Kaddour Ben-Ghabrit © Younesb91 - 2011
"Les enfants juifs sont nos enfants"... Ainsi parle en 1942 le directeur de la Grande Mosquée de Paris - le titre de recteur n'existait pas encore - dans le film d'Ismaël Ferroukhi Les hommes libres, sorti en salle le 28 septembre 2011.
Vingt ans après un documentaire signé Derri Berkani, le réalisateur attire justement l'attention sur Kaddour Ben Ghabrit. Agent consulaire de la République et en même temps proche du sultan du Maroc, cet homme d'envergure se retrouve sous l'occupation face à lui-même, ultime responsable de la population nord-africaine de la région parisienne. Quelques dizaines de milliers de travailleurs, déboussolés par la défaite, surveillés plus que jamais par la police, guettés par les collaborationnistes qui veulent les enrôler, interdits de retour après le débarquement allié fin 1942: ces gens sans statut se tournent, qu'ils soient pieux ou non, vers la Mosquée.
La Mosquée qui, vaste et labyrinthique, peut en outre servir de refuge à qui cherche à se cacher. Et dont les bureaux ont la ressource de délivrer de faux certificats d'appartenance à l'Islam.
Rompu à l'ambivalence du lien colonial, Ben Ghabrit opère à sa manière, toute de résistance subtile. Son interprète dans le film, Michael Lonsdale, restitue au personnage son importance historique. Il redonne aussi chair aux musulmans de France, ces invisibles de l'histoire de la seconde Guerre.
Deux conseillers historiques ont participé à la préparation du film, Pascal Le Pautremat et Benjamin Stora, que La marche de l'histoire reçoit aujourd'hui.

















Une tromperie historique de grande ampleur ( une de plus....)
Les " Hors la loi " se multiplient ces temps ci......
Après avoir vu le film " Les hommes libres " je pense que même pour
moi , qui ai vécu cette époque, c'est une révélation très instructive.
Et malgré sa complexité au regard des nouvelles générations, ce film
mérite un large débat, et qu'il soit universellement distribué .
Sans oublier l'excellence de interprétation bien sûr.