On estime à environ 6 000 le nombre de langues parlées dans le monde aujourd’hui. Et selon les scientifiques la moitié d’entre elles pourrait avoir disparu d’ici la fin de ce siècle. Que faire contre cette véritable hécatombe linguistique ?
Avec deux spécialistes de la question, Jean-Marie Hombert, linguiste ayant travaillé sur les langues menacées en Afrique équatoriale, et Rozenn Milin, directrice du programme "Sorosoro - Pour que vivent les langues du monde !", La Tête au carré plonge dans un univers linguistique et culturel méconnu.
Faire la distinction entre langue qui meurt et langue qui disparaît, s'intéresser aux moyens de connaître et de faire connaître une langue quasi inconnue, insister sur l'importance culturelle et patrimoniale d'une langue menacée, tels sont les enjeux que nous explorons ce mardi.
Dans la revue de presse
La comète Lovejoy, après son passage très proche du Soleil, laisse admirer une double queue de poussières et de particules visibles à l'oeil nu depuis l'hémisphère Sud. Un régal pour les photographes amateurs et professionnels, qu'ils soient sur Terre ou dans l'Espace !
La photographie ci-dessous a été prise par l'américain Dan Burbank depuis la spation spatiale internationale.
Comète Lovejoy © NASA/Dan Burbank - 2011 / Dan Burbank
Le reportage de Jérémy Querenet
Les escargots ont plus d'un tour dans leur coquille. Jérémy Querenet nous propose en fin d'émission un reportage qui prouve que ces gastéropodes peuvent être utiliser comme indices de la pollution des sols.





































C'est amusant cette remarque de franc33 de s'étonner de la volonté de préservation du basque (et autres langues régionales...). S'il existait un monument de pierre unique au monde et très ancien, douterait-on de devoir absolument le préserver? Le basque est dans cette situation et il incombe à la France (comme à l'Espagne) de faire prosperer ce monument (comme les autres langues de France métropolitaine et d'outre mer) . Et le risque de communautarisme ? Mais qui ne souhaite faire partie d'une communauté ?
Le bilinguisme dès la petite enfance est le meilleur 'bain' qui soit : savoir parler et écrire deux langues dès l'enfance permet d'avoir deux modes de pensée, deux cultures, et facilite la compréhension d'autres cultures, permet d'apprendre d'autres langues avec plus de facilité. C'est une richesse pour la vie.
Le jour où notre monde sera limité à quelques langues, il sera bien triste.
Il faut continuer de dire, de rappeler encore et encore que parmi les langues régionales de France, il y a tous les créoles, les langues amérindiennes de Guyane, les langues des Comores, etc. Et qu'enseigne-t-on dans les écoles des villages wayampi de Guyane par exemple ? Le français, les maths, etc., la géographie de la France métropolitaine... Les moyens y sont très pauvres. Les profs se débrouillent comme ils peuvent pour valoriser (ou pas) langue et culture régionale. Je suis un peu hors sujet mais je veux juste souligner que dans l'école de la République, il y a là aussi des différences importantes entre les régions de France.
Bonjour, je suis à la recherche du titre de la chanson diffusée juste avant l'extrait du film Le Nom de la Rose...en vous remerciant pour vos réponses :)
Les langues régionales comme partie de notre culture d'accord!
Mais cette mode vers le retour aux "patois" comme langue de base : occitan, breton, basque... m'inquiète!
Tout se fait au détriment de celle qui nous fédère et se trouve en réel danger : la LANGUE FRANCAISE
Franc
Ce ne sont pas des patois, ce sont des langues.
l'Occitan a été non seulement considéré comme un "patois de ploucs" mais aussi réellement réprimé : ma mère était punie à l'école quand elle "oubliait" de parler français et utilisait sa langue maternelle... Ce n'est pas si vieux, mais cette belle langue s'est pratiquement perdue en une génération: je la comprends mais ne la parle pas. Et la tentative de la sauvegarder (enseignement de l'occitan à l'école ou à l'université) n' a pas empêché la disparition de toutes les variantes régionales...
