Service public
par Guillaume Erner
du lundi au vendredi de 10h à 11h

l'émission du jeudi 13 octobre 2011
Polyamour, amour toujours?
invité(s)
Guilain Omont
Net-entrepreneur, défenseur du polyamour, membre du site polyamour.info
chronique(s)
programmation musicale

Selah Sue
Black Part Love
album : Selah Sue
label : Because Music
parution : 2011

Art Mengo
La mer n'existe pas
label : Columbia
parution : 1995
bibliographie
Amours : histoires des relations entre les hommes et les femmes
de Jacques Attali
éditeur : Fayard
parution : 2007
reportage
Deux garçons, une fille
Une fille, deux garçons. Le témoignage de Méta, Thomas et Aurélien. Tous les trois ont une trentaine d'années et vivent à Paris.













J'adore Jacques Attali, c'est peut-être le plus grand penseur français des XXe et XXIe siècles réunis.
En revanche, je vois mal comment il pourrait être le créateur du terme "polyamour" grâce à son livre de 2007 quand on voit que "polyamory" est utilisée aux Etats-Unis depuis 1990 et en France depuis 1997...
A bon entendeur,
Salut
Et parfois, il se trouve que l'on trouve, comme c'est mon cas, LES personnes avec qui on veut partager sa vie ;)
Et parfois, celles-ci ont d'autres amoureux/amoureuses, amants/amants et trouvent tout de même le temps et la force de nous aimer au mieux...
la conclusion est simple en cette matière: il n'y a pas de règle!
REPONSE A META
"On fait comment?" Mais c'est à vous d'apporter la réponse et elle me semble fort se payer de beaucoup de mots pour des justifications fort alambiquées(voir votre réponse à AUDE). Ne vous méprenez pas je pense que vous assumez parfaitement votre situation.
Votre conclusion sur la jalousie est étrange et semble relever soit de la sainteté absolue soit du plus pur masochisme. Il me semble que pour transcender cette jalousie il ne vous reste que l'autocritique alliée à la réprocité des aventures (réponse à AUDE)
Mais c'est précisément ce "comment" qui a trouvé sa solution pour moi dans le polyamour. Je ne cherche pas à justifier quoi que ce soit, mais à apporter à Aude les réponses pratiques que j'applique aux questions qu'elle pose. Il est vrai, en revanche que le polyamour demande beaucoup de mots et de travail sur soi ; cela ne fonctionne qu'à force de dialogue honnête et empathique avec ses partenaires.
Il n'y a pas plus de sainteté ou de masochisme à refuser d'imposer aux autres ses pulsions de jalousie que pour n'importe qui qui préfère faire confiance à ceux qu'il ou elle aime.
Que de grands mots pour justifier la multiplicité des désirs. Assumez que diable que vous désirez papilloner sexuellement ailleurs, car je suppose que vos polyamours ne sont pas chastes. Ensuite tout est affaire d'adultes "consentants" (entre guillemets puisque ceratins adeptes deviennent jaloux de la liberté de l'autre)
Ce serait si simple s'il ne s'agissait que de "papillonner sexuellement"! Lorsque le papillonnage sexuel évolue en relation amoureuse tout aussi profonde et durable que la relation initiale, on fait comment?
Nous vous donnons vraiment l'impression de ne pas assumer?
Quant à être jaloux, cela n'enlève rien au consentement, on ne demande pas aux autres d'agir différemment en fonction de sa propre jalousie.
Parler de polyamour alors qu'on n'a pas défini l'AMOUR.?
Il y a un seul mot pour des choses très différentes. L'amour pour ses enfants n'a RIEN à voir avec l'amour sexué. La comparaison de Jacques Attali tombe toute seule. L'amour pour son amoureux(se) n'a rien à voir avec l'amour de DSK pour les femmes. Ou l'amour de quarante ans pour sa compagne de toujours avec l'amour pour sa "secrétaire" de vingt-cinq ans. Ou l'amour pour son chien. Pour sa mère. Pour son frère. Ou pour les fraises haribo. Ou pour le Japon comme Hervé Pochon. Le français manque de nuances sur le sujet. Du coup on peut dire n'importe quoi et s'insurger contre n'importe quoi...
Auditeurs, lecteurs, animateurs;
Etudiante en ethnologie, à l'écoute de l'émission,
je suis étonnée que Françoise Simpère ne soit pas citée ce matin à l'antenne de France inter !! Exemple de vie longue de polyamour depuis plus de 20 ans, au moins.
Autre chose : une confusion entre l'amour et la passion fausse le débat, très souvent. Vivre en polyamour est une philosophie de vie qui grandit avec nous, mûrit dans le temps. C'est un acte d'amour pour le monde, de thérapie, un choix de vie qui implique un engagement de soi et de l'autre dans une conscience de ses émotions, ses traumatismes en résumé : la responsabilité de sa vie.
