Il y aura au moins une bonne raison de se réjouir de l’année 2020 : elle sera l’année de la BD. Annoncée officiellement par le ministre de la Culture, Franck Riester courant décembre, elle s’ouvrira avec le Festival International de la BD d’Angoulême fin janvier.

Le dessinateur Jul est l'un des parrains de "BD 2020, la France aime le 9e art"
Le dessinateur Jul est l'un des parrains de "BD 2020, la France aime le 9e art" © AFP / BERTRAND GUAY

Cette année culturelle "BD2020 la France aime le neuvième Art" verra se multiplier les manifestations (plus de 300) partout sur le territoire, et sera accompagnée de quelques mesures de soutien au secteur et aux auteurs.

Parmi les parrains de la manifestation, le dessinateur Jul réagit 

"Quand on m’a proposé d’être parrain de la BD 2020, quelque chose m'a fait peur : je n'avais pas du tout envie d’être la Miss France de la BD à juste couper des rubans. Je me suis dit que c'était un très bon prétexte pour parler de choses qui fâchent ou au contraire, qui réjouissent. Une bonne occasion d’évoquer la dimension socio-économique du 9e Art, parce que les auteurs ont plein de revendications. On vend énormément d'albums et en même temps, il y a une grande précarité des dessinateurs (NDLR : en 2017, une enquête des Etats Généraux de la BD avait révélé que plus d'un tiers des auteurs vivaient sous le seuil de pauvreté). En plus, il y a des systèmes de retraite absurdes contre lesquels on se bat depuis longtemps.

Cette année de la BD, c'est l'occasion pour les gens qui aiment la BD de le prouver. 

La deuxième dimension, c'est l'unité nationale que représente la BD. Parce que dans la sphère de la création culturelle, il n’y a plus beaucoup, même en musique, ou en littérature, de secteurs qui, comme la BD, unissent à ce point-là les gens. Le monde de la BD est transversal. C'est une chance extraordinaire de pouvoir s'adresser massivement à tout le monde avec une telle force (Aujourd’hui 8,4 millions de Français achètent des BD). C'est un lieu de description d'un monde qui est souvent magnifique, mais aussi tragique et tourmenté. Et donc, en ces années de tourments, La BD a quelque chose à dire. En plus du fait d'être parrain, je pense que pousser cette dimension-là peut valoir le coup. 

Quelques semaines auparavant, Catherine Meurisse, l’une des deux autres marraines avec Florence Cestac avait expliqué : 

"La comparaison est peut-être maladroite et un peu douloureuse, mais je sais qu'en 2015, après l'attentat contre Charlie, tout le monde s'intéressait au dessin de presse. Mais aujourd’hui la situation des dessinateurs de presse est toujours aussi précaire. J'espère que l'année de la BD ne sera pas ça, que l’on prendra conscience que le 9e art est un peu une locomotive de l'édition. Et que derrière, ce n'est pas toujours simple pour les auteurs".

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Ecrit avec l'aide de Galatée Tassel.

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