Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la science-fiction ne broie pas toujours du noir. Certaines œuvres envisagent même des mondes complètement utopiques. Égalité parfaite entre les Hommes, avancées considérablement bienfaisantes de la science, paix et progrès social sont au programme de ces futurs possibles, rêvés par les auteurs.
L'idée d'un monde utopique n'est pourtant ni nouveau, ni l'apanage de la seule science-fiction : Platon avec sa République en était l'un des précurseurs. L'intervention de la science dans ces utopies est toutefois plus moderne et celle-ci est aujourd'hui partie prenante de ces mondes meilleurs nouveaux.
Les Utopies dans la science-fiction sont au cœur de cet On verra ça demain avec notre chroniqueur, expert SF, Simon Assoun et nos invités Antoine Buéno, Ugo Bellagamba et Yannick Rumpala (ces deux derniers étant en duplex depuis les studios de France Bleu Azur, à Nice).
Le 10 août prochain, l'émission Pendant les travaux, le cinéma reste ouvert se demande "Pourquoi la science-fiction broie toujours du noir"... A découvrir.









































Bonjour,
Merci pour votre émission, et surtout d'avoir parlé de Iain M. Banks !
Je voudrais également citer deux oeuvres qui décrivent des Utopies un peu différentes de celles qui ont été dépeintes dans l'émission.
* Tout d'abord "Kirinyaga", de Mike Resnick, qui raconte comment un groupe de Kenyans, au XXIVe siècle, quitte une Afrique trop occidentalisée pour recréer une société traditionnelle sur un planétoïde terraformé. J'ai beaucoup aimé ce roman qui pose un tas de questions justement sur ce qu'est une Utopie, et sur le prix à payer pour la préserver.
* Deuxièmement, dans le roman "L'Enigme de l'univers", par Greg Egan, l'action se déroule sur une ile appelée "Anarchia", qui a été créée de toute pièce dans l'océan Pacifique par des ingénieurs à partir d'organismes génétiquement modifiés. Comme ces OGM ont été volés, et pour cause de piratages ou diverses violations de brevets et de propriétés intellectuelles (des Anonymous du futur, on dirait), l'ile d'Anarchia est mise au ban de la communauté internationale. Mais dans le même temps elle devient le refuge de tous les libertaires de la planète et de tous les peuples du pacifique chassés de leurs iles à cause de la montée du niveau des océans. Selon moi, un exemple d'Utopie "réussie". Cela dit, l'Utopie n'est pas le thème central de ce roman.
Vous parlez de l'amour dans les sociétés utopiques qui ne peut être vécu par le libre arbitre des citoyens et donc régit par les "gouvernants" de ces sociétés selon des règles visant à la perfection. Il aurait été intéressant de citer "La Nuit des Temps" de Barjavel qui en donne un bon exemple.
Parallèlement, je serai intéressée d'entendre vos invités discuter des sociétés utopiques et de ce qui les distingue réellement des sectes, des dictatures. Quelle est la place du libre arbitre des citoyens?
N'oubliez pas "Nous autres" 1924, du russe Zamiatine (l'hérétique !), une formidable anti-utopie, qui en a inspiré beaucoup !
Et Libertalia, n'est-ce pas une utopie à construire chaque seconde de notre existence?
Attention dans la SF il y a une direction (les trans-humanistes) qui va directement vers un fascisme caché, ex la scientologie de Ron Hubbard...
Libertalia est le nom d'une colonie fondée par des pirates sur l'île de Madagascar, qui aurait existé pendant environ vingt-cinq ans à la fin du XVIIe siècle, sans que l'on sache vraiment s'il s'agit d'une légende. L'histoire de cette colonie apparaît pour la première fois dans "Histoire générale des plus fameux pirates", du capitaine Charles Johnson (probablement un pseudonyme de Daniel Defoe). Le Capitaine Misson aurait voulu faire de sa colonie une société idéale sans esclavage, où tous les hommes sont égaux et où l'opinion de chacun est respectée.
Bonjour, je vous écoute attentivement, et une remarque récurrente m'interpelle. Vous mentionnez à plusieurs reprises que le régime politique "idéal" et le seul possible en Utopie, c'est le régime communiste. Mais ce régime en autarcie et en autogestion ne correspondrait-il pas plutôt aux critères sans état dominant de l' anarchie qui prône l'autogestion justement ? Ne serait-on pas plus proche de Lafargue que de son beau père Marx ?
Lafargue était socialiste : exilé en Espagne après 1871, il cherche à y diffuser les thèses marxistes au sein de la classe ouvrière espagnole plus proche des idées anarchistes ; il représente l'Espagne au sein de la 1ère internationale ; il fonde, avec Jules Guesde, le Parti Ouvrier ... pourquoi en faire un anarchiste ?
Et l'abbaye de Thélème ?
Vous parlez de Cyberpunk, et pourtant dans votre liste d'oeuvres, vous n'intégrez pas la plus grande oeuvre Cyberpunk du début du XXIème siècle, à savoir "Ghost In The Shell"
Film d'animation japonais qui se passe dans un Tokyo futuriste ou l'on suit une unité d'élite de la police qui n'opère pas dans leurs corps de naissance, mais qui ont vu leur conscience transférés dans des corps synthétiques, avec des "composants" bien plus performants.
Ce film pose toute la question de l'âme, de ce qui fait de nous des êtres humains, et ou commence l'humain et ou finit la machine !
Je pense que vos invités pourraient en discuter (ils connaissent sûrement déjà)
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