Prison © Fotolia - 2012
Á l'occasion de la publication en librairie du Rapport 2011 de l'OIP, Observatoire international des prisons (qui dresse le bilan de la condition carcérale en France)
Invités :
- Marie Cretenot, Responsable de la Permanence juridique de l'OIP, Observatoire International des Prisons
- Véronique Vasseur, ancien Médecin-Chef de la prison de la Santé, co-auteure de "La prison doit changer, la prison va changer, avait-il dit..." aux Editions " Flammarion
- Laurent RIDEL, directeur interrégional des services pénitentiaires
- Et la participation par téléphone de François Bès, Coordinateur de l'OIP pour l'Ile-de-France, et de Christophe Marquès, secrétaire général de FO-Pénitentiaire















Je suis toute à fait d'accord la prison n'arrange rien pour les jeunes qui n'ont pas commis de graves délits. C'est très cher payé quant aux peines que les juges leur inflige. C'est à la tête je pense et ils ne cherche pas à comprendre ....Ils
Se débarrassent et liquident les dossiers sans rien y comprendre parfois ... injustice !!! Ce
N'est que pour détruire ces jeunes et leur avenir et surtout leur vie .....
Bonsoir,
Je suis bien d'accord avec vous en ce qui concerne certaines de nos maisons de retraite et aborder ce sujet nous permettrait d'y apprendre des choses qui ne doivent pas être très "tôlérables" mais cela ne doit pas nous empêcher de constater que les prisons sont des lieux où "l'humain cotôie l'inhumain" (Robert Badinter)....C'était le sujet du débat de ce soir....pas celui des maisons de retraite....
Bonsoir,à quoi ça sert d'incarcérer les gens pour des délits mineurs?Car on se cultive au contact du milieu(quel qu'il soit)l que l'on fréquente;donc en cotoyant des voyous il ne faut pas s'étonner que les détenus sortent plus riches en combines et relations mafieuses. Exemple du film "le prophète".Allons plutôt vers une insertion citoyenne d'intérêt général;les ex détenus sont considérés comme des pestiférés et comment peuvent -ils alors nous le rendre?En continuant à faire des conneries. Et pour les cas insolvables: le retour à un système de bagne pourquoi pas!
c'est en son nom que j'écris.
il y a 15 ans, elle a été violé. elle y pense encore.
et ce soir, elle vient de partir pour ébourrifer ses esprits et étourdir ses émotions.
ne pas vous entendre peaufiner la vie de certains d'entre eux.
Je pense que la seule solution pour limiter la surpopulation carcérale est que les juges utilisent les mesures alternatives à la prison pour certains délits qui ne sont pas très grave. Personnellement je préfère la personne qui détruit mon bien soit condamnée à réparer le préjudice que d'aller en prison etc....
Bonjour,
concernant le travail des détenus, pensez-vous que certaines entreprises peuvent préférer employer dans les prisons que de délocaliser, vu le faible coût de la main d'oeuvre.
Merci
Bonsoir,
Je suis choqué et à la fois honteux d'apprendre que des détenus doivent souvent partager des cellules de 9 m carré à trois ! Et je pense que cet état de fait n'est rien à côté de tout ce que les prisonniers endurent tout au long de leur détention. Tous les témoignages concordent pour nous informer de "l'inhumanité" du milieu carcéral. Mais dans quel pays sommes nous aujourd'hui ? Comment peut on laisser ces femmes et ces hommes vivre dans de telles conditions !!.
Ou aller vous chercher de telles choses "inhumanité", voyez comment cela se passe dans les maisons de retraite, comparez et alors reparlez nous vraiment de ce qui est le plus inhumain.
Bonjour je suis lycéen de première et je fais un TPE (exposé) sur le travail des détenus et j'ai quelques questions :
-Peut-on travailler étant mineur (16-18 ans) ?
-Y a t-il une législation pour les détenus qui travaillent, est elle correctement respectée ?
-Des inspecteurs du travail se rendent-ils dans les prisons constater le travail des détenus ?
Merci
Généralement tous les détenus ne travaillent pas en prison. Surtout en ce moment avec la crise. Par contre les mineurs vont souvent à l'école et font des activités sportives et culturelles. La législation du travail est la même qu'en dehors de la prison sauf les salaire qui sont très bas. Il faut aussi noter que le ménage dans les coursives sont faits par des détenus appelés des Auxis et bien sur au quartier mineur ce sont des mineurs qui exercent cette tache.
Pourquoi personne ne parle jamais des victimes qui elles pour la plupart s'indignent de voir des prisons 5 etoiles pour les criminels et 4 planches de bois pour les victimes!
Citez moi les prisons cinq étoiles. C'est une légende, allez visiter des prisons vous changerez peut être d'avis!
Bonjour,
Je travaille en milieu pénitentiaire.
Quand on parle de surpopulation carcérale, il me semble important de préciser que ce sont les magistrats qui décident d'incarcérer, et qu'ils sont informés quotidiennement du niveau d'occupation des établissements de leur juridiction.
