Soit la rencontre hypothétique entre deux génies du comique français, Louis de Funès et Jacques Tati. Le premier a fait de la veulerie de ses contemporains son carburant comique, tandis que le second a choisi de les observer à la loupe, comme une espèce insolite, se débattant avec cette France un peu absurde qui, à la fin des années 1950, s'abandonne à la technologie et au progrès domestique. Si Tati a très vite reçu les honneurs de la critique, De Funès reçut ceux du public : il fut, et demeure, le comique préféré des Français, un champion du box office dont la plupart des films, de La Grande Vadrouille au Corniaud, en passant par Le Gendarme de St Tropez ou Oscar appartiennent au patrimoine national.
"Comme vous le voyez, tout communique !" s'exclame Madame Arpel dans le film de Tati, Mon Oncle, si fière de sa villa ultra design, aussi chaleureuse et conviviale qu'une cellule capitonnée. Et si, passé la ligne Maginot tracée par la critique institutionnelle, les mondes de Tati et de De Funès avaient secrètement communiqué?
A priori, tout semble séparer Mon Oncle de La Grande Vadouille, Les Vacances de Monsieur Hulot des Aventures de Rabbi Jacob, ou encore Playtime de Fantomas. Pourtant, si l'on prend la peine d'y regarder d'un peu plus près, d'étranges liens apparaissent.
Avançons alors une hypothèse : à droite, Louis de Funès, corps électrique et râleur, pape incontestable d'un cinéma populaire mais hanté par le fantôme de la modernité, à gauche, Jacques Tati, auteur d'une oeuvre avant-gardiste mais travaillée, elle, par une forme de populisme sceptique. Alors, Monsieur Hulot aurait-il trouvé sa place au milieu des petits chefs irascibles interprêtés par Louis de Funès ? Comment Charles Duchemin, le guide gastronomique de L'aile ou la cuisse, se serait-il comporté dans l'environnement aseptisé de Playtime ? Au fond, qui, de ces deux hommes orchestres, aurait été le plus drôle ?
Vous l'aurez compris, aujourd'hui, dans Pendant les travaux, le cinéma reste ouvert, c'est Pouic-Pouic et Jour de Fête.
Instant B.O. : L'aile ou la cuisse, Vladimir Cosma, 1976
Il fut, et demeure, l'un des compositeurs les plus prolifiques du cinéma populaire français, plus de 200 musiques de films, auteur de mélodies enlevées et efficaces qui, dès l'écoute, semblent trotter dans votre cerveau depuis toujours. C'est tout naturellement, que Vladimir Cosma croise, au cours des années 70, la route de Louis de Funès. En 1976, ce violoniste et chef d'orchestre roumain qui a fait ses études au conservatoire de Bucarest, compose pour Claude Zidi la musique de L'aile ou la cuisse.


































Mais enfin ! les auteurs de l'émission posent la question pour faire réagir des invités et se gardent bien de donner leur réponse personnelle - et d'ailleurs ils n'en ont pas : l'idée est de lancer le débat.
De plus, ils prennent toujours soin avec humour de demander si la question qu'ils posent a un sens ! Oui, elle en a un : celui d'une réaction (au sens chimique !), d'un angle de vue insolite, inattendu sur des sujets plus ou moins connus.
Reconnaissons-leur ce mérite, au moins, qui est rare !, et même si la qualité et l'intérêt peuvent varier d'un émission à l'autre - et ce sont d'ailleurs certainement des critères d'intérêt personnel à chacun.
je répondais particulièrement au 1er message de cette rubrique, par Lepol
J'abonderais dans le sens des deux commentaires précédents.
Je félicite les instigateurs d'une telle émission ! J'apprécie tout particulièrement la diversité des invités (Angelier, Benolliel, Saada etc...) et des sujets traités (de Die Hard à Renoir). On va tout de même pas cracher sur une vraie émission de cinéma, d'un très bon niveau critique malgré une durée aussi limitée. Elle atteint parfaitement son but en tout cas: donner l'envie de débattre et de refaire l'histoire du cinéma.
J'ai trouvé que c'était l'une des meilleures émissions depuis le début.
Haute tenue critique, ambiance chaleureuse, bande-son parfaite.
Connaissez-vous beaucoup d'émissions de cinéma, quotidienne de surcroît, de ce niveau ? Moi pas.
Je trouve les deux commentaires précédents injustes, vu la qualité du débat, mais très représentatifs d'un certain état d'esprit aigre vis à vis de tout discours critique. D'un côté, on nous dit "je m'en fiche de vos évaluations, je n'ai pas besoin de vous pour aimer De Funès" (tout à fait d'accord sur le fond) et de l'autre on se sent quand même obligé de réagir aux propos tenus et de les dévaloriser avec les sempiternels reproches de parisianisme, de boboisme ou de France d'en bas. Pas un mot évidemment sur le contenu du débat (l'analyse de la démocratisation des figures de comiques entre le muet et Tati) qui nous change pourtant des discours promotionnels ou des analyses creuses type "j'aime ou j'aime pas" malheureusement plus habituels sur ces ondes. On est ensuite libre d'adhérer ou non à ce discours critique (c'est même le principe du débat; que les positions critiques évoluent avec le temps, c'est d'ailleurs le signe que rien n'est jamais figé dans le marbre en matière de goût) sans se sentir frustré ou complexé ou sans nous resservir le goût majoritaire comme seul argument....
