La paresse (détail des sept pêchés capitaux) de Jérôme Bosch © Vincent Steenberg - 2012
La paresse est féconde, disait Baudelaire. Les auditeurs qui ont répondu à l'enquête de Radio France : "Quel travail voulons-nous ?" inclineraient-ils à le penser, peu à peu ?
Et à cette autre : "Votre priorité dans la vie est-elle le travail? " Oui seulement à 12%. Les loisirs sont mieux classés: 18%. Et la famille l'emporte largement: 63%. L'emploi est devenu un souci lancinant. Le travail, dont il faut le distinguer,est, à son tour, considéré avec pessimisme: il permet moins de se réaliser. La paresse ne pourrait-elle ouvrir, demain, bien des portes que notre frénésie a fermées ? On ne peut préjuger de l'avenir; en tout cas, son histoire n'est pas celle de l'oisiveté mais celle d'une idée.














Merci pour cette émission remarquable dont la qualité et l'originalité sont constantes depuis le début. Et merci pour ce sujet du jour à contre courant du "gagner plus pour dépenser plus" ambiant...
Je suis persuadée que le farniente et la rêverie sont sources d'équilibre personnel et social et donc facteur de bonheur !
Espérons qu'un jour prochain l'être humain se reconnectera avec ses besoins essentiels et simplissimes...
Impossible d'évoquer la paresse vue aux différents âges-de-l'histoire sans évoquer le nom des sybarites, habitants d'une ville-antique restés longtemps dans la mémoire-collective l'image de l'oisiveté-heureuse à vie et dans un certains sens de la cité-idéale qui fonctionne en harmonie sans le joug-quotidien de l'effort-au-travail.
Un concept qu'on retrouvera plus-ou-moins en filigrane de certaines théories révolutionnaires ou utopistes, de la renaissance au dix-neuvième-siècle (dont on peut compter comme une des variantes les manifestes proches du communisme sur le droit à la paresse)
Votre émission m'a ravie, à plusieurs titres.
comme l'auditrice ci dessus j'ai pris ma retraite anticipée pour les memes raisons et y compris la peur de devenir une coquille vide au moment ou j'aurais pu profiter de mon temps "libre".
D'autre part mon mari qui a travaillé depuis l'age de 14 ans a pris sa retraite et disait il etait heureux de pouvoir enfin exercer son "droit à la paresse" bien qu'il etait fatigué par son travail manuel, malheureusement il est décédé brutalement six mois apres.
Quel gachis!!
Nous etions tous les deux communistes et je ne vois en aucun cas une attaque dans vos propos, de Marx et Engels , pour l'auditeur Matrok, cessons donc de confondre marxisme, droits ouvriers, et ouvrierisme. La démagogie a déja couté cher
à la classe ouvrière ,voire l'etat de nos syndicats.
Il s'agit d'une émission d'Histoire, paraît-il. Aujourd'hui c'était l'histoire d'une idée, celle de la paresse et du droit à la paresse. Dès lors, je pense avoir raison de dénoncer des approximations voire des mensonges qui vont à l'encontre d'une réalité historique vérifiable. Si ça c'est de la démagogie... Prétendre que Marx était un jouisseur qui vivait richement est mensonger. S'il en avait eu les moyens comme Engels il l'aurait peut-être été - il n'y a rien d'héroïque dans la misère, ce n'est pas mon propos. Présenter Lafargue comme un anti-marxiste est également mensonger.
Je revendique ce droit à la paresse , une résistance au système : j'ai pris ma retraite à 51 ans , l'hiver dernier car mère de 3 enfants et + 15 ans de service public.
La vie est diffèrente , je commence seulement à comprendre le cheminement intellectuel qui m'a fait sauter le pas ( écoeurèe par les injustices croissantes , le stress au travail , l'hypocrisie de la hiérarchie , cette ambiance de malaise génèral entretenu par les médias ) avec encore 2 enfants en fac et lycée , financièrement c'est dur mais j'assume ma décision .C'est plus dur pour mon mari moralement !!!
je vous félicite Madame de faire fi du regard des autres, de votre mari : BRAVO!
vous me semblez LIBRE , affichez en tout cas une liberté intérieure, non feinte!
moi auussi, je suis une adepte de la lenteur et ne me sent nullement coupable de rester au lit jusqu'à midi lorsque mon corps le réclame!
