salon littéraire © Radio France - 2011
Connaissez-vous Sylvain Maréchal ? En 1801, ce fervent révolutionnaire de la première heure, rédige un projet de loi au titre éloquent, « Projet d’une loi portant défense d’apprendre à lire aux femmes »… On croit rêver ! Et pourtant ce n’est pas une blague…
"Considérant : Combien une jeune fille qui sait lire a de peine à résister à la tentation de jeter les yeux sur les lettres d’amour d’un séducteur éloquent."
"Considérant : Combien la lecture est contagieuse : sitôt qu’une femme ouvre un livre, elle se croit en état d’en faire. »Interdisons donc aux femmes d’apprendre à lire… !
Bien sûr, le projet de loi passa aux oubliettes ; et les femmes (du moins celles qui savaient lire) purent reprendre leur coupable activité… Mais pourquoi tant de haine ?
Aujourd’hui, alors que s’est ouverte cette semaine la saison des prix littéraires, je reçois 3 femmes qui aiment les livres ; et qui aiment les femmes qui aiment les livres : d’abord Chantal Thomas. Ecrivain, auteur de romans et d’ouvrages sur le 18ème siècle… En 2002, son livre « Les adieux à la reine » sur Marie Antoinette a reçu le prix Fémina. Elle vient de publier un petit livre passionnant chez Payot-Rivages « L’esprit de conversation » consacré aux salons littéraires, ces lieux à part qui dans la société d’Ancien Régime étaient orchestrés par des femmes.
Je reçois également Sylvie Ducas, maître de conférences en littérature française à l’université Paris Ouest Nanterre la Défense et spécialiste de l’histoire des prix littéraires. Notamment celle du prix Femina : un prix pas comme les autres, créé en 1905 par des femmes de lettres…
Et enfin, la troisième femme de ce triptyque littéraire, c’est Laure Adler : Journaliste et écrivain. Qui vient de publier deux livres aux titres choc qui auraient fait suffoquer de rage Sylvain Maréchal : un « Manifeste féministe » chez Autrement et (chez Flammarion) « les femmes qui lisent sont de plus en plus dangereuses »…

















Je suis absolument d'accord avec vous!!
pourquoi votre invitée, et vous même semble-t-il, préfère le masculin au féminin? En allant à des colloques, j'entends de plus en plus de jeunes femmes se nommer maitresse de conférence.
Les mots ont le sens que nous leur donner. Lara Adler vient de dire que les femmes sont invisibles. Nommons les déjà au féminin, cela ne peut que les rendre plus visible
Huguette