Comment faire respecter les gestes barrière dans les établissements de nuit ? Alors que certains bars dansants accueillent à nouveau des clients, sur les réseaux sociaux, de nombreux jeunes s'affichent en train de danser ou de circuler sans masque, y compris dans certaines discothèques parisiennes.

Depuis le déconfinement, difficile pour certains gérants de bars de faire respecter les gestes barrières à une certaine heure de la nuit. Photo d'illustration.
Depuis le déconfinement, difficile pour certains gérants de bars de faire respecter les gestes barrières à une certaine heure de la nuit. Photo d'illustration. © AFP / LAURENT PERPIGNA IBAN / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Alors que l'épidémie de Covid-19 regagne du terrain en France, avec plus d'un quart des départements classés en "zone rouge", les gestes barrière restent difficile à faire respecter dans certains endroits, notamment les bars et établissements nocturnes français. En témoignent de nombreuses vidéos et photos ayant circulé sur les réseaux sociaux ces derniers jours, de jeunes dansant ou circulant sans masque.

À Paris, des soirées en discothèque 

Le week-end dernier, ce sont des images de fête dans deux discothèques à Paris qui ont fait polémique : le club "The Key" et le "Raspoutine". Le journaliste indépendant Vincent Glad a posté sur Twitter des photos issues d'une soirée dans l'un des établissements :

Au club "The Key", situé dans le 9e arrondissement, le gérant assure que la soirée était parfaitement légale et dit à France Inter avoir demandé le reclassement de son établissement en type N pour rouvrir, soit en catégorie bar et restaurant. "Maintenant je ne suis plus une discothèque, explique Alexis Blas, le gérant du club : "Dans un caractère purement légal, j'ouvre dans un format bar, le seul qui nous est autorisé, pour survivre." Quant aux images circulant sur les réseaux sociaux, "le protocole sanitaire a été respecté à 80, 90%", tempère le gérant, qui affirme que son établissement a fait l'objet d'un contrôle de police ce samedi soir, sans sanctions.

Contactée, la préfecture de police de Paris assure de son côté n'avoir "délivré aucune autorisation" aux deux établissements parisiens. La police effectue des contrôles et "des sanctions devraient être prises" envers les établissements qui ne respectent pas la réglementation sanitaire, indique la préfecture de police sans davantage de précision. Elle rappelle simplement que les pistes de danse ne peuvent pas ouvrir.

Pourtant, ailleurs dans la capitale, d'autres vidéos et photos ont été postées ces derniers jours, montrant des jeunes danser en nombre lors de soirées identifiées comme provenant de bars parisiens, certaines en plein air.

"Les bars de nuit sont pleins à craquer" témoigne, Koko, jeune "amateur de soirée" parisienne : "Je sors depuis le déconfinement, dans des bars de nuit qui ont pu rouvrir et c'est vrai que récemment certaines boîtes ont pu ouvrir leurs portes". Selon lui, les personnels de ces bars de nuit, ouverts pour la plupart jusqu'à 2h, rappellent le protocole aux clients : obligation de porter le masque, interdiction d'accéder à la piste de danse, et obligation d'occuper une place assise autour d'une table. "On a le droit de danser autour de sa table, en gardant le masque, mais ces règles ne sont pas réalistes, on est là pour s'amuser et pour boire !" estime le jeune homme. 

Toulouse

À Toulouse également, des photos circulent sur Instagram, postées en fin de semaine dernière et étant identifiées comme provenant d'un célèbre bar en centre-ville.

Une photo présentée comme provenant récemment d'un célèbre bar de Toulouse.
Une photo présentée comme provenant récemment d'un célèbre bar de Toulouse. / Capture d'écran Instagram

Marseille

Des vidéos et photos proviennent également de bars en plein air comme les guinguettes ou les rooftops. À Marseille, une soirée aurait eu lieu récemment dans l'un de ces établissements, selon une photo postée sur Instagram. On peut y voir beaucoup de clients debout, sans masque. 

Une photo du réseau social Instagram, postée le week-end dernier, et identifiée comme provenant d'un établissement marseillais.
Une photo du réseau social Instagram, postée le week-end dernier, et identifiée comme provenant d'un établissement marseillais. / Capture d'écran Instagram

"Ce n'est pas aux gérants de faire de la délation"

Pour Laurent Lutse, président de la branche cafés, brasseries et établissements de nuit de l'Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih), certains professionnels peinent effectivement à faire respecter les gestes barrières : "Beaucoup de gérants, 80% environ en France, les font respecter. Mais il est vrai que dans certains établissements à partir de minuit ou 1 heure du matin, l'alcool faisant, ils n'arrivent pas à faire la police."

"D'autres, en effet, ne font pas respecter le protocole sanitaire, mais ils ne sont pas majoritaires", estime-t-il : "Il faut que ce soit la préfecture qui fasse la police, ce n'est pas aux gérants de faire de la délation." Le représentant de la profession rappelle que certains propriétaires ont recruté des agents de sécurité, en plus des masques et du gel hydroalcoolique mis à disposition des clients.

Les gérants de discothèques, à l'arrêt depuis presque six mois, réclament toujours de pouvoir rouvrir tout en respectant un protocole sanitaire. 

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