Le dessin de Jonaten du 06-01 © Jonaten - 2012
Claude Lanzmann et la rédaction de la revue Les Temps Modernes consacrent près de 300 pages à la tragédie des harkis.
Le cinéaste reconnaît s’être lui-même trompé, au moment de la guerre d’Algérie, sur le compte de ces dizaines ou centaines de milliers d’hommes et de femmes et leurs enfants, parias, considérés comme des traitres pour les uns, « supplétifs » négligeables pour les autres.
Massacrés dans des proportions encore inconnues au moment de l’Indépendance, en Algérie. Rejetés par la France sur le sol de laquelle ils espéraient trouver refuge.
Les récits, témoignages, documents officiels, comptes rendus et analyses rassemblés par Les Temps Modernes bouleversants, révoltants, terriblement éclairants, aussi, rendent aux harkis ce que si peu leur reconnaissent : leur intégrité.
Avril 62, Daniel fait son service dans la Marne. Il se voit confier la mission de ramener en Algérie des harkis réfugiés en France depuis plusieurs mois. Témoignage.














Merci Mme Pulvar de faire écho à cette Histoire qui nous est commune. On oublie trop souvent que De Gaulle nous a proclamé tous français "de Dunquerke à Tamanrasset" en 1958. Mon père (décédé en 2002) a eu de "la chance". Blessé lors d'une opération des années auparavant, il a pu se "ré-engager" comme sous officier avant d'être rapatrié (mais seul) in-extremis avec sa Section en France. Les GMS relevant de l'armée pendant "les évènements" , retournaient logiquement sous l'autorité du Préfet après les accords d'Evian. Mon père, flairant le piège est resté caché 4 nuits chez son officier...avant de rejoindre sa section...et ré-opter pour la Nationalité française !!! ses compagnons n'ont pas eu cette chance. Il est heureux que la parole se libère enfin...mais pour l'intégrité, une reconnaissance officielle me semble indispensable...pour la mémoire.
Merci,
J'ai longtemps eu honte de ce que j'étais sans savoir pourquoi, aujourd'hui je sais que si quelque doit avoir honte ce n'est pas moi. Nous sommes arrivés en France en 1968 car mon père a été prisonnier en Algérie jusqu'en fin1967
Chama fille de harki.
Merci Audrey Pulvar de nous avoir donner cette chronique sur les Harkis.
Je connaissais le sort indigne que La Frrrance avait réservé à ses serviteurs, j'ignorais cet épisode scandaleux.
Le pays dit "des droits de l'homme" a bien du mal à reconnaître et à admettre les nombreuses pages noires de son histoire. Le sort fait aux Harkis n'en est qu'un exemple, hélas ! Nos gouvernants (en organisant la chasse aux étrangers) sont bien les héritiers de ceux qui étaient au pouvoir dans les années 60.
Trouvera-t-on encore longtemps des aspects positifs à la colonisation ?
Parfois, en me levant le matin, j'ai honte d'être gaulois ! Merci encore Audrey Pulvar.
L'Histoire est complexe certes, mais renvoyer les Harkis vers l'Algérie consistait à signer leur condamnation à mort ! Le général de Gaulle ne pouvait pas ignorer cela quelles qu'aient été les raisons d'état pour ordonner cette injustice...
Une question me taraude : la France a-t-elle été un seul jour la "Patrie des Droits de l'Homme"?
Les beaux discours ne masqueront jamais la réalité des faits.
"Il importe que nous soyons déchirés" C'est une phrase que j'ai retenue entre J.DANIEL et A.CAMUS ! Chaque année une Cérémonie Nationale devant le Monument aux Morts n'effacera jamais ce déchirement à l'égal du déchirement que j'ai vécu en 1940 lorsque mon pensionnat a été évacué en Dordogne pour plus de sécurité ! Il importe que nous soyons déchirés par Le Devoir de Mémoire !
Faudra-t-il attendre encore longtemps pour que cesse la négation honteuse d'un passé ignoble, indigne d'un pays comme la France qui à longueur de déclarations de nos "zomes" dits d'État se prétend la Patrie des Droits de l'Homme. Avec ce consentement aux crimes de centaines de Harkis, voire de milliers et à la négation ou à la non-reconnaissance de combien de disparus entre 1954 et 1963 en Algérie, la France nie son passé et, par là même, se condamne à des lendemains cruels.
Honte à ceux qui nous gouvernent mais aussi à NOUS qui les élisons. Jp.O.
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