Mais cette façon de stigmatiser la locuteur d'une langue non dominante, et de valoriser la langue prestigieuse ne peut-elle pas être très subtile? Ainsi, incriminer les Français d'être "nuls en langues" (en fait sous-entendu "en anglais") n'est-il pas une manière de les inciter à renoncer à leur propore langue?
Notons que le rapport Grin (2005) comportait une statistique de 2000 montrant que nous sommes à peu près dans la moyenne européenne de compétence en anglais.
Une question, que je trouve cruciale :
Pourquoi ne se crée-t-il plus de langues nouvelles de nos jours, alors qu'il en disparaît continuellement.
Les causes de disparition bien sûr sont faciles à identifier.
J'entends parler de la volonté "unificatrice" qui a lutté contre les langues régionales. Le phénomène actuel, pour être plus "doux" n'en est pas moins implacable. La langue anglaise est instrumentalisée par les pays et les économies qui en bénéficient!!! L'italien et le solvène se seront-ils pas en voie de disparition dans 100 ans??? même parler français sera peut-être "plouc" un jour...
Bonjour
Sur quelles bases théoriques défendez-vous les langues en voie de disparition ? Je trouve que la position des invités relève plus d'une démarche idéologique que d'une démarche scientifique. Défendre des langues en voie de disparition n'est-ce pas, plutôt, renchérir les problèmes glottopolitiques et créer une certaine forme de communautarisme ?
Bien à vous
Bonjour,
Je suis tout à fait d'accord avec vous sur le fait qu'il est très intéressant de conserver des enregistrements des langues qui auront bientôt disparu. Mais il me paraît très exagéré de comparer la disparition d'une langue à celle d'espèces animales. C'est une mort virtuelle qui ne fait pas s'effondrer un équilibre vital pour d'autres espèces. Et depuis que l'homme existe, bien des langues ont dû apparaître et disparaître sans que cela n'ait fait courir de risque à l'humanité. Nous n'allons pas élever une stèle à tout ce que l'homme a créé et qui a été recouvert par les générations successives.
Bonjour,
Ayant suivi des études de linguistique jusqu'au master 1, je m'intéresse toujours à tout ce qui touche aux langues et au langage. J'adresse une question simple aux intervenants: sur quelles bases théoriques, c'est-à-dire scientifique, défendez-vous la préservation (souvent illusoire) des langues menacées de disparition ? Durant mes études (axées principalement sur la sociolinguistique), je n'ai jamais eu l'occasion de lire de textes m'apportant des réponses claires, hormis un ouvrage de Claude Hagège (qui n'a rien à voir avec la sociolinguistique d'ailleurs), qui tenait plus du discours idéologique (donc plus passionnel que rationnel à mon goût) que scientifique.
Bien cordialement,
Rappelons qu'Albert Jacquard est le parrain d'une pétition demandant que l'espéranto soit la 64 ème langue "à option" au bac. Cette pétition est signée par de nombreux élus (maires, députés, sénateurs, conseillers régionaux, généraux, européens... Vous la trouverez facilement sur l'internet, et pourrez y consulter la liste de tous les signataires.
Bienvenue à Mme Rozen Milin et merci pour le site et l'initiative Sorosoro...
Concernant la disparition des langues, il me paraît intéresant de se poser la question suivante: une langue est abandonnée quand ses locuteurs la perçoivent 'inutile". Une question de "compétition". Nous avons pourtant un "arbitre" pleinement fonctionnel qui remettrait les choses "à plat". cette langue progresse tranquillement depuis plus de 120 ans... (mais nombre de dominants font montre d'ostracisme à son égard): l'espéranto. Faire monter l'Eo en puissance, c'est remettre les langues "glottophage" à leur place.