèmes de prédilection
de son œuvre se sont forgés à cette époque et pourquoi l’Algérie
demeura, toute sa vie, sa vraie patrie.
Marie Nimier pour sa pièce de théâtre "La Confusion", publiée aux Editions Actes Sud -Papiers
nimier © Radio France - 2011
Faire tourner la machine à laver. Systèmatiquement, machinalement. Mais cette fois, pour faire le vide. Trier les mots, les ranger, les jeter. Pièce à conviction, pièce à vivre, pièce rapportée; le français est une langue compliquée. Sanda et Simon ont été élevés comme frère et soeur. Ils se sont aimés comme des amats. Aujourd'hui, tout bascule. Sandra a décidé de fairee la part des choses
Quand le fantastique permet de dénoncer des vérités qui dérangent.
Désormais en compagnie de Gaëlle, Erwan continue de s'interroger sur l'inquiétant et mystérieux sillage que laisse Pauline… Où peut-elle être dans ce Paris dévasté par la misère, la pollution et les attentats ? Le hasard d'un reportage télévisé va la faire réapparaître, mais à peine retrouvent-ils sa trace qu'elle disparaît de nouveau… Des indices leur permettront de comprendre qu'elle est retournée en Bretagne, et c'est chez Erwan lui-même qu'ils finissent enfin par la retrouver. Ils font alors connaissance avec Blanche, son énigmatique enfant. Ensemble, Pauline et Erwan tentent de comprendre ce qu'il leur est arrivé dans le petit monde. Mais le mystère s'épaissit davantage encore lorsqu'Erwan reçoit une lettre posthume de maître Cristo : le destin de l'homme est en grand danger et ce sera à lui -le nouveau transporteur- de tout faire pour maintenir le grand équilibre…
Loisel et Djian donnent à ce troisième tome un ton plus inquiétant et dramatique, on y découvre un monde et une nature en plein déclin. Le dessin expressif de Vincent Mallié est, quant à lui, toujours aussi juste et enchanteur.
+ En direct de Bruxelles, Annick Dor nous parle de "la petite" un roman de Michelle Halberstadt, publié aux Editions Albin Michel.
« J’ai 12 ans et ce soir je serai morte. Méfiez-vous des enfants sages. » Elle n’a pourtant vécu qu’une enfance ordinaire, celle des années 1960 où l’on gardait pour soi secrets et blessures : se sentir terne et insignifiante, et surtout bête et laide. Mais il faut se méfier des enfants sages, ils portent parfois en eux des océans de désespoir…
Michèle Halberstadt, l’auteur d’Un écart de conduite, décrit avec autant de justesse que de sobriété le monde de l’enfance, l’engrenage insidieux du silence et du mensonge, et la peur de grandir.
+ Au Québec, pour la librairie "A Lire" de Longueil, Manon Trépanier nous parle de "A deux pas de chez elle", un roman de François Gravel, publié aux Editions Québec-Amérique.
Dans ce tout premier roman policier qu’il destine au public adulte, François Gravel vous invite à accompagner au jour le jour la jeune Chloé Perreault dans sa première mission à titre de sergent-détective à la Sûreté du Québec. C’est avec passion que vous découvrirez les rouages des enquêtes professionnelles ainsi que les espoirs et les ratés d’une recherche qui, de prime abord, semble tout à fait... dépourvue de preuve ! Chloé arrivera-t-elle à faire la lumière sur ce mystérieux dossier, resté irrésolu depuis plus de trente ans ?
La jeune sergent-détective Chloé Perreault doit résoudre une énigme jusqu’alors restée sans réponse: les ossements de Marie-Thérèse Laganière, disparue à Rivière-du-Loup 33 ans plus tôt, sont enfin découverts... tout près de Milton, sa ville natale. Mais ce n’est pas tout ! Au fond du puits où sont retrouvés les restes de Marie-Thérèse, le squelette d’un homme est également découvert...
+ En Suisse, pour "La librairie du Boulevard", Laura
Sanchez nous parle de "Jours d'après: Quand les photographes
reviennent sur les lieux du drame" aux Editions Thames &
Hudson
Les événements dramatiques ont toujours fasciné les photographes avides de moments clés, d’instants décisifs. Dans un monde saturé d’images, où photographes professionnels et amateurs enregistrent et diffusent désormais en temps réel des scènes de violence ou de drame dans le monde entier, nous ne sommes devenus que trop familiers avec les images de guerres et de catastrophes naturelles. Refusant cette immédiateté, des photographes ont choisi au contraire de prendre du recul par rapport à l’actualité dont se nourrissent les médias et de diriger leur regard sur ce qui se passe après. Grâce à leurs photographies, nous pouvons mieux mesurer la réelle étendue d’un drame, comprendre les séquelles, visibles et invisibles, laissées sur les personnes, les paysages et les villes. Leurs clichés incitent à la réflexion, suscitent l’empathie et font naître une prise de conscience, lente et profonde, à laquelle nulle image choc ne peut prétendre.
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Hubert Haddad, Marie Nimier et Macha Sery