Manif à REYKJAVIK Nov. 2008 © Radio France - 2012
« Ca va s'arranger » c'est ce que se disent tous les Islandais. Après tout, ils en ont vu d'autres. Personne n'est mort. Ce n'est que de l'argent comme disait Gudrun la semaine dernière. Et en plus d'après le Fond Monétaire International c'est en train de s'arranger. L'inflation est maitrisée, la crédibilité fiscale restaurée, la croissance positive. L'Islande sort de la crise, l'Islande est sur la voie du désendettement, L'Islande est en rémission, c'était d'ailleurs le titre de la dernière conférence du FMI en octobre dernier à Reykjavik.
Et pourtant les islandais ne vont pas bien. Crise morale, déception, perte des illusions. C'est un début d'explication. On pourrait dire aussi qu'après trois ans d'économie drastique, les islandais eux ne sont pas sortis de la crise. Chômage, baisse des salaires, augmentation des prix, indexation des prêts sur l'inflation. Si leurs banques vont mieux, les islandais eux sont endettés jusqu'au cou. Ils ont l'impression d'être aux mains de banquiers et de ne travailler que pour les rembourser.
Deux chiffres : 20% des foyers ne peuvent plus honorer les traites de leurs emprunts et 40% sont en grande difficulté pour rembourser. L'année dernière les biens des islandais ont perdu tant de valeur que leurs dettes sont devenus supérieures à la valeur de leurs biens.
Pendant mon séjour à Reykjavik, je n'ai pas rencontré un seul islandais qui ne soit pas touché par des difficultés financières. Pas un, au détour de chaque conversation, c'est un homme qui a perdu toutes ces économies, une femme qui a perdu son logement parce qu'elle ne pouvait pas payer le solde de son emprunt, un écrivain connu qui ne s'en sort plus, empêtré dans ses crédits, il a beau remboursé ses dettes, elles ne font qu'augmenter. Ça c'est l'envers du décor, ce que le FMI ne dit pas.
Arni Thorarinsson est journaliste et auteur de polars, il n'est pas comme il le dit l'employé de l'office de tourisme islandais, et son regard sur la société islandaise aujourd'hui est sans appel.
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Les traductions de l'émission sont assurées pas Eric Boury.



















Très belles confessions ... j'invite un maximum de personnes à écouter cette émission pour réfléchir un peu plus longuement sur les effets d'annonce autour de la reprise de croissance en Islande ... en effet même si quelques indicateurs économiques sont à la hausse c'est exceptionnel d'entendre les citoyens islandais parler de leur propre expérience de vie aujourd'hui ... on est très loin de ce que nous raconte le FMI via les dépêches de l'AFP ... but "it's OK honey .. it"s only money !"
Un petit laboratoire de 300 000 Ames
avant que de s'attaquer à de plus gros morceaux : Irlande, Grèce, Portugal, Espagne, Italie, France......pour tester la capacité des peuples à encaisser la "crise" sans (trop) se révolter tout comme le Chili a servi de "laboratoire" aux économistes de l'école de Chicago.
Oui, mais vous vous trompez : c'est un laboratoire anti-libéraln ce que le reportage de Zoé ne montre pas, mais pas mais pas du tout.
Je vais continuer d'acheter (et lire) des bouquins d'Arni pour qu'il puisse éponger ses scandaleux crédits !
Très charmantes et un peu triste, ces islandaises que Zoé Varier fait parler. À moins que j'ai raté une phrase pendant un moment d'inattention, je n'ai pas entendu un mot sur la réactivité politique de ce peuple par rapport à leur constitution! Je voulais entendre où s'en est leur nouvelle constitution qui remplacerait celle de 1944 héritée des danois!
Anton, en Bretagne profonde.
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