Coronavirus et mesures sanitaires obligent, les niveaux de fréquentation des lieux culturels et touristiques sont globalement en baisse. Voici une sélection de lieux où l'on peut aller car il y a moins de monde que d'habitude, du Louvre jusqu'à la cité de l'espace à Toulouse, en passant par Poitiers et Carcassone.

Cité médiévale de Carcassonne
Cité médiévale de Carcassonne © Getty / .

Achat de billets en ligne, réservation de créneaux horaires, port du masque... Vous y êtes ? Tous ces préalables étant remplis, c’est parti pour une sélection de visites culturelles et touristiques à faire en ce moment, pour profiter de la baisse de fréquentation provoquée par la crise du coronavirus. 

Dans les différentes région de France, les principaux sites arrivent le plus souvent à s'en sortir, même si les touristes étrangers manquent cruellement. À Paris en revanche, les sites du Musée Grévin, L’Arc de Triomphe, la Cité des sciences, le musée du Luxembourg, le Petit Palais et Orsay, n'affichent que quelques minutes d’attente, selon les données fournies par les capteurs d’Affluences. C’est peu de dire que la voie est libre pour ceux que les files d’attente font fuir.  

Le Louvre, en petits groupes au débotté

Arrêtons-nous sur le cas du Louvre. Son président Jean-Luc Martinez aime faire savoir que, la Joconde, à certaines heures de la journée, se trouve presque seule. Comprendre : elle a besoin de compagnie, et la billetterie du Louvre également. En septembre la baisse de fréquentation est de 75% pour le plus grand musée du monde, qui reçoit environ 6600 personnes par jour. On s’y réjouit d’ouvrir le 22 octobre l’exposition Le Corps et l’Âme, avec 140 sculptures de la renaissance italienne, reportée du printemps à l’automne. Pour convaincre le public de le rejoindre, le Louvre a mis en place les visites de “mini découverte”, sessions de 20 minutes animées par des conférenciers en 9 points du musée, que l’on peut attraper au vol toutes les demi-heures, gratuitement et sans réservation.   

Le Louvre enregistre une baisse de fréquentation de 75%
Le Louvre enregistre une baisse de fréquentation de 75% / Capture Aflfuences

La Tour Eiffel se sent seule

Comme tous les grands lieux parisiens, la Tour Eiffel est quasi abandonnée par les visiteurs. L’affluence est toujours plus faible à la Tour Eiffel en octobre et en novembre, et l’automne est toujours la bonne période pour se rendre à ses pieds. C'est plus que jamais le cas car cette année : de 13 000 visiteurs par jour en moyenne, la fréquentation descend à 2 000 en ce moment. Désormais, la Dame de fer ouvre ses portes de 10h30 à 17h30, pour tenir compte des impératifs du couvre-feu à Paris. 

Château de Versailles, se prendre pour Louis XIV

"Nous étions huit dans la galerie des Glaces”. Le visiteur qui rapporte son expérience dans le château de Versailles n’en revient pas. En ce début octobre, il n’y a pas plus de 2 000 visiteurs par jour, si l’on en croit les déclarations de la présidente Catherine Pégard, soit 8 à 10 fois moins qu'habituellement. Au programme en ce moment, une grande rétrospective consacrée à Hyacinthe Rigaud, le portraitiste de Louis XIV, la visite de la galerie des Sculptures et des Moulages, et celle de l’appartement privé de Louis-Philippe au Grand Trianon, qui rouvrira en novembre. 

Mont Saint-Michel, le moment où jamais

Chaque année près de deux millions et demi de visiteurs visitent le Mont-Saint-Michel. Cet été la fréquentation était en baisse de 15%, faute de touristes étrangers et en raison d'un plus grand nombre de Français. En septembre et octobre, la fréquentation marque encore plus le pas et baisse de 37%, par rapport à la même période l'an dernier. "Cela reste gérable" indique le directeur général de l'établissement public qui gère l'intégralité du site, Thomas Velter, "mais c'est vraiment le bon moment pour venir nous rendre visite", poursuit-il. 

La période de Toussaint est de toute façon toujours plus calme. Les visiteurs apprécient de venir sur un site naturel de plein air autour du village même du Mont Saint-Michel. En revanche ils ont quelque peu déserté l'abbaye elle-même, qui enregistre une baisse de 60% de fréquentation. Autant dire que la visite de cette abbaye est un des moments les plus agréables d'une escapade en Normandie. L'abbaye est un chef-d’œuvre d’architecture. En ce moment, certains témoignent y déambuler seuls. 

