Jamais la France n'avait connu un tel 1er mai, jour de traditionnels défilés, interdits cette année pour cause de confinement. Mais des manifestations auront quand même lieu. Manifestations virtuelles, au balcon ou sur ordinateur. Comme sur le pavé, il faudra respecter des règles, prévient la police.

La police surveillera ce 1er mai, pas dans la rue mais sur les réseaux sociaux
La police surveillera ce 1er mai, pas dans la rue mais sur les réseaux sociaux © Maxppp / Laurent THEVENOT

En ce 1er mai inédit, France Inter a interrogé le commissaire Michel Lavaud, chef de la communication de la police nationale. 

FRANCE INTER : Comment la police se prépare-t-elle à ce 1er mai inédit ?

MICHEL LAVAUD : "Il n'y pas d'inquiétude pour la police nationale, en ce 1er mai, uniquement et prioritairement de la vigilance. Ce que nous anticipons, ce sont des modes d'expression qui évoluent avec la distanciation sociale. On imagine que les manifestants vont se fédérer, se rassembler sur internet. Internet va remplacer la rue. Nous pensons que le réseau social Twitter peut être le vecteur, car c'est un réseau social très ouvert, théâtre de discussions politiques et sociales, une arène. Donc Twitter pourra être le lieu où derrière un hashtag, derrière un mot-clé, on se fédère, on s'évalue, le but étant d'être en 'tendance Twitter'." 

Il sera interdit de manifester dans la rue. Les manifestants seront-ils encadrés virtuellement autant qu'ils l'auraient été dans la rue ?

"Les manifestants chercheront à s'évaluer sur les réseaux sociaux. Et l'évaluation ne pourra pas être complètement objective puisqu'on peut créer des occurrences en étant la même personne sur les réseaux sociaux. Les occurrences ne présenteront donc pas forcément autant de personnes. En tout cas, on aura très vraisemblablement sur les réseaux des hashtags, des mots-clés, qui fédéreront des manifestants, des militants. Et face à ce mode d'expression, le rôle de la police nationale reste clair : sur internet, comme dans la rue, rappeler que la liberté d'expression est le principe absolu, tant que des infractions ne sont pas commises." 

Quels seront les interdits lors de ces manifestations virtuelles ?

"Les infractions qui pourraient être commises seraient celles de menaces, d'injures publiques ou d'outrages. Nous serons là pour intervenir et constater des infractions. 

Nous savons tous que des réseaux, Twitter, peuvent abriter de la violence verbale et des contenus qui à un moment peuvent devenir délictuels. Il y a une différence entre l'expression libre d'opinions publiques et des appels et des incitations à la commission d'infractions ou des infractions réelles. Donc la police veillera pour que les contenus qui lui seraient signalés fassent l'objet d'enquêtes approfondies. Les injures, les menaces, les outrages sont des infractions qui peuvent entraîner des amendes ou des peines de prison. L'outrage peut entraîner une peine de prison de six mois à un an. 

Je rappelle que quand on constate des infractions, on s'oriente vers la plateforme Pharos. C'est la plate-forme qui recense les contenus numériques délictuels, toute l'année. Elle pourra récupérer des signalements en ce 1er mai et les transmettre aux services enquêteurs".

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