D'autre part, que la population pénale a changé ces dernières années, s'accroissant avec des profils de détenus qui pour cause de troubles du comportement liés souvent mais pas systématiquement à la consommation de stupéfiants, auraient prioritairement besoin de soins plutôt que d'enfermement... las la psychiatrie a fermé des dizaines de milliers de lits ces dernières années...et ces comportements inappropriés rendent difficile le travail des personnels.
Et de remarquer aussi que près de 97% des détenus sont des hommes. Qu'à l'intérieur des établissements, y compris parmi certains surveillants perdurent des comportements préhistoriques de machisme, sexisme, homophobie, voire racisme, et que ces comportements, loin de favoriser une socialisation apaisée, contribuent à accentuer les rapports de force et de virilité mal positionnée qui mènent au harcèlement de victimes, au passage à l'acte des auteurs. C'est donc aussi à la source de leurs premières années qu'il me parait important de revoir absolument l'éducation des garçons dans notre société.
Quant à la prévention du suicide, elle est axée sur "empêcher de mourir" et produit peu de résultats... peut-être que donner de l'envie et des raisons de vivre aurait des effets plus positifs...
Nous avons à nous améliorer, c'est bien pour cela que la prison doit être sujet non pas exclusivement des unes de presse à scoop, mais sujet à débat de société, parce qu'elle s'inscrit dans la cité, et qu'elle a vocation certes à écarter pour les sanctionner des individus pendant un certain temps, mais aussi à préparer une meilleure aptitude à vivre en société libre, parce qu'ils sortiront un jour.
DSPIP : directeur - rice d'un SPIP (service pénitentiaire d'insertion et de probation -service à compétence départementale).
Merci à Jeannne pour ces précisions si importantes et si vraies (bien insister toutefois : "certains surveillants", ce n'est pas la grande majorité des surveillants. Et les rapports de force et de virilité mal positionnée peuvent parfois concerner d'autres personnels...).
J'ajouterai :
Arriver à faire toute une émission où pas une seule fois les personnels des SPIP (voir plus haut) : conseillers pénitentiaires d'insertion et de probation, surveillants PSE, personnels administratif, cadres de ces services...) ne sont mentionnés confirme que, dans notre pays, la prison reste, malheureusement, le seul étalon. Même le représentant de l'administration pénitentiaire n'a pas cité une seule fois ces (ses?) personnels.
A quand une émission non plus sur la prison mais sur les SPIP ??? et pourquoi ne pas l'appeler "question sur le travail et la situation dans les SPIP?
J'attends la sonnerie du téléphone...
Les conditions de réinsertion des personnes incarcérées se sont-elles vraiment améliorées depuis le vote de la loi pénitentiaire ?
Les prisonniers ont-ils droit à la parole ?
Personne ne parle jamais des suicides des sortants de prison. Mon fils vient de commettre l'irréparable pour lui-même. Ni voleur, ni violeur, ni trafiquant, il n'avait commis que des délits mineurs liés à l'ivresse ou à la possession de cannabis.
Bonsoir; je désirerais apporter un témoignage
Robert Badinter a écrit :
Je pense souvent au moment de m’endormir, à ces nuits
carcérales. Car la nuit en prison est très longue.
La nuit est sonore, les grincements de verrous, les pas des
hommes qui passent dans les couloirs, les cris, les pleurs…
Chaque soir, je pense que les vaisseaux carcéraux entament
leur voyage dans la nuit...
Mais cela ne préoccupe pas beaucoup, ni les consciences, ni
les rêves ».La prison est un monde hors du Monde .l'Humain cotôie l'inhumain.
