Jusqu'à fin septembre, la Grande Halle de la Villette accueille en son sein une expérience nommée "Jam Capsule". À mi-chemin entre l'installation artistique et le cinéma immersif, ce dispositif scénographique propose cinq films conçus ou adaptés pour l'occasion.

Un extrait de "Jardins Mystiques", l'un des films projetés dans la Jam Capsule
Un extrait de "Jardins Mystiques", l'un des films projetés dans la Jam Capsule © Radio France / JB

Le Japon, la Terre vue d'en haut, l'Opéra de Paris, les peintres flamands et Maria Callas : une programmation très hétéroclite, mais avec un dispositif en commun, la "Jam Capsule". Abritée dans la Grande Halle de la Villette, à Paris – qu'elle partage avec une exposition organisée avec le Centre Pompidou – il s'agit, selon les affiches disposées dans tout le parc de la Villette, d'une "expérience culturelle immersive monumentale".

"Un outil scénographique"

Qu'est-ce qui se cache derrière ces quatre mots ? La "Jam capsule" est avant tout un dispositif de projection gigantesque. Un espace ovale, de 40 mètres sur 25, délimité par un écran géant haut de 12 mètres. Le tout surplombé par une armée de projecteurs, qui déploient la projection sur une surface totale de 2 500 mètres carrés, à la fois sur l'écran et au sol. "Ce qu'on a conçu, c'est un outil scénographique pour les artistes, un dispositif immersif fait pour accueillir des œuvres avec un contenu fort", explique Philippe Ligot, président d'un atelier de scénographie et concepteur du projet. 

Ce "contenu fort", ce sont donc cinq films d'environ 50 minutes chacun, sur des thématiques différentes : "L'idée, c'est de tenter des choses, il faut que ce soit un lieu d'expérimentations", explique Philippe Ligot. Aux côtés d'un film de Yann Arthus-Bertrand, "Legacy", figurent un documentaire sur le Japon, une compilation de créations vidéo issues du programme "3e Scène" de l'Opéra de Paris, et deux films réalisés par l'artiste Tom Volf, l'un sur Maria Callas, l'autre sur la peinture flamande. "C'est un programme que nous avons dû monter en peu de temps : en décembre la Villette nous a annoncé que l'espace serait disponible. Avec le confinement en plus, ça a limité le temps que nous avions devant nous", ajoute-t-il.

Jeux de sons et de lumières

"Dans la plupart des cas, la matière brute existait déjà. Nous avons travaillé avec les artistes, donné notre avis de scénographe, sur la prise en compte des contraintes techniques, pour adapter cette matière au format de la capsule", explique Philippe Ligot. Chaque film a donc été adapté pour envelopper les spectateurs dans l'image – à l'exception de "Jardins Mystiques", le film consacré aux peintres flamands, qui est une création. Et ça fonctionne : si les visiteurs sont obligés de conserver le masque sur le visage et de maintenir les distances de sécurité, la plupart d'entre eux tantôt déambulent, tantôt s'assoient, voire s'allongent, sur le sol, pendant la séance, pour profiter des films sous un angle différent.

Les films du programme "Troisième scène" immergent les visiteurs dans des créations d'artistes autour de l'Opéra de Paris
Les films du programme "Troisième scène" immergent les visiteurs dans des créations d'artistes autour de l'Opéra de Paris © Radio France / JB

Le travail de l'image va de pair avec celui du son : ainsi, à mesure que la musique des Indes Galantes de Jean-Philippe Rameau va crescendo, les images tournées par l'artiste Clément Cogitore à l'opéra occupent de plus en plus de place à l'écran, alors qu'au sol, une lueur semble accompagner les pas des danseurs. Quand l'Hiver de Vivaldi trouve sa résonance avec les tableaux de Jérôme Bosch, l'espace est plongé dans la lumière, presque éblouissant pour les spectateurs.

Retour l'année prochaine

Les créations s'enchaînent et ne se ressemblent pas – le public non plus, certains films attirant plus facilement les spectateurs que d'autres, reconnaît Philippe Ligot : "Certains projets sont plus faciles d'accès, mais ce qui compte pour nous c'est d'ouvrir le jeu le plus possible, sans jamais tomber complètement dans le simple émerveillement, en trouvant toujours quelque chose à dire, on veut s'attacher au fond, que celui-ci soit de qualité". 

Les films sont ponctués par des "programmes courts", plus expérimentaux
Les films sont ponctués par des "programmes courts", plus expérimentaux © Radio France / JB

Le programme Jam Capsule est présent à la Villette jusqu'au 12 septembre, mais le dispositif est conçu pour être nomade et se déplacer dans d'autres villes, d'autres régions, "même à une échelle différente". Le dispositif devrait revenir l'année prochaine à Paris, avec une nouvelle programmation, et des films conçus spécialement pour ce format. 

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