« Internet
rend-il bête ? » : tel est le titre un
peu provocateur d’un best-seller de l’essayiste américain Nicolas Carr,
qui vient d’être traduit en français (éd . Robert Laffont). S’appuyant sur
des études scientifiques effectuées outre-atlantique, il y montre comment
l’utilisation d’Internet a opéré une véritable « révolution »
dans notre cerveau.
Notre cerveau, éminemment
plastique, se serait déjà adapté à l’usage intense de ces nouvelles
technologies, comme il
se serait adapté dans le passé à l’invention de l’écriture ou au développement
de la lecture. Elles auraient modifié le fonctionnement de notre mémoire, de
notre attention, nos rapports à l’apprentissage, et plus profondément notre
intelligence, notre façon d’appréhender le monde et de le
penser. Les digital native (ceux qui sont nés avec Internet)
seraient donc, selon lui, de véritables mutants..
Les recherches récentes en
neurosciences ont en effet démontré la plasticité de notre cerveau, que les
connexions neuronales se modifiaient en permanence en fonction de nos
expériences vécues, mais aussi des outils qu’on utilise.
Avec JEAN PHILIPPE LACHAUX, neurobiologiste et directeur de recherche à l’Inserm au CENTRE DE RECHERCHE EN NEUROSCIENCES de Lyon pour son livre « Le cerveau attentif, contrôle, maîtrise et lâcher-prise »ED Odile Jacob
Jean-Philippe Lachaux © Radio France - 2011
ET EMMANUEL SANDER, professeur en psychologie du développement à l’Université Paris 8, directeur adjoint du laboratoire "Paragraphe" et responsable de l’équipe « Compréhension, raisonnement et acquisition des connaissances »
Il est co-auteur Douglas Hofstadter d'un ouvrage à paraître en 2012 chez Odile Jacob, intitulé "Surfaces et Profondeurs".
Emmanuel Sander © Radio France - 2011
ET Christine Legrand, journaliste, chef de service au journal La croix. Elle a supervisé le dossier : "Comment les nouvelles technologies modifient notre cerveau" dans la Croix.
Christine Legrand © Radio France - 2011
« Internet rend-il bête ? » de Nicolas CARR ED ROBERT LAFFONT
"Le focus de la Revue de presse" : Marylène Patou-Mathis, directrice de recherche au CNRS travaillant au département Préhistoire du Muséum national d’histoire naturelle, présente deux événements culturels et pédagogiques organisés à l'Insitut de paléontologie humaine à Paris autour du rhinocéros préhistorique offert par M. Reynaud à l'Institut l'année dernière.

















Oui, Internet modifie notre façon de penser et d'agir globalement, tout comme l'invention de l'imprimerie il y a quelques centaines d'années. Mais de là à dire que c'est une menace sérieuse et qu'il rend bête, je trouve ça mille fois exagéré.
Mais bon, il y a toujours des esprits négationnistes, anxieux de la modernité, comme à l'époque de Gutenberg.
Je recherche le titre de la chanson et celle de l'auteur qui a été diffusé lors de cette émission. Il y avait un accompagnement à l'accordéon diatonique
bsoir,j.etais emerveillé par cette emission.des explications limpides parfois difficiles à assimiler,mais c.était trés bien..continuer à nous faire plaisir..mille merci.
bonjour,
Merci pour la qualité de vos interventions.
je travaille dans la formation continue et pour l'enseignement des T.I.C. ;
et je propose un mode séquentiel : prévoir un temps précis pour chaque activité internet : gestion mail, navigation internet et recherches les travaux pratiques
alternées avec des activités lecture et autres
cela permet le controle du temps et eviter la perte de temps renssentie parfois
comment surfer sur internet sans électricité?
J'enseigne dans le supérieur. Internet empêche mes étudiants de perdre du temps en lisant de vrais livres. Moralité : contrairement à toute attente, au lieu de découvrir des choses inattendues dans les livres, ils copient tous allègrement les mêmes références issues des mêmes sites. Grande tristesse ! Il faut perdre son temps à lire. Voilà la chose à faire.
GF
http://grosse.fatigue.free.fr
Y a-t-il des exercices que nous pouvons faire pour ne contrecarrer la perte de certaines facultés dû à cette utilisation intensive quotidienne de l'informatique?
J'ai lu le livre de Nicolas Carr. Je ne suis pas né avec l'ordinateur : j'ai dépassé 50 ans. Mais j'ai dû m'y former. Je donne des cours de photographie numérique à une génération qui est née avec l'ordinateur. Je me rends compte que la grande majorité de mes étudiants savent surtout utiliser leur ordinateur dans un but ludique : mails, facebook, blogs. L'apprentissage de cet outil et de ses logiciels à un niveau professionnel nécessite finalement autant d'efforts que pour des études classiques, avec une nécessaire concentration. Et l'usage courant de l'ordinateur ne favorise pas cette concentration, comme le montre le livre de Carr. La tentation de s'éparpiller est trop grande.
Internet est aussi le labyrinthe de l'information, on peut très vite si perdre a la différence d'un article de presse qui lui concentre l'attention.
Dans son livre, Nicholas Carr fait une distinction radicale entre la lecture classique sur papier et la lecture en ligne, disant que le cerveau, dans l'un et l'autre cas, ne fonctionne pas de la même façon. Ainsi le net crée une surcharge cognitive, et mobilise les régions préforntales liées à la prise de décision et la résolution de problème, détournant le cerveau du travail d'interprétation du texte que permet la lecture profonde. Bref, le livre de Carr avertit d'une menace sur le monde et la culture littéraire: un mond epost-littéraire.
Bonjour,
internet n est il pas l aboutissement de l ère administrative ouverte par les Romains.
Pour moi la vrai révolution viens de la proportion croissante d ordinateur portable et de smart phone, l aboutissement de cette absurdité étant la tablette.
Les liens hypertextes, ne sont ils pas aussi à l'origine de additivité d'internet
bonjour,
cette modification du cerveau ne fait elle pas partie simplement de l'évolution ? et donc d'une adaptation au contexte ! Doit on s'en dramatiser ?
enfin, l'invention de l'écriture avait déjà soulevé des craintes de certains penseurs (cf : Platon dans Phèdre) . Cette invention de l'écriture a bien modifié la plasticité du cerveau , à l'époque. Avant l'écriture, les textes étaient transmis oralement. Cette mémorisation des textes a ensuite plus ou moins disparu !
merci
J'entends une première remarque de nos scientifiques qui d'emblée manque le sujet, mais est typique des approches scientistes. En gros, on distingue l'outil en soi et l'usage qu'on en fait. Voilà l'erreur grossière tyîque qu'on fait, que tous les penseur des médias et de la technique ont souligné (gunther anders, mac luhan, jacuqes ellu. NOn la technique induit en soi l'usage qu'on en fait. et c'est bien le cas avec Internet?
Bonjour,
Le téléphone portable est-il nuisible à notre cerveau, à notre santé ?
Merci d'avance.
A propos de la vulgarisation scientifique ...
Je me souviens des passages de M Pierre Gilles de Gennes à l'antenne de radio France : il était lumineux et passionnant; tout le monde aurait souhaité l'avoir comme professeur de physique et devenir physicien à sa suite !
L'émission est fort intéressante, mais la (contre) programmation musicale donne, comme toujours, envie d'éteindre la radio ou de passer sur France Musique / France Culture, hélas !!!
Il faudrait une trithérapie de choc pour s'en remettre !!!!!!