C'est une règle quasi immuable depuis plus d'un siècle : aux États-Unis, le candidat en tête dans les sondages 100 jours avant le scrutin présidentiel remporte presque toujours la mise. Mais il y a de rares exceptions... Donald Trump en faisait partie en 2016, et espère renouveler l'exploit en 2020.

Donald Trump aborde la dernière ligne droite de l'élection 2020 en difficulté dans les sondages
Donald Trump aborde la dernière ligne droite de l'élection 2020 en difficulté dans les sondages © AFP / Olivier Douliery

Ces dernières semaines, les choses ne vont pas bien dans les sondages pour le président sortant... Mais il a l'habitude. À la même période en 2016, Donald Trump était donné perdant, et il a finalement remporté l'élection de justesse face à Hillary Clinton. Cette fois, l'écart a beau être un peu plus important (il plafonne à 41 % d'intentions de votes, soit 7 points de moins que son adversaire démocrate Joe Biden), il espère réussir un doublé en faisant à nouveau mentir les statistiques.

Ce serait un cas unique dans l'Histoire des États-Unis : jamais un président américain n'a réussi à faire mentir les sondages deux fois de suite. Donald Trump avait toutefois rejoint en 2016 le club très fermé des candidats qui l'ont emporté sur la ligne d'arrivée, alors qu'ils étaient donnés perdants 100 jours plus tôt. Depuis 1936, ils ne sont que cinq à y être parvenu. Toutes les autres élections étaient jouées dans les 100 derniers jours.

Faire mentir les sondages, une exception

Cent jours avant l'élection de 1948, le futur président Harry Truman était ainsi loin derrière son adversaire républicain Thomas Dewey : 11 points séparaient les deux hommes fin juillet 1948, et la tendance ne s'est inversée que le jour de l'élection.

Situation beaucoup plus serrée en 1968, où le démocrate Hubert Humphrey était annoncé gagnant 100 jours avant le scrutin : 40 % d'intentions de vote, contre 35 pour le républicain Richard Nixon. Quelques jours plus tard, Nixon passe pourtant en tête, et ne perdra jamais son avance.

En 1988, rebelote, une fois encore au profit d'un candidat républicain : George HW Bush, qui a remporté l'élection avec 53,4 % des voix, était pourtant loin derrière le démocrate Michael Doukakis, crédité 100 jours plus tôt de 54 % des intentions de vote.

En 2004, les deux candidats sont au coude à coude, mais George W Bush réussit finalement la même performance que son père : une victoire de justesse contre John Kerry, pourtant donné gagnant 100 jours plus tôt.

Enfin, tout le monde a encore en mémoire la victoire à l'arrachée de Donald Trump (grâce au suffrage indirect, puisqu'il avait obtenu moins de voix que son adversaire) face à Hillary Clinton en novembre 2016.

Ce même Donald Trump parviendra-t-il à faire mentir de nouveau les sondages et les statistiques ? Il reste 100 jours pour le savoir.

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