Trobadours. German anonymous., s. XIV.
Archiv für Kunst und Geschichte. Berlin
© - 2012 / German anonymous
La toque sur la tête et la plume d'autruche sur la toque...
Nous voilà dans un Moyen Age de convention et de carton.
Il n'y est pas si facile d'y distinguer les jongleurs et les ménestrels, qui seraient seulement des interprètes, des « vrais » et « premiers » auteurs. Chez ceux-ci, en revanche, on peut établir une hiérarchie. Les troubadours, qui apparaissent dès 1100 - le pionnier est un duc d'Aquitaine - ont précédé les trouvères de Champagne et de Flandre et aussi leurs frères catalans, italiens, allemands. C'est l'’Occitanie qui donne le branle à une littérature lyrique européenne, la première à s'exprimer en langues vulgaires mais qui se nourrit en même temps du grand humanisme du XIIe siècle.
La France du Nord a toujours eu la tentation d'étouffer ce mouvement surgi d'une langue minorée. Et le consommateur moderne, le client de la Saint Valentin, s'étonne: mais de quelle région secrète et oubliée du cœur vient donc cet Objet Poétique Non Identifié ?
















Jo sóc de Mallorca i estic interessada en el trobador Bernat de Ventadorn, actualment l'estic traduint al català, agrairia tota la bibliografia que em poguéssiu donar
Lo bonjorn,
Vos grandmercejem, Mossur de Goustine e vos tanben, Mossur Jean Lebrun, d'aver portada la lenga e la cultura d'òc sur las ondas de la radiò nacionala.
Lo silenci, i erem acostumats, nos pesava tant qu'aviam obludat qui sem ! Laissar de costat una part de se coma un esquizofrene, segur qu'era pas bon per la santat !
Òc, la colonizacion deu miegjorn fuguet plan menada ! Auèi qui sap que lo vieilh que passa dins la charriera en tornar deu merchat a parlat occitan quand era jòune ? Aquel òme tanben, a fòrça d'auvir tota la jornada la radiò, la television, la caissiera deu subremerchat li parlar en frances, obluda la suá quita lenga mairala... E i pensa pas mai. Breçats que sem per la musica nacionala, la chançon internacionala en engles, la musica d'ambiança liberala...
Alienación ! A ! Si lo mòt avia pas enqueras la suá significacion !
Vos mercejem, Mosssur Jean Lebrun, Vos mercejem Françe-Cultura, de far viúre enqueras la cultura... universala !
Alan, un lemosin en Gasconha.
en complément à votre documentation je vous signale :
- La Troba, grande anthologie chantée des troubadours, la seule à ce jour regroupant les 248 cansos de trobar issues des principaux manuscrits R,G, W, X etc par Troubadours Art Ensemble, dir. Gérard Zuchetto 22CD éditions Troba Vox - Abeille musique
- le 7ème festival "les troubadours chantent l'art roman en Languedoc-Roussillon 2012" du 24 avril au 6 octobre ... entre autres...Rêvons d'une émission où l'on débattrait sur le troba. En attendant bravo pour cette initiative.
Le mot employé dans le monde-germanique pour désigner les troubadours, donné par l'invité-de-l'émission, a-t-il une origine-étymologique commune avec les ménestrels ?
Pas d'origine commune, ni sens commun d'ailleurs, puisque Minne vient du suédois souvenir, pensée (amoureuse), d'où amour au moyen âge germanique, et Menestrel de ministerium (latin), c'est-à-dire "service", ici "service musical" et pas spécialement "amoureux". Bonne journée !
Adiu, bonjour,
Merci pour votre émission de circonstance sur les troubadours, malheureusement encore trop peu connus et étudiés en France.
Je voulais revenir sur la situation de l'occitan aujourd'hui : j'aimerais pouvoir être aussi "optimiste" que M. de Goustine. Certes, des choses se font, avancent et heureusement.
Mais en Limousin par exemple, berceau des troubadours, où beaucoup de gens parlent encore ou comprennent l'occitan :
- Où peut-on apprendre l'occitan à l'école ? Un seul collège, un seul lycée, et l'université avec l'option occitan, une calandreta pour toute la région !
- Où peut-on entendre l'occitan à la radio, à la télévision publiques ? Nulle part !
- Où peut-on voir l'occitan s'afficher dans notre vie quotidienne ? Quelques panneaux bilingues par-ci, par-là...
Avec une telle situation, peut-on parler d'avenir ?