profitez bien madame!
cordialement
Béatruce
Je viens de vous ré-écouter. Un "travail" dans les campagnes françaises - quand il y reste de vrais forgerons - est bien une structure à 3 pals (=pieux, poteaux). Elle ne servait d'instrument de torture que pour les bœufs et vaches que l'on voulait ferrer! Ça ne se fait plus les "deux grands bœufs dans mon étable" n'y sont plus, remplacés par Massey-Ferguson! Les bœufs et vaches doivent être très étroitement maîtrisés à la différence des chevaux. Ils sont rendus furieux par l'opération de ferrage, et particulièrement dangereux pour le maréchal-ferrant et ses aides. Les chevaux, au contraire, restent calmes et se prêtent très docilement au ferrage. L'on s'appuie contre son épaule pour faciliter la prise de son pied. Mais très souvent, sachant très bien à quoi s'attendre, il lève de lui-même le pied. Je connais très bien les chevaux et ma conviction est qu'ils sont intelligents, ce que ne sont pas les vaches!
Très fidèlement à vous,
gF
Bonjour.
J'ai écouté votre émission d'abord avec intérêt, avec agacement ensuite, finalement avec colère devant l'incompétence manifeste de votre invité Antoine Bevort et son mépris de la réalité.
Quelques points, donc : d'abord sur Marx et Engels présentés comme des "représentants de la classe oisive". Antoine Bevort prétend que leur correspondance le prouve... Et bien lisez-la, cette correspondance ! Elle vous apprendra qu'en effet Engels a eu pendant longtemps une vie d'oisif et de jouisseur, qu'il pouvait se permettre grâce à ses origines bourgeoises, mais que Marx au contraire a vécu dans une misère noire. Extrait de la lettre de Marx à Engels du 4 septembre 1852 : : « Ma femme est malade, la petite Jenny est malade, Léni a une sorte de fièvre nerveuse. Je ne peux et je ne pouvais appeler le médecin, faute d'argent pour les médicaments. Depuis huit jours, je nourris la famille avec du pain et des pommes de terre, mais je me demande si je pourrais encore me les procurer aujourd'hui ». L'un des fils de Karl Marx, Edgar, est mort de sous-alimentation. Karl Marx, pour survivre, a du faire toutes sortes de métiers temporaires et précaires, de journaliste à débardeur. Le soutien financier que lui a apporté Engels l'a aidé tout juste à survivre. Ce n'est qu'en 1864 que sa situation familiale s'améliore suite à un héritage, mais son train de vie reste très modeste. Rien à voir avec cette fable d'une vie de riche oisif racontée par Antoine Bevort...
Il nous affirme également que Paul Lafargue s'est trompé en affirmant que le perfectionnement des machines allait diminuer la part nécessaire du travail humain. Quel applomb dans la négation des réalités ! Allez donc voir comment fonctionne une chaîne de montage chez PSA : les rares ouvriers qui sont là n'ont plus pour fonction que de "donner à manger aux robots". C'est un fait ! Grâce à ces robots, le temps de travail nécessaire à la production d'une automobile est réduit à un point que peu d'autres que Paul Lafargue avaient pressentis. Cela ne rend que plus cruciale cette question du droit à la paresse, mais aussi celle de la propriété privée des moyens de productions, c'est à dire du capitalisme.
Car enfin c'est le fond : Antoine Bevort essaie finalement de nous faire croire que Paul Lafargue est un anti-marxiste, qui serait d'ailleurs dénoncé par les marxistes. C'est archi-faux. Paul Lafargue était, et est toujours reconnu, comme un théoricien marxiste tout à fait important, et les courants politiques qui aujourd'hui encore se réclament du marxisme recommandent la lecture du "Droit à la Paresse". Mais pas une lecture déformée par les chantres de la "Décroissance" que votre invité cite complaisamment. Une lecture qui essaierait de le priver de l'un des caractères les plus prophétiques de ce livre, celui qui en tout cas a été prouvé par les faits : sa confiance dans la technique, dans la productivité, une réalité qui est d'ailleurs nécessaire pour pouvoir logiquement dénoncer l'accaparement de la plus-value par la classe oisive et réclammer ce droit à la paresse.
Enfin une émission promotionnelle d'une ligne de vie qui correspond très exactement à mon ambition. Jaco
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