Souvent mal-aimée, la guêpe a été particulièrement présente sur nos tables et nos terrasses cet été. Les populations seraient même cinq fois plus nombreuses qu'en moyenne selon certains spécialistes. En cause : la météo et le manque de nourriture.

Il existe peu d'études et de données scientifiques concernant les guêpes.
Il existe peu d'études et de données scientifiques concernant les guêpes. © AFP / Christof Stache

A la campagne, sur la plage et jusque dans les bouches de métro... Qui ne s'est pas battu récemment contre des guêpes attirées par notre repas ou notre parfum ? Cette année, elles sont cinq fois plus nombreuses que les années précédentes, selon certains spécialistes, un phénomène particulièrement observé en ville. Une forte présence qui n'est pas due au confinement, mais plutôt à la météo clémente.

Deux fois plus de nids à détruire 

Cette année, les experts de la désinsectisation des habitations ont eu fort à faire. L'entreprise Hygiène 4D, basée près de Paris, a dû intervenir deux fois plus que d'habitude, cette année, pour des nids de guêpe. "C'est en plein Paris, dans des volets roulants..", témoigne Sandrine Hernandez, la directrice. "Ça leur est visiblement égal qu'il y ait du mouvement ou de la vie, elles ne vont pas se cacher."

Ce n'est pas un hasard si les guêpes sont plus téméraires cette année, car les espèces urbaines et périurbaines ont profité d'une météo clémente, favorisant leur prolifération, les rendant visibles au moins jusqu'à octobre. "On a eu un hiver doux puis un printemps très régulier sans refroidissement important", explique Quentin Rome, expert en hyménoptères, ordre dont fait partie la guêpe, au Muséum national d'Histoire naturelle. "On sait que cela augmente la survie des reines, et donc des colonies, ce qui fait qu'on en a beaucoup plus cette année."

Le frelon asiatique aussi très présent

Une augmentation des populations de guêpes a prendre avec des pincettes estime de son côté Eric Darrouzet, spécialiste à l'institut de recherche sur la biologie de l'insecte à l'université de Tours. Il rappelle qu'il existe peu d'études et donc de données scientifiques concernant ces insectes. 

Cependant, le climat peut en effet jouer en faveur du déplacement des populations : "S'il y a des conditions de sécheresse conséquentes, ce qui impacte les populations d'insectes avec moins de nourriture, elles vont aller là où il y en a, soit proche des cours d'eau pour chasser, donc là où se trouvent notamment nos villes. On peut voir plus de guêpes que d'habitude". Car la guêpe se nourrit notamment d'autres insectes, de viande ou du nectar de fruits.

En revanche, un autre insecte piquant, le frelon asiatique, gagne effectivement du terrain, selon le chercheur : "En Suisse on voit de plus en plus de frelons que les années précédentes, donc l'animal colonise de plus en plus de territoires, on a une augmentation exponentielle jusqu'à un moment arriver à peu près à un plateau."

Ces insectes restent essentiels à la biodiversité

Cependant, les guêpes restent essentielles pour la biodiversité, rappellent les scientifiques, alors que plusieurs études montrent un déclin rapide du nombre d’insectes en Europe depuis plusieurs années.

"Comme les abeilles, les guêpes et les frelons européens ont un rôle écologique majeur et il faudrait les protéger. Ils participent à la pollinisation des plantes et, en tant que prédateurs, ils permettent de contrôler les populations d'insectes dans l'environnement, notamment des mouches et des moustiques", rappelle Eric Darrouzet.