La cité médiévale de Carcassonne quasi déserte

"La Cité est restée l’un des sites les plus visités en France", insiste Laurence Gasc, conseillère municipale en charge du tourisme à Carcassone. "Non, ce qui m’inquiète, c’est la situation actuelle, le Covid." Actuellement, la Cité est quasi déserte. "Habituellement, en cette période, c’est la clientèle étrangère qui nous fait vivre, par la force des choses, elle n’est pas là. On subit cette situation sans précédent". 

La cité médiévale de Carcassonne, classée "Patrimoine mondial" par l'Unesco, est remarquable par son village médiéval encore habité, ses 52 tours et 2 enceintes concentriques qui forment 3 km de remparts. Parmi les édifices à découvrir, faisons un clin d’œil au grand puits, réputé le plus ancien de France. "Une légende rapporte que les Wisigoths, effrayés par l’arrivée d’Atilla, y auraient caché le trésor du Temple de Salomon. Il a été maintes fois fouillé, toujours en vain", dit-on à l'Office du Tourisme.

Carcassonne fait partie des sites les plus visités de France, mais sa fréquentation baisse d'année en année et 2020 va accentuer le phénomène. Par rapport à l'an dernier, le site a perdu la moitié de ses visiteurs. Pour Halloween, l'office du tourisme propose des visites à thèmes : "un voyage outre-tombe pour rencontrer les esprits de ceux qui ont fait l'histoire de notre Cité".

Le Futuroscope vous promet Mars, ou presque

Le Futuroscope perd depuis quelques mois un bon quart de ses visiteurs. Ce qui ne l'a pas empêché d'annoncer ces derniers jours, comme prévu, une phase d'investissements très importants, pour s'équiper de nouvelles attractions et solutions d'hébergement. 

Dès maintenant le parc qui s'étend sur 62  hectares propose par exemple un voyage Objectif Mars :un parcours en nacelle en intérieur pour affronter des champs électromagnétiques et les éruptions solaires avec des vitesses de pointe jusqu’à 55 km/h. Attention, c'est l'attraction phare du moment, il y aura sûrement de l'attente. "Je ne peux pas promettre qu'il n'y aura pas d'attente, une heure peut-être, mais l'ensemble du parc est d'une fréquentation très agréable en ce moment", confie Laure Masseron directrice Marketing. Habituellement la dernière semaine d'octobre est absolument à éviter tellement il y a de monde, selon le guide Ooparc

Cité de l'espace et envol des Pionniers, en toute liberté

À Toulouse, la Cité de l’espace, délaissée par les visiteurs étrangers et les groupes d’enfants en vacances, enregistrait une baisse de fréquentation de 25% et été. En septembre la baisse n’est plus que de 10%, et ce sont surtout les scolaires qui font défaut. Pour Jean-Baptiste Desbois le directeur général, “il s’agit de ne pas dégrader l’offre, au contraire : il faut proposer autant d’animations au public et répartir les visiteurs, pour respecter toutes les contraintes sanitaires”

Avec ses deux bâtiments pour les expositions, son planétarium et ses salles de cinéma ou conférences, la Cité s’étale sur 5 hectares, et tout est fait pour que les visiteurs ne se retrouvent pas au même endroit en même temps. La jauge de la salle de cinéma IMAX est réduite des deux tiers, passant de 300 à 200 spectateurs.  

La cité de l’espace à Toulouse propose de voir des engins spatiaux, explique la vie des astronautes, montre des trésors récoltés lors des missions spatiales et fait découvrir les robots martiens.  En ce moment elle présente les projets d’exploration autour de la Lune, jusqu’en 2023, et pour les vacances un film en IMAX, Chasseurs d’astéroïdes, invitation à l’exploration de notre système solaire et de ses corps célestes méconnus : les astéroïdes. 

Géré par la Cité de l'espace, l’Envol des pionniers, à un kilomètre de là, est le site dédié à l’histoire de l’aéropostale. Il espère attirer les visiteurs avec l’exposition sur Saint-Exupéry à partir du 17 octobre. On y verra une réplique taille réelle du premier avion de La Ligne, le SALMSON 2A2 sur lequel Antoine de Saint Exupéry a volé. “Nous ne devons pas décevoir le public”, explique Jean-Paul Desbois, “sinon nous risquons de le perdre."

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