Globalement, en France, l'avenir de la langue occitane, comme celle des autres langues régionales, est menacé par l'absence d'une véritable volonté politique pour sa transmission et sa vie culturelle.
Les langues régionales ont besoin d'une loi qui leur donne un véritable statut juridique, qui permette la mise en place effective d’une politique linguistique publique cohérente et volontariste pour leur développement dans les régions où elles se parlent.
C'est pour cela qu'une grande manifestation pour la langue occitane est organisée à Toulouse le samedi 31 mars prochain : « Anem ! Òc ! Per la lenga occitana ! ». Le même jour, des manifestations pour l’ensemble des langues régionales sont prévues à Bayonne, Quimper, Strasbourg, Perpignan.
Allez voir le site anemoc.org, signez l'appel à manifester !
n' oubliez pas, signez l' appel et rendez vous à Toulouse
a leu !
Mille fois d'accord. Et tous nos regrets de n'avoir pas pu en parler distinctement dans l'émission. Adiu. LG
Bonjour !
Emission intéressante ! C'est pour quand une émission en occitan (limousin, auvergnat, vivaro-alpin, provençal, languedocien ou gascon, au choix) sur France Inter ? J'ai écrit un roman en occitan dromois (Glandage-Moskwa 41), que j'ai envoyé à la station Inter, mais pas de réactions. Peut-être que personne ne comprend cette belle langue menacée de disparition. Je l'ai apprise comme votre invité, avec un handicap en plus: ma langue maternelle est "lollandais".
A mai veire !
Han Schook (lou Chouquet)
En écho a votre invité et à cette belle émission :
Vole aux vents troubadour
Pour que vole Aliénor
Moi, prude Limousin, j’ai fait de toi ma muse.
Je n’étais qu’un trouvère, un homme qui t’amuse.
Tes yeux nous troublaient, nous, poètes de Poitiers
Tu régalais nos vers, desséchais nos gosiers,
Faisais couler notre encre et le sel de nos larmes.
Mais j’ai su résister à l’ardeur de tes charmes.
Ô ma source de vie et mon fleuve d’amour !
J’étais ton Ventadour, ton humble troubadour.
Avec Louis ton époux, tu partis en croisades
Et brûlas tous les cœurs, ce fut la débandade !
Ton Louis fut humilié, ses cornes à porter
Trop lourdes pour un Roi, les firent t’enlever.
Loin à Jérusalem te conduisit de force
Tu te révoltas donc et ce fut le divorce.
Vous fîtes lit à part et bateau séparé,
Un retour sans retour pour couple déparé.
Henri Plantagenêt te nomma souveraine
De la cour d’Angleterre et je suivis ma Reine
Au Royaume rosbif. Je devenais chétif,
Délaissé par ma belle à l’amour exclusif
Pour ce Plantagenêt, cet Henri Deux l’angliche
À qui tu dévoilais le trésor de tes miches.
Tu donnas huit enfants à ton guerrier mari,
À ton amour volage, à ton beau Roi Henri :
Un Richard Cœur de Lion, ainsi qu’un Jean sans Terre,
Bientôt célèbres Rois qui trahiront leur père
Pour les yeux de leur mère. Elle, mon Aliénor
Qu’Henri délaissera sans peur et sans remord
Pour un lit encor frais, celui de Rosemonde.
Tu fuiras ton Anglais, cet ingrat, cet immonde
Pour revenir vers nous en pays poitevin.
Au retour de la belle, on fit couler le vin,
On déclama nos vers, pour les yeux de ma Reine.
Éphémère bonheur, rien n’apaisait ta haine
Envers le vil Henri. Il te fit enlever
Pour t’emmener chez lui, du monde t’arracher
Si loin, à Winchester dans cette abbaye triste.
Recluse à l’étranger, nous perdîmes ta piste.
Oubliée Aliénor jusqu’au jour de la mort
D’Henri ton ravisseur qui délia ton sort.
Tu revins parmi nous pendant dix années
Puis tu t’enfuis du monde et demeuras cachée
Dans une autre abbaye au cœur de Fontevraud.
Ton âme s’envola, quitta le lourd fardeau
Des ans et de ta vie une nuit hivernale.
Souffle encor aujourd’hui ton haleine royale
Tu nous vois orphelins, nos mots sont avachis
La rime se débine et le sens est hachis
Parodié, pleurs geignards, repoussante purée
Plastifiée, indigeste, une horreur gratinée.
Bien à toi, ton Bernard, ton poète Ventadour
Ton vierge Limousin, ton pauvre troubadour.
Poster un nouveau commentaire