Je trouve les deux commentaires précédents injustes, vu la qualité du débat, mais très représentatifs d'un certain état d'esprit aigre vis à vis de tout discours critique. D'un côté, on nous dit "je m'en fiche de vos évaluations, je n'ai pas besoin de vous pour aimer De Funès" (tout à fait d'accord sur le fond) et de l'autre on se sent quand même obligé de réagir aux propos tenus et de les dévaloriser avec les sempiternels reproches de parisianisme, de boboisme ou de France d'en bas. Pas un mot évidemment sur le contenu du débat (l'analyse de la démocratisation des figures de comiques entre le muet et Tati) qui nous change pourtant des discours promotionnels ou des analyses creuses type "j'aime ou j'aime pas" malheureusement plus habituels sur ces ondes. On est ensuite libre d'adhérer ou non à ce discours critique (c'est même le principe du débat; que les positions critiques évoluent avec le temps, c'est d'ailleurs le signe que rien n'est jamais figé dans le marbre en matière de goût) sans se sentir frustré ou complexé ou sans nous resservir le goût majoritaire comme seul argument....
Je pense que le grand bourgeois qu'était De Funès n'a jamais cherché la reconnaissance de la critique, justement parce que la critique est au public ce que la bourgeoisie est au prolétariat, une forme de gouvernance autoproclamée de l'esprit, du bon goût, celle qui saurait ce qu'est un bon film.
Je me marre en pensant à tous ces gens qui ont ri aux larmes, moi le premier, devant les films de De Funès en se foutant pas mal de savoir s'ils regardaient un mauvais ou un bon film selon les critères sérieux des critiques sérieux. La gravité est le bonheur des imbéciles disait Montesquieu.
De Funès est donc probablement un tyran pour les critiques mais un philanthrope pour le public.
Bonjour,
vous me faites rire vraiment ! Les Bobos ou Bo tout court c'est plus simple, ceux de Montreuil ou d'ailleurs qui envahissent tout notre univers... ces bobos réhabilitant Funès et le comparant à Tati... ouais, pourquoi pas ? Moi je m'en fiche, je n'ai pas besoin d'étiquette, alors que vous les Bo's... très important pour vous n'est-ce pas ? Vous nous aurez tout fait, sauf des choses intéressantes. Tiens au fait le Funès d'aujourd'hui, c'est quoi : les Chtis ? oh quelle horreur, oh non on ne peut pas compare, alors que vos opinions sur Funès à l'époque étaient exactement du même ordre que ceux qu'on a entendus des même Bo's (allez Bourgeois disons le, aïe, ouille, "Maman", j'ose pas assumer mes origines et mon côté coinçosse !).... dans les années 70/80's....
Soyez juste un peu honnêtes de temps en temps !
Décoincez vous, soyez naturels, le cinéma, c'est de la création, de la liberté, on s'en fout de vos dissertations niveau Master 1 ou 2, je sais plus....
Grrr et patte de velours quand même ! j'adore le cinoche donc des fois ça m'agace vos explications de texte avec la mauvaise foi par dessus. Que tout le monde n'aime pas Tati c'est normal, c'est tout et que Funès soit plus accessible, c'est plus normal aussi. Point barre ! De là, à réhabiliter à votre manière 30 ans après, j'adore, il faut que les gens meurent, comme tous les artistes n'est-ce pas ! Il faut crever pour plaire aux Courtisans ... ça n'a pas changé, eh oui !
J'oubliais "Des pissenlits par la racine" : toujours De Funès dialogué par Audiard...
De Funès a joué dans "Un drôle de caïd" et "Le gentleman d'Epsom", tous deux dialogués par Michel Audiard...
Je suis vraiment choqué par la présentation partielle et partiale que vous avez faites en début d'émission de l'"afffaire Goudet" : il n'a jamais été question pour dominique Voynet de débarquer Stéphane Goudet qui fait un travail remarquable. Stéphane Goudet n'a jamais été que directeur artistique de la salle à mi-temps, depuis son recrutement en 2002. Or le cinéma va déménager et doubler de taille et il faut un directeur administratif à plein temps pour gérer ce gros équipement municipal, comme dans la plupart des gros équipements culturels. Donc ce qui a été présenté comme un arrangement gagné de haute main grâce à la pétition n'est rien d'autre que ce qui est proposé depuis le début! Voilà la vérité, certes moins sexy que votre présentation, mais ne devez-vous pas donner des informations complètes à vos auditeurs?
L'association Renc'art au Méliès, dont je fais partie, s'est battue pour éviter l'éviction de Stéphane Goudet et, grâce à une mobilisation très large a fait reculer Dominique Voynet. Pendant 10 ans, Stéphane Goudet a été le directeur (tout court) très efficace et très apprécié du Méliès. Le voilà directeur artistique. Voynet voulait recruter à sa place un autre directeur (tout court) qui aurait eu Stéphane Goudet sous ses ordres. Elle va finalement recruter un directeur administratif, ce qui est très bien. Si elle avait commencé par là, il n'y aurait pas eu d'affaire Goudet. Et il est assez désagréable de l'entendre répéter partout qu'elle n'a jamais voulu évincer Stéphane Goudet. Oui, elle a essayé. Elle y a renoncé. Tant mieux !
ça va pas non ? arretez vos evaluations ! c'est quoi cette instance supérieur qui s'arroge le droit de décider que le meilleur film d'hitchcock est celui là et puis aussi qui est le plus drole le tyran ou le démocrate ? faites gaffe Mr thoret a ne pas devenir le gourou moderne de la pensée cinématographique actuel à tendance normative !