Je suis "visiteuse de prison"; je me rends chaque semaine dans un centre pénitentiaire et je rencontre de manière libre et régulière des personnes incarcérées, personnes en instance de jugement ou personnes condamnées. Ces personnes, le plus souvent sans famille, sans amis, Français ou étrangers, viennent discuter avec moi, me confier leurs attentes, leur douleur, leurs regrets, leur désarroi, leurs colères aussi face au monde carcéral qui les détruit plus qu'il ne les reconstruit. Je ne les juge pas et ne cherche pas à savoir pourquoi ils/elles sont là. Pourquoi tant de récidive? parce que l'enfermement ote l'humanité et la dignité à l'homme; les prisons sont surpeuplées, les personnels sont insuffisants ainsi que les médecins. Des solutions alternatives à la prison existent mais ne sont que très rarement mises en place; et pourtant! Une place en prison coute 80 € à la population française, un "bracelet électronique" ... 5€ !! le travail manque; celles et ceux qui en obtiennent n'ont que des tâches répétitives et sans intérêt et qui ne les inciteront pas à leur sortie à reprendre une réelle activité . Enfermer ne sert qu'à rassurer les Françaises et les Français plus dans un but de vengeance que de réelle justice. Ces personnes incarcérées ne sont pas des "anges": ils ne sont que des êtres humains dont le parcours de vie s'est brisé comme il pourrait advenir à chacun d'entre nous. Nous devons, justement au regard de ceux qui "ont peur", les réinsérer dans la société afin qu'ils ne récidivent pas; nous devons leur faire reprendre confiance et ne pas oublier qu'ils doivent être traités avec dignité
Si vous désirez me contacter : 04 90 82 15 23
Je suis conseillère d'insertion et de probation depuis + de 20 ans. Je travaille en milieu ouvert au sein d'un SPIP ( service pénitentiaire d'insertion et de probation) qui sont composés de personnels appelés Conseillers pénitentiaires d'insertion et de probation. En prison comme en milieu ouvert nous étions identifiés : travailleurs sociaux . Depuis la promulgation du décret n° 2011-1876 du 14 décembre 2011 qui retire ( cela avait été oublié dans les derniers textes pénitentiaires ) de l'article D 533-1 du CPP les termes"travailleur social" pour évoquer ici le professionnel chargé du suivi des libérés conditionnels, il n'y a donc plus de travailleurs sociaux pénitentiaires( en dehors des rares assistantes sociales qui se convertissent en CIP) mais des personnels qui font de la criminologie car il s'agit aujourd'hui d'orienter nos missions vers la NON RECIDIVE. Comme si nous avions une baguette magique.( quand on sait qu'en France 1 enfant sur 20 est abusé sexuellement entre l'âge de 0 à 18 ans et qu'il n'y a aucune prévention en milieu scolaire pour empêcher la reproduction des passages à l'acte par des victimes qui veulent sortir de ce statut)
Les outils du travail social nous donnaient une légitimité auprès de nos publics justice qui voyaient en nous des artisans d'une dynamique d'insertion tout en restaurant le rapport à la loi , conséquence positive de cette dynamique qui passe par la valorisation des personnes dans la croyance et la confiance redonnée à se dire: je suis capable.
La surpopulation carcérale : aujourd'hui ne permet plus ce travail et c'est dans l'abattage que les collègues de milieu fermé essaient de remplir leurs missions.
Un surveillant de Seysses ( Maison d'Arrêt de Toulouse) vient de mettre fin à ses jours et il avait dénoncé publiquement ses conditions de travail ..
Pour rappel : le taux de suicide des personnels pénitentiaires est de 31% supérieur à celui de la population générale ; celui des personnels de surveillance est de 15.5 % supérieur à celui de la Police Nationale , statistiques officielles 2005/2009 ( source CGT pénitentiaire).
Les statistiques nous disent aussi qu'il n'y a que 20 % de personnes dangereuses en détention
Un pourcentage important de psychotiques ( 30 %) rend la vie entre les murs insupportable pour ces malades comme pour les personnels . Il n'y a pas assez de médecins pour les soins psychiques comme pour les autres
Enfin sachez qu'il n'y a que très peu de places d'hébergement pour ces publics et que c'est par le 115 que nous sommes amenés à aider en urgence les sans abri à occuper une chambre d'hôtel où ils ne seront pas seuls...et pas pour longtemps..
Au 01 12 2011 : 57255 places opérationnelles / 65300 personnes détenues
- 10 établissements ou quartiers ont une densité supérieure ou égale à 200 %,
- 27 établissements ou quartiers ont une densité supérieure ou égale à 150 et inférieure à 200 %,
- 55 établissements ou quartiers ont une densité supérieure ou égale à 120 et inférieure à 150 %,
- 31 établissements ou quartiers ont une densité supérieure ou égale à 100 et inférieure à 120 %,
- 122 établissements ou quartiers ont une densité inférieure à 100 %
(Statistiques du Ministère Justice sur le site)
Où sont logés les détenus qui sont au delà des 100 % de la capacité de l'établissement ?
Exemple : pour une cellule de 9 m2 deux lits … et un matelas par terre pour le 3ème …
Monsieur Ridel doit pouvoir vous donner des précisions sur les autres cas de cellules très collectives.
Association de prisonnier
J'VEUX M'EN SORTIR - association d'aide et de soutien aux sortants de prison
Meil:jveuxmensortir@free.fr
http://www.j-veux-m-en-sortir.org
Tel:0640329986
Ancien prisonnier de la vieille prison de Perrache ayant vécu le transfert dans la nouvelle prison de Corbas je connais très bien l'horreur carcérale où toute humanité est niée. Je suis tout à fait prêt à témoigner dans votre émission
tel 04 78 42 90 16 ou 06 87 13 70 78.
Je suis le président de l'association "renaitre PJ2R" (pour une justice résiliente et réconciliante) dont le conseil d'administration est composé statutairement uniquement de personnes ayant connue la détention. les autres membres viennent de tout horizon.
le 12 janvier à 20h30 il y a un concert de soutien aux prisonniers au 21 ter rue de voltaire Paris 11. il est co-organisé par nous et ban public. Viendront parlé à l'entracte, outre les 2 assos, Laurent Jacqua et Hafed Benotman