La planète compte désormais 7 milliards d'habitants, un défi démographique mais aussi écologique majeur.......
© Ints Vikmanis - 2011
Invités : - Gilles Pison, Directeur de recherche à l'INED (Institut national d'études
démographiques", qui a publié « L’Atlas de la population mondiale – faut-
il craindre la croissance démographique et le vieillissement ? » aux Edi-
tions Autrement
- Marion Guillou, ingénieure des ponts, des eaux et forêts, docteur en sciences
des aliments et présidente de l’INRA, l’Institut national de la recherche
agronomique, co-auteur de « 9 Milliards d’hommes à nourrir aux éditions
François Bourin
- en direct de Rome, Hafez Ghanem, directeur-général Adjoint, département
du Développement économique et social à la FAO
- François Farah, représentant du Fonds des Nations Unies pour la population














sept milliards? pourquoi faire!
Et que pensez du fait que Kadhafi finançait un immence projet d'irrigation en Afrique ?
Il faut aussi avoir le courage de poser le problème du religieux, qui est responsable, dans les pays les plus pauvres, d'une politique de natalité forcenée. Comment enrayer ce phénomène, directement lié à la pauvreté, à l'obscurantisme et au retard de l'instruction (des femmes en particulier), alors que la polygamie se répand partout, comme une gangrène ?
Jean Ziegler a écrit le livre suivant: Destruction massive: géopolitique de la faim. ed. Seuil;
L'agriculture d'aujourd'hui serait en mesure de nourrir normalement 12 milliards d'êtres humains, soit près du double de la population mondiale.Toutes les 5 secondes, un enfant de moins de 10 ans meurt de faim. Si vous voulez Comprendre les raisons de l'échec des moyens mis en oeuvre depuis 50 ans pour lutter contre la faim et identifier les ennemis du droit à l'alimentation: la production des agrocarburants et la spéculation sur les biens agricoles.
Lecture extrêmement riche d'enseignements.
Bonjour,
l'éducation des filles est bien sûre importante, mais il ne faut pas oublier celle des garçons qui peuvent parfois faire pression sur les filles. Effectivement, les enfants se font à deux.
Chaque énoncé du taux de fécondité ressemble à un score sportif: plus c'est élevé mieux c'est! Meme s'il s'agit ici d'une confusion entre le bonheur d'être parent et une constatation purement statistique, c'est tout bonnement ahurissant! De surcroit il s'agit d'un indice qui a lui seul ne permet pas de décrire ni situation et encore moins une dynamique!
La croissance démographique menace l'équilibre de la planète sur tous les plans (épuisement des ressources non renouvelables, menaces sur la faune - la flore, tensions politiques insupportables ....).
Comment ne pas voir qu'il y a une corrélation entre le développement que connaît la Chine et la maîtrise de sa démographie. L'explosion démographique n'est pas une fatalité.
L'Afrique connaîtra, dans les quarante prochaines années, un doublement de sa population, comment ce phénomène peut-il être compatible avec le rythme de développement économique qui lui n'est pas exponentiel?
A 7 milliards ne serons-nous pas dans la situation d'Haïti ? Terres épuisées, populations affamées, biosphère en voie d'extinction...!
Tous ces "experts" qui nous disent que c'est possible sont soit des manipulateurs soit des inconscients croyant aux miracles.
Cette croissance de la population mondiale ne peut que ralentir à moyen terme.
Dans sa théorie de la transition démographique Adolphe Landry explique qu'il existe quatre étapes successives :
- Traditionnelle : Fort taux de natalité / Fort taux de mortalité = Accroissement Naturel faible.
- Palier N°2 : Fort Taux de Mortalité / Mortalité en baisse = Fort Accroissement.
- Palier N°3 : Natalité en baisse / Faible mortalité = Accroissement faible.
- Palier N°4 : Faible natalité / Faible Mortalité = Accroissement faible ou nul (voir inversé)
Ce qu'il faut voir ici, c'est que les pays qui contribuent le plus à l'accroissement de la population mondiale sont dans la seconde phase et ont besoin de temps pour changer les habitudes (beaucoup d'enfants car forte mortalité auparavant)
Quand ce palier sera franchi (étape 3) la population va se stabiliser.
