C'est l'un des départements où le virus circule le plus rapidement en France. L'incidence y frôle les 500, deux fois plus que la moyenne nationale. Et les services de réanimation sont saturés, avec des équipes de soignants épuisés.

Au centre hospitalier de Montfermeil, les équipes sont épuisées et tiennent tant bien que mal
Au centre hospitalier de Montfermeil, les équipes sont épuisées et tiennent tant bien que mal © centre hospitalier de Montfermeil

Cet après-midi-là, quand on y entre, le service de réanimation du centre hospitalier de Montfermeil connait une relative accalmie. Trois lits ont été libérés ces dernières heures. Deux patients atteints du Covid sont décédés, un autre a vu son état s'améliorer et a été transféré dans un autre service. "On les a déclarés au Samu", explique Dany Tolédano, la cheffe de la réanimation, "mais depuis ce matin, ils ne nous ont pas appelés. Après, c'est tellement imprévisible, que je vous dis ça et si ça se trouve dans deux heures, on sera remplis". Et effectivement, une demi-heure plus tard les infirmières ont préparé une chambre. Un nouveau malade atteint du Covid va arriver.

"Les patients, ils arrivent, tout le temps, tout le temps, tout le temps" dit Marie, infirmière ici depuis dix ans, en montrant une chambre équipée d'un respirateur : "Là, on a un lit de libre, mais on attend une entrée. Cela ne s'arrête jamais. On est fatigués, on est constamment là. Les vacances, on a dû les annuler pour le bien-être des patients et des collègues, mais on est épuisés". Les équipes tiennent, tant bien que mal. Aujourd'hui, il manque quatre infirmières dans le service, précise le docteur Tolédano.

Transférer les soignants plutôt que les malades

Alors pour faire baisser un peu la pression sur la réanimation, les opérations de chirurgie ambulatoire ont été annulées ou reportées. Cela a permis de réaffecter quelques infirmiers et aides-soignantes dans le service.

L'autre levier, ce sont les transferts de malades. "Mais nous n'en avions pas d'éligibles le week-end dernier", assure Dany Tolédano. "Et de toute façon, je ne pense pas que ce soit une bonne option", poursuit la médecin, "on aimerait bien qu'il y ait plutôt des missions de personnels soignants qui viennent d'autres régions moins touchées travailler chez nous huit ou quinze jours. C'est moins risqué pour les patients, et nous, cela nous permettrait de continuer à fonctionner". 

Le taux d'incidence frôle les 500 dans le 93

En Seine-Saint-Denis, tous les indicateurs sont dans le rouge. Le taux d'incidence, 499, est l'un des plus élevés de France. Il est en hausse constante depuis plusieurs semaines. Les taux d'occupation des services de réanimation s'élève à 138% (contre 82% en France) et le taux de positivité des tests à 12,6% (contre 7,35%), selon le site Covidtracker

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