Portrait de l'amiral Miklós Horthy par Philippe de Laszlo - 1927 © Thyra - 2012
Etienne, le saint souverain de l'an mil... Saint à la poigne un peu rude mais dont le pays conserve pieusement la main droite momifiée. Et la couronne ! Précieux symbole qui vient d'être installé sous la coupole du Parlement de Budapest et au frontispice de la nouvelle Constitution que vient d'imposer le Premier ministre Viktor Orban.
A Strasbourg où Orban est venu s'expliquer de ce retour en arrière et de bien d'autres, Daniel Cohn Bendit a tenté de rapprocher le régime singulier qui se met en place à Budapest avec... le Vénézuela de Chavez et Cuba de Castro. Mais c'est confondre "Le Spectre d'Ottokar" et "Tintin chez les Picaros" !
Au-delà de la couronne de Saint Etienne, le légendaire hongrois se nourrit en effet d'épisodes dont la résonance ne peut être entendue que par des esprits d'Europe centrale. Il y eut ainsi, en 1686 la libération de Buda, occupée par les Turcs depuis cent cinquante ans : dernier épisode en Europe de l'épopée des croisades. Et, en 1848, la splendide révolution du nationaliste Kossuth. Enfin la brillante Double Monarchie, la regrettée "Kakanie" : l'empire, dans les années 1860, s'était réformé dans un sens très favorable au royaume de Hongrie, qui s'était vu reconnaître un très vaste territoire et une large autonomie.
L'époque qui va nous intéresser aujourd'hui commence avec le démembrement de ce rêve. Elle n'est pas sans annoncer celle d'aujourd'hui où les nationalismes éclipsent l'idée européenne.















En complément d'information, on ajoutera que les chars-soviétiques étaient intervenus à Budapest au cours de la guerre-froide sous le prétexte ouvertement avancé d'une résurgence des Croix-Fléchées de la Période-Horthy parmi les acteurs-de-l'insurrection.
Sans que les historiens soient encore capables de s'accorder sur la part du vrai et du faux dans la thèse-du-kremlin, qui justifiera ainsi son écrasement dans le sang de la révolte-hongroise.
Sans non plus que les puissances-occidentales aillent sur le moment au-delà de protestations-verbales et des gesticulations-diplomatiques d'usage, exactement comme pendant l'invasion-antérieure de la Finlande par l'armée-rouge
La régence-horthy aurait été tout-compte-fait un régime-fort relativement plus bon-enfant que ses voisins du moment.
Minorité-juive mieux protégée des pogroms-populaires que dans la dictature clérico-militaire polonaise.
Prolétariat-industriel mieux traité que dans la république-démocratique autrichienne, où l'artillerie bombardait les quartiers-ouvriers en grève.
Avec par ailleurs un phénomène-inédit de serpent qui se mord la queue (militants-pronazis internés en ... camps-de-concentration)
Le titre-ronflant d'amiral porté par le dictateur-magyar pour diriger un pays éloigné de toute mer, donne à première-vue une allure de royaume-d'opérette à la régence-horthy.
Ce serait méconnaître qu'avant le démembrement de l'empire austro-hongrois par les alliés-victorieux, l'empereur-de-vienne avait acquis quelques ports-maritimes sur la côte-adriatique pour se doter d'une flotte-de-combat.
Au prix de tensions-diplomatiques qui, ajoutées aux manigances-marocaines du kaiser-allemand, ont conduit tout-droit à l'escalade-européenne vers la première-guerre-mondiale
L'Amiral était considéré par la diplomatie-occidentale comme un pôle-de-stabilité en Europe-Centrale, pour avoir mis fin à la tentative-bolchevik d'étendre la révolution en dehors des frontières-soviétiques ainsi que pour avoir fait à l'autre bord-politique échec aux tentatives de restaurer la Monarchie-des-Habsbourg menées par le dernier empereur-autrichien, en vue de récupérer a-minima entre ses mains la Couronne de Saint-Etienne, c'est-à-dire son ancien titre-légitime de Roi-de-Hongrie.
Il s'agissait bien d'un régime de dictature-militaire à tendances totalitaires mais dans la même mesure que le Roi-de-Roumanie voisin qui imitait dans ses institutions l'évolution-musclée de la Régence-Horthy, refusant de tomber néanmoins dans les extrêmes sans retour.
Ce qui explique que l'un a assassiné à Bucarest le leader de la Garde-de-Fer tandis qu'à Budapest, le second s'est opposé jusqu'au bout à la main-mise complète des Croix-Fléchées sur les rouages-du-pouvoir, en dépit des pressions allant dans ce sens venant de l'Occupant-Allemand de plus-en-plus aux abois et prêt-à-tout dans les derniers mois de la guerre où l'armée-rouge approchait