Les modèles qui annonçent de manière alarmistes une population mondiale de l'ordre de 12 à 15 millions dans un futur proche semblent farfelus.
Ce sujet mérite réflexion, mais comment concilier le droit des peuples à faire autant d'enfants qu'ils le souhaitent (même si on peut se poser des questions sur le choix des femmes à réguler ces naissances). A mon sens le manque d'informations est crucial auquel s'ajoutent les religions de certains pays et sans doute l'indifférence des hommes à cette situation étant entendu que ce sont les femmes qui supportent le poids de ces maternités à répétition
Nous pourrions (peut-être) nourrir 12 milliards d'habitants en pérennisant "notre" agriculture chimique et mécanisée et en continuant d'acheminer la nourriture dans les régions "défavorisées". Mais qu'en sera-t-il lorsque nous n'aurons plus de pétrole ? Il me semble que la FAO est bien imprudente dans ses annonces.
Maintenant, même si la question alimentaire est importante, elle n'est pas la seule a être impactée par la poursuite de l'explosion démographique. Celle de l'énergie et du confort de vie qu'elle permet est presque aussi importante et comme il a été dit plus haut, au cours de ce siècle nous ne disposerons plus des énergies fossiles. Les renouvelables suffiront-elles ? On peut en douter, ce d'autant plus que pour faire du renouvelable en quantité, il faut encore un peu de fossile...
Je pourrais aussi parler du changement climatique qui va s'accentuer, de la pénurie d'eau potable, mais je voudrais terminer sur la question de la biodiversité en général et à la faune sauvage en particulier, problématique qui est totalement absente du débat : quelle place allons-nous lui laisser si nous nous approprions tous ses territoires ?
D'après la FAO, les ressources alimentaires mondiale pourraient nourrir 12 milliards de personnes, et pourtant il y a plus d'un milliards de personnes qui souffrent de la faim. L'enjeu alimentaire face à la démographie est donc de savoir comment allons nous partager d'avantage nos ressources alimentaires.
Pour moi, la solution passe par une relocalisation des productions vivrières dans le but d'atteindre pour chaque pays la souveraineté alimentaire.
Jean-Marie (villefranche sur saône)
Bonjour,
Je suis surpris des positions qui envisagent avec optimisme ce franchissement du seuil des 7 milliards.
Surpris que la discussion porte essentiellement, quand ce n'est pas exclusivement, sur le plan alimentaire car il ne s'agit pas que de nourrir les hommes il faut aussi les faire vivre durablement avec le reste du vivant, or il n'y a pas d'échappatoire, il faut laisser de la places aux autres espèces (faunes et flore). Nous avons déjà largement vidé les océans et anéanti la plupart des grands prédateurs. Il n'y aura sur ce point rien à attendre de la technologie, le reste du vivant a besoin d'espace. Avons-nous comme seule perspective d'abattre les forêts, de tuer la faune et de nous entasser ? Est-ce de ce monde-là que nous voulons ?
Enfin un mot néanmoins sur la question alimentaire. On oublie souvent le rôle essentiel des énergies fossiles et du pétrole surtout dans la forte productivité agricole dont nous bénéficions aujourd'hui ( via les engrais, la mécanisation et le transport des produit de zones de production et de consommation toujours plus éloignées). Il se trouve que c'est à la même époque, globalement vers 2050 que le pétrole deviendra une ressource très rare et que l'humanité atteindra 9 milliards de représentants. C'est une véritable tenaille : plus de demande et moins d'offre. La meilleure façon de la desserrer serait de faire baisser la natalité et pour cela déjà de cesser de considérer la question comme taboue de façon à pouvoir lancer partout des programmes de promotion de la contraception.
De façon générale qui peut dire qu'un monde à bientôt 9 milliards sera plus facile à gérer qu'un monde deux fois moins peuplé ? Cela me semble impossible.