Sur le parvis de la cathédrale Saint-Louis de Versailles, comme ailleurs en France ce week-end, plus d’un millier de catholiques ont demandé hier soir la reprise des messes, interdites depuis le début du reconfinement.

Les organisateurs du rassemblement d'hier, à Versailles
Les organisateurs du rassemblement d'hier, à Versailles © Radio France / Julie Pietri

"On veut la messe !" : Ce slogan, les catholiques présents hier soir sur le parvis de la cathédrale Saint-Louis, n’ont cessé de le répéter. "Nous aurions le droit de faire nos courses le dimanche matin ? Mais nous ne pourrions pas nous rendre dans nos églises pour assister à la messe ?" interroge une organisatrice. La foule, qui grossit à mesure que la nuit tombe, siffle, hue. Les enfants, comme les adultes crient ce "On veut la messe", inscrit également sur plusieurs pancartes. 

Entre chaque discours sur les marches de la cathédrale, les croyants entonnent des chants religieux. Ont-ils craint, hier soir, une arrestation ? "S’il y a des prières dans la rue, c’est parce que c’est la manière de manifester des catholiques" estime Mathieu, 43 ans, venu en famille au rassemblement versaillais. "Je ne vois pas vraiment comment on va faire la différence entre quelqu’un qui manifeste en criant des slogans et quelqu’un qui manifeste en chantant ou en fredonnant une prière". 

"Je ne peux pas croire qu’ils n’aient pas réalisé qu’ils touchaient à des choses explosives", s’indigne Sophie, 52 ans. "On est revenus à la Terreur, là. Ce régime est sur une pente dangereuse. C’est pour ça aussi que c’est important d’être là, pour montrer que le gouvernement a plus que dépassé les limites". 

Versailles, début du rassemblement
Versailles, début du rassemblement © Radio France / Julie Pietri

Les catholiques présents dans la rue ce week-end n’ont cessé de le répéter au fil des rassemblements : "Nous ne pouvons pas nous passer de la messe", "Notre nourriture est aussi spirituelle". La possibilité de venir prier dans les églises, individuellement, ne leur suffit pas. "Nous sommes animés par un profond sentiment d’injustice" plaide Adelaïde, étudiante de 22 ans, qui a participé à l’organisation de la manifestation d’hier soir : "On nous parle tout le temps de besoins essentiels... Mais pour nous, le besoin essentiel, c’est la messe". 

"La souffrance de ne pas pouvoir se réunir à l'approche de Noël"

Les rassemblements de ce week-end n’ont pas été soutenus par l’ensemble des évêques. Le sujet a divisé, alors que Jean Castex doit réunir aujourd’hui les représentants des cultes pour, justement, discuter des conditions sanitaires qui pourraient (ou non), faire évoluer les mesures d’interdiction. Mais ce qui rassemble les membres de la Conférence des Évêques de France, c’est la "souffrance de ne pas pouvoir se réunir", alors qu’approche la période de l’Avent et les célébrations de Noël. "Nous avons prouvé ces derniers mois que nous savions organiser des cérémonies en respectant les gestes barrières. Peut-on citer un cas de cluster issu d’une messe dans une église catholique en France ?", s’agace encore la jeune Adelaïde. 

À l’issue du rassemblement, après un bonsoir, les organisateurs de la manifestation versaillaise ont appelé les catholiques à se mobiliser à nouveau, dimanche prochain. 

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