La Fondation Melinda et Bill Gates, soutenue par Warren Buffet, est devenue l'organisation philanthropique la plus riche du monde, l'équivalent de ce que furent la Fondation Rockefeller puis la Fondation Ford.
Brother, Can You Spare a Dime ? © cc - 2012 / D. Sharon Pruitt
Ces derniers mois, près de cent capitalistes américains majeurs ont signé un texte promettant de redistribuer au moins la moitié de leur fortune : Ted Turner de CNN, le réalisateur George Lucas, Bloomberg le maire de New-York etc. rejoignent ainsi une tradition qui s'est constituée dès la fin du XIXe.
Mais la redistribution est autre chose qu'un devoir de charité. Elle suppose des cibles bien choisies, des méthodes adéquates, des interlocuteurs professionnels - en somme les mêmes qualités qu'il a fallu mobiliser pour faire fortune.
Elle ne s'exerce pas gratuitement, elle cherche à faire levier dans la société américaine puis dans le vaste monde.
Faire levier et pas seulement soulager. La philanthropie est par essence réformiste. Et, comme elle mobilise aux Etats-Unis bien au-delà des grandes fortunes, on pourrait même dire qu'elle est démocratique...



































La philanthropie-capitaliste américaine a sauvé le régime-soviétique de la disparition, à ses débuts (seules les associations-caritatives d'outre-atlantique apportaient de l'aide humanitaire à la population-russe pendant que les anglais maintenaient un cordon-sanitaire autour du pays, en comptant sur des soulèvements de la faim pour renverser le pouvoir-bolchevik de l'intérieur)
@Claire
le cas de Kathleen Hale et de Girard Van Barkaloo, couple évoqué il y a peu dans cette même émission est très différent de votre exemple. Il y a heureusement des exemples d'aides très bénéfiques apportées à des villages dans le besoin, et réalisés sans aucunes contreparties.
l' empathie est inversement proportionnelle au capital en banque. Les pauvres partagent le peu qu' ils ont, les riches vendent armes, brevets, pour changer de yachts. La générosité des milliardaires n' est qu' une entreprise de mystification massive, qu' elle puisse apparaître comme louable est preuve de la toute puissance de la stratégie purement hypocrite financée par la race supérieure qui fait fortune par esclavagisme et se peint une façade humaniste
J'ai écouté avec beaucoup d'intérêt votre émission sur la philanthropie en Amérique.Pourriez-vous transmettre à Monsieur Zunz l'anecdote suivante: dans un petit village du Gers, Labéjan, après la guerre de 14-18, l'annonce de l'arrivée d'une importante aide américaine avait suscité attente heureuse. Au déballage, ce fut la déception, et le sarcasme d'autant plus vigoureux qu'on y parlait encore gascon, car l'essentiel du cadeau était constitué de pots de chambre émaillés...La famille de mon père habitait dans ce village et dans les années 50 on voyait encore partout les cadavres de cette vaisselle particulière qui avait servi à toutes sortes d'usages...! Dans ces cas de philanthropie de masse, a-t-on la possibilité de contrôler le contenu et la nécessité de ce contenu, d'ailleurs plutôt un "contenant" dans cet épisode!!!
La "philanthropie" des riches est celle de ceux à qui on a donné le droit de s'enrichir... aux détriment des autres.
Votre invité oublie que la "philanthropie" est une vitrine légale qui permet aux capitalistes acharnés, brutaux (grévistes tués...) de s'acheter une respectabilité. Et au-delà du respect qu'ils veulent, comme si l'argent ne suffisait pas, ils savent aussi que jouer les généreux permet aussi de faire du chantage politique.
Les grandes fortunes comme Warren Buffet qui voulaient payer plus d'impôts l'année dernière, attendaient en retour que l’État libéralise encore plus ses derniers services publics, qu'il protège moins les travailleurs, qu'il facilite l'enrichissement de quelques uns et l'appauvrissement du plus grand nombre.
C'est ce même Warren Buffet qui a déclaré en 2005 sur la chaîne CNN : “ Il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner.”
Tout est dit, le philanthrope ne fait jamais rien gratuitement...
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