Sortons des vieux schémas de psychologie (relations fusionnelles, solitaires, ...etc), voyons la relation à l'autre comme une relation à soi qui est multiple !
La seule difficulté : voir la réalité en face. Être sincère.
Si on le vit sereinement, alors notre entourage en sera affecté dans ce sens.
J'en fais l'expérience, jeune certe néanmoins certaine.
Car une nouvelle génération est là.
Merci de votre attention à ces paroles.
n'est-ce plutôt pas un choix masculin..? existe t-il de la poésie dans polyamour??
Faut être deux pour danser le tango! C'est un choix ni masculin ni féminin. Quant à la poésie, la semaine dernière, un de mes amoureux m'a envoyé son cœur (symbolique) par la poste.. alors que nous vivons sous le même toit! La poésie est intrinsèque à une relation ; c'est plus relatif aux personnalités de chacun qu'à la structure des relations sentimentales.
Dans polyamour, il y a "amour". Je crois que cette phrase de Guillaume Erner résume bien toute la problématique du polyamour.
Certains le vivent en véritables amours plurielles, d'autres vivront un "grand amour" avec des amours satellites... il y a autant de formes de polyamours que d'amours, vouloir le réduire à une seule "forme" identifiée est réducteur et faux.
Le polyamour n'est polyandrie ni polygamie.
Que certains déclarent ne pas "croire" au polyamour comme d'autre déclaraient ne pas "croire" à la rotondité de la terre en s'accrochant à tous les arguments possible, traduit plus leur peur de cette chose qu'ils ne comprennent et à l’aune de laquelle il ne veulent voir remettre en question "leur" amour"... n'est-ce-pas leurs craintes qu'ils matérialisent ainsi ?
Comme pour tant d'expériences humaines, tant qu'on est pas passé de l'autre côté on peut difficilement le comprendre.
L'amour pour l'autre est un mot utilisé pour signifier le désir sexuel pour l'autre et est directement issue de pièces de théatre... qu'est ce que l'amour sinon la capacité de laisser les personnes pour qui on a de l'affection être et faire sans que leur attitude nous donne satisfaction à l'inverse de la jalousie qui serait le fait de ne pas supporter que les personnes pour qui on a de l'affection puissent être heureux sans qu'on en soit la source, et l'amour la sexualité n'est elle pas un jeux avec le plaisir et le désir de l'autre???
Mon ex-compagne prétendait être une adepte du polyamour, et m'a demandé de l'accepter. J'ai alors essayé d'avoir moi aussi des relations hors de notre couple et elle est devenue si jalouse que j'ai fini par lui consacrer exclusivement toutes mes ardeurs amoureuses. Elle a continué à avoir un amant, et au bout du compte tout ça n'était qu'un adultère classique, égoïste, ingrat. Elle a fini par partir avec un autre.
Le polyamour, c'est bien joli, mais ça implique que les deux soient aussi fort d'esprit, et dans des relations plurielles en même temps. Sinon, le déséquilibre peut être trop dur à vivre. Cette expérience a été pour moi complètement destructrice.
Derrière ce polyamour, il y a beaucoup de souffrance
Pas toujours.. chez nous c'est beaucoup de bonheur..
Bonjour,
J'aime deux hommes, je suis entre deux eaux, comment présenter le polyamour aux personnes concernées pour ne plus vivre dans l'adultère, avoir deux vies, c'est difficile et usant et le mensonge ronge.
Merci.
L'embrouille est perpétuelle. On a beau se refaire une santé, les autres nous poussent à nous embrouiller par l'impossibilité de supporter l'idée sexuelle ou seulement intime des autres. Alors on prend les devant et on attend pas les autres. Et les autres restent les derniers avec leurs frustrations.
Une des clés passe par la tolérance. l'infidélité ou l'adultère étant un besoin de mise en relief de l'embrouille que nos parents pensaient révoquer définitivement en fabriquant le bébé que je suis en corps ! ! !
Merci
Correction (il manquait le mot mais dans mon premier envoi!)
Amours plurielles pour les nuls
Pour un inventeur, il semble que Jacques Attali, immergé dans son acte socio-créatif, n’ait eu l’opportunité d’étudier la flexion d’amour, au point de nous parler d’ « amours successifs » en lieu d’amours successives. Ca fait mauvais genre pour un spécialiste du pluriel. Le féminin n’est pas un choix mais une obligation.
Cordialement
Guillaume
Amours plurielles pour les nuls
Pour un inventeur, il semble que Jacques Attali, immergé dans son acte socio-créatif, n’ait eu l’opportunité d’étudier la flexion d’amour, au point de nous parler d’ « amours successifs » en lieu d’amours successives. Ca fait mauvais genre pour un spécialiste du pluriel. Le féminin n’est pas un choix une obligation.
Cordialement
Guillaume
Poylamour.... Je comprends les fondements, j'adhère même au principe, théoriquement, raisonnablement....
Mais, concrètement.... comment gère-t-on la jalousie, le senyiment d'abandon, l'image imparfaite que cela renvoie de nous, le sentiment de ne pas être suffisamment attrayant pour satisfaire l'autre?
Cela demande une confiance en soi certaine dont je ne suis pas sûre que tout le monde possède.... En tout cas, pas moi!
On gère :
La jalousie en recherchant en soi les ressorts de cette jalousie, en mettant le doigt sur ce qui nous fait souffrir et en en parlant à son ou ses partenaires. Rencontrer leurs autres partenaires aide aussi à désamorcer les complexes.
Le sentiment d'abandon en restant attentifs et vigilants aux sentiments des uns et des autres, en faisant du temps passé ensemble un échange riche et permanent.
.L'image imparfaite que ça renvoie en prenant conscience qu'on est imparfait sans rechercher une image idéalisée de soi dans le regard de l'autre.
Le sentiment de ne pas satisfaire l'autre en gardant à l'esprit que personne ne représente jamais TOUT pour son partenaire. Je sais que mes partenaires sont heureux avec moi, je sais aussi qu'il trouvent ailleurs des plaisirs différents et qu'ils sont plus épanouis.
La confiance en soi est une chose, l'essentiel, c'est d'avoir confiance dans l'amour que l'autre nous porte et ça ne fonctionne que lorsque cet amour trouve un ancrage dans les gestes quotidiens.
Ceci étant dit, il ne s'agit pas de se faire violence. Nous ne nous sommes engagés dans cette voie avec mes amoureux que parce que nous avions eu l'occasion de vivre des relations exclusives avant et que nous savions être capables de gérer nos amours plurielles. Nous inventons jour après jour une vie qui nous ressemble et ne nous fait pas souffrir.
polyamour , multiemmerdes .
Ce qui est bien avec M Attali , c'est qu'il est au début de tout et à l'arrivée de rien de bien concret .
j'ai vécu seule des années, j'ai vécu des périodes avec plusieurs amants; Je les voyais quand je le souhaitais ils vivaient libres aussi. Je les aimais tous pour des raisons différentes(un artiste, un ingénieur, un créateur, un commercial) ils ne m'apportaient pas les mêmes choses j'étais bien. Je ne posais pas de questions. j'ai déménagé , on s'est parfois revus, on se téléphone toujours on a de beaux souvenirs. je vis très chastement maintenant. mais voilà j'ai encore mes souvenirs ça me tient chaud. On n'a pas souffert, on ne s'est pas fait souffrir, on a pris le meilleur et pourquoi pas? Très enrichissant de connaître des personnalités différentes.
Bonjour ! Vous savez, je ne pense pas que le polyamour soit une mode ! Sartre et Beauvoir en leur temps...en même temps sans les moyens modernes je ne sais pas si j'aurais entendu parler de leur Pacte, de leurs amours nécessaires et contingentes (enfin si, Elisabeth Badinter en parle de temps en temps en interview) aussi vite (J'ai 17 ans). J'aurais sans doute dû me trouver directement un "réseau" de polyamoureux pour en entendre parler. En même temps, je dis ça mais je ne suis pour l'instant dans aucun réseau, car cela reste dur de trouver de l'amour (et non pas l'Amour) à mon âge puisque ma génération (notre société ?) vit vraiment dans un romantisme (assumé ou latent) absolument insupportable. Comment personne ne peut remettre en question les histoires des contes de fée de notre enfance, penser qu'il n'y a qu'un schéma possible ? C'est quand même dingue ! Quand je discute avec les gens je désespère de trouver ce qui me conviendra, angoisse finalement partagée avec toute personne cherchant la suprême forme de l'affection...Dans tous les cas, je ne conçois ni n'envisage pas l'amour autrement.
juste pour préciser que (venant de laisser un commentaire), je ne tiens pas spécialement à être anonyme ;
On n'est pas le même à 20 ans qu'à 30 ou 40 ou 50. Il est normal d'aimer différemment. Aimer n'est pas non plus posséder. Aussi n'est-il pas impossible d'aimer plusieurs personnes simultanément, quoiqu'il y ait plus de désir que de sentiments, à mon sens, d'expérience personnelle. Vivre ensemble, c'est difficile toute une vie. Ma femme a un amant, que je connais, et j'ai moi même mes expériences, sans cachotterie. Nous ne sommes pas des "baiseurs " invétérés. Nous vivons ce que nous avons à vivre, sans jalousie ; nous allons nous marier, et nous vivons pleinement nos vies. Il est surtout difficile de rencontrer LA personne avec qui partager sa vie, et tout se fait dans la plus grande sérénité ...