Le festival du Mot 2012
Alain REY, Président d’honneur du Festival et de la Cité du Mot, présente le festival du mot :
Les mots de notre langue nous guident, nous conduisent, parfois nous
trompent. Mais le seul remède contre la tromperie et le mensonge verbal,
cependant, c’est la connaissance, le respect et l’amour des mots
eux-mêmes.
Dans une civilisation, dans une langue, surtout si, comme
le français, elle est parlée un peu partout sur notre planète, les mots
méritent toujours plus que la société ne leur accorde. Car ce sont eux
qui la font vivre.
La naissance au langage, aux mots, transforme le
jeune être humain qui accède au monde, aux autres et à lui-même par leur
vertu, par leur maîtrise. Ce qui le rend capable de savoir et de faire,
qui se dit ποιεἶν (poiein) en grec, d’où nous vient la poésie.
De
même qu’une « journée de la femme » ne suffira jamais à instaurer
l’égalité entre les sexes, les festivals et les célébrations,
nécessaires par leur côté festif et rassembleur, sont insuffisants pour
reconnaître et montrer ce que nous devons tous aux pouvoirs du langage
et de ses signes, en voix et en traces visibles.
À une époque où, du
chant à la parole, du geste à l’écriture, les mots s’épanouissent grâce
aux techniques neuves, où le clavier et l’écran s’ajoutent à la danse de
la main et à la typographie sur le papier, aux marques des signes sur
la page, le mot vibre partout. Époque étonnante, prometteuse,
inquiétante, où ce mot peut être à la fois idée et image, sens et
musique, monument gravé et message virtuel, objet d ‘art et acte
politique, magie et platitude.
C’est de manière permanente qu’il faut
pouvoir célébrer les mots et leurs pouvoirs, en un lieu privilégié.
Lieu physique, marqué par la géographie et par l’histoire, surtout lieu
moral, espace humain, territoire de rencontre.
Justement, un vocable
existe, inspiré du grec πολίς (polis), berceau de la démocratie, issu du
latin civitas, qui correspond à cette idée. La « Cité » est bien plus
que la ville matérielle, c’est l’appartenance à une communauté vivante.
Le
Prieuré de la Charité qui, sept ans après la création du Festival,
devient « CITÉ DU MOT », c’est donc la mise en place d’un espace
pérenne où s’arriment le langage, la citoyenneté de la pensée et de
l’échange, la communauté par la parole, le chant, la trace écrite,
l’image parlante… Belle idée qui devient réalité grâce à une équipe
opiniâtre !
Avec la CITÉ DU MOT, Centre Culturel de Rencontre, toutes
les « identités » représentées dans le partage de cette langue, le
français, qu’elle soit maternelle, nationale, choisie, sont convoquées à
la Charité sur Loire, promue au statut de symbole d’un humanisme
vivant, actif, et citoyen. Comment ne pas se réjouir de voir les mots
ainsi récompensés !
En partenariat avec :


































avec ces "mots-là" le prieuré de la charité devient un lieu" culte "ouvert à toutes les croyances,