Cathédrale de l’Archange-Saint-Michel à Moscou © Cherie A. Thurlby - 2012
Le vénérable Alexis II, prédécesseur de l'actuel patriarche, avait certes dit que la coopération de l'Eglise et de l'Etat ne constituait pas un mariage. En tout cas, avec la hiérarchie ecclésiastique actuellement en place à Moscou, il n'y a pas de risque de divorce. Dans le scrutin présidentiel verrouillé du 4 mars, Poutine n'a pas à compter l'Eglise parmi ses opposants; davantage, il la considère comme son alliée dans sa lutte contre toute évolution trop libérale ou trop occidentale du pays. En apparence, tout se passe comme si la Russie, revenue de son voyage au bout de l'athéisme, retrouvait son assiette traditionnelle : le trône et l'autel.
En apparence seulement. D'une part, la pratique et l'instruction religieuses ne retrouveront pas le niveau d'avant la Révolution. D'autre part, avant la Révolution, sauf exception, le tsar ne se posait pas en guide religieux non plus que le patriarche ne prétendait à la conduite de l'état: c’était tout le pays qui se concevait comme une société de chrétienté, ce n'est certes plus ainsi que la Russie peut être unie.
Ce qui demeure en revanche et se renouvelle en profondeur, c'est le courant "spirituel", souvent radical. Il a surgi tout de suite, dès la naissance de la chrétienté russe. Il a fait éclore au long de l'histoire mille fleurs de sainteté que les Russes respirent d'âge en âge: moines, pères spirituels, pèlerins miraculeux et autres fols en Christ... Il existe peut-être 700 monastères maintenant à travers le pays. Le clergé visible peut, comme à l'accoutumée, bénir le pouvoir; la direction spirituelle de l'Eglise passe, comme à l'accoutumée, par les monastères et la parole la plus influente par le silence.














Que la séparation de l'Eglise et de l'Etat ne soit pas respectée en Russie est déjà regrettable , mais que la contagion gagne sur le sol français est affligeant et inquiétant .
Nos élus s'interrogent-ils sur la nature de l'entité ("hydre bicéphale"?) qui, en décembre, a investi la Cathédrale orthodoxe de Nice ? Sont-ils fiers d'avoir laissé expulser des prêtres français et leurs paroissiens ,au nom d'intérêts commerciaux ? Sont-ils fiers de voir, derrière des grilles fermées , des sbires au service de l'Etat russe , et protégeant .......on se demande bien quoi ?!
Une émission très intéressante.
G. Nivat a une connaissance profonde de la culture et de l'histoire russe.
Il ne veut pas prendre parti sur la question de savoir qui, de l’Église ou de l’État , instrumentalise l'autre dans la période actuelle..
Il est vrai que le sujet est délicat. Une chose est claire : chaque partie tire profit de sa collaboration avec l'autre.
Pour illustrer cela, on peut prendre comme exemple "l'affaire" de la cathédrale russe de Nice ; l’État russe en a revendiqué la propriété et a fini par l'obtenir, au terme de plusieurs années de procès .
L’État a alors immédiatement "transmis" la cathédrale au Patriarcat de Moscou . Celui-ci a accepté sans broncher ce "cadeau" de l’État et a installé à Nice un prêtre, chassant de fait le clergé du Patriarcat de Constantinople qui desservait le lieu depuis 90 ans.
En agissant de la sorte, le Patriarcat de Moscou a bafoué toutes les règles canoniques élémentaires de l’Église Orthodoxe, qui prévoient qu'aucun évêque ne peut intervenir dans la juridiction d'un autre sans son accord...
On assiste là à un "racket"d’État,pas tellement éloigné de ce qui se pratique actuellement en Russie avec les grandes entreprises(affaire Khodorkovsky)...Mais pour la cathédrale de Nice, cela s'est fait avec la complicité-bénédiction du patriarche! et, aussi,avec la complicité du gouvernement français.!..
A-Marie Gueit (épouse du père Jean Gueit, ancien recteur de la cathédrale de Nice)
PS.
M. Lebrun se souvient peut-être de l'émission qu'il avait enregistrée à Nice sur le sujet de la cathédrale et qui avait donné lieu à quelques remous!...
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