Portail du Lycée Henri Poincaré à Nancy en 2006 © B. Cussenot - 2012
C'était en 1979, il y a plus de trente ans. On nous disait déjà que la France dans la tourmente économique devait passer sous la toise des normes internationales. Dans cette situation d'incertitude, Alain Decaux se lançait dans une campagne qui a marqué. La France n'est pas n'importe quelle nation, qu’au moins on stabilise l'enseignement de son passé !
Les termes du débat, qui devint vite politique, étaient fixés pour longtemps. On peut même dire que, depuis, ils se sont encore dégradés. L'enseignement de l'histoire est maintenant menacé d’émiettement, chacune des communautés qui se constitue dans le pays réclamant sa part de mémoire. Et d'érosion, les horaires garantis dans le secondaire - et surtout dans le primaire- devenant de plus en plus branlants.
Ainsi, dorénavant l'histoire-géographie fait-elle l'objet d'un examen écrit à la fin de la première, comme le français, mais passe en mode option en terminale scientifique.
La Société des professeurs d'histoire-géographie, habituée depuis sa création il y a cent deux ans, à tirer tous les signaux d'alarme qu'elle trouve à portée de main, déploie cette fois toutes ses forces. Cahiers de doléances, préparation d'un manifeste et, le samedi 28 janvier, tenue d'Etats généraux à Louis-le-Grand et en Sorbonne...
D'autant qu'il ne s'agit pas seulement des examens réservés aux élèves. A l'horizon se dessine une profonde transformation du recrutement des professeurs, une pulvérisation, peut-être, des vieux concours qui assuraient tant bien que mal la cohérence de la discipline.







































Dans les années 70, on crut apprendre à lire en évitant le passage fastidieux de l’étude des lettres de l’alphabet et des syllabes par la méthode dite globale. De même, on voulait éviter l’apprentissage fastidieux du solfège et faire pratiquer rapidement un instrument.
La démarche qui consiste à enseigner l’Histoire en enjambant l’apprentissage de la chronologie relève de la même philosophie. Pas plus que l’étude de l’alphabet ou du solfège, celle de la chronologie ne doit être évidemment une fin en soi. Parmi ceux qui possédent bien le solfège, il y a certainement plus de bons musiciens que l’inverse.
La vision de l’histoire de France véhiculée par l’historiographie de la Troisième République, en particulier sous l’impulsion d’Ernest Lavisse, a été qualifée de « roman national » ou « mythologie nationale ».
Roman: œuvre d’imagination en prose dit le Robert: Louis XIV un personnage du à l’imagination de Voltaire comme Zadig ou Candide ?;
Mythe: récit fabuleux dit toujours le Robert: en 1800, ce n’est pas l’intervention de Desaix qui fait basculer une situation incertaine en faveur de Bonaparte, mais celle de Dieu comme lorsque Josué peut arrêter la course du soleil et ainsi vaincre les Amorites ?
Actuellement, les découvertes archéologiques, de documents ou autres manuscrits concernant l’histoire de France sont rares en dehors de l’époque contemporaine. De même que les musiciens interprètent de façon différente une même partition en fonction de leur personnalité, de même les historiens analysent essentiellement les mêmes documents en fonction de leur époque, de leurs intérêts, de leur tempérament.
La notion de progrès dans les études historiques parait aussi incertaine que dans l’interprétation musicale.
bonjour,
Peut on demander en meme temps :
un devoir de mémoire pour le mal que l on m a fait
et un droit à l oubli pour le mal que j ai fait ?
Selon moi, non.
Et si oui, suis-je ensuite bien placé pour transmettre les notion de justice, de morale, d équité ...
Je crains que l enseignement de l histoire soit gravement atteint par cet éceuil
bien amicalement