Boomerang

Bernard Minier sans se miner

par Augustin Trapenard| publié le

En une petite dizaine d’années et presque autant de romans, il s’est imposé comme un maitre incontesté du thriller contemporain. Dans "La chasse", paru début avril, il confie une nouvelle enquête à son héros de toujours, le commandant Servaz. Bernard Minier est l'invité d'Augustin Trapenard.

Bernard Minier en 2017 © Maxppp / Daniel FOURAY
À écouter :

Depuis Glacé, chacun de ses romans se classe immanquablement en tête des meilleures ventes de livres. Après N'éteins pas la lumière, Soeurs ou encore La vallée, il publie La chasse. Dans ce nouvel opus, sur fond de règlements de comptes, d’émeutes et de soif de justice, il dresse un portrait de notre société plus sombre que jamais. Bernard Minier est dans Boomerang. 

Extraits de l'entretien

"Le roman est un espace de complexité, où j'essaie de faire dialoguer les points de vue. Milan Kundera disait que dans un roman, toutes les pages disent au lecteur que les choses sont plus complexes qu'il ne le pense''

"L'in-communication conduit à la violence. Albert Jacquard disait ''est fanatique celui qui est enfermé dans ses certitudes''. C'est ce que je constate aujourd'hui, la violence et la haine de l'autre sont de plus en plus présentes..."

"C'est un devoir et une nécessité pour moi d'utiliser l'actualité dans mes romans, parce que la littérature éclaire à la fois le présent, et le chemin. Je reçois tous les jours La Dépèche du midi, donc je me fais ma propre revue de presse !"

"J'adore les fins de route : c'est Apocalypse Now, c'est Au cœur des ténèbres... C'est toujours au bout du bout qu'arrivent les révélations. C'est pour ça que beaucoup de mes livres se passent dans les Pyrénées : c'est un Finistère"

"Comme tous les auteurs, je suis un petit démiurge : je construis un espace et un territoire où je place mes personnages, et je manipule leurs egos comme je le veux... je suis comme un producteur de cinéma avec un budget illimité !"

"J'aime beaucoup parler du mal, sous toutes ses formes. Parce que la seule chose qui m'intéresse, c'est l'humain : au plus près de l'humain, c'est là que je veux être dans mes romans. Et l'humain est l'origine du mal"

"Dans les années 80, j'ai mis en place mon plan Kerouac : je suis parti en Espagne au moment de la Movida. Je n'en suis jamais vraiment revenu... J'y ai appris la liberté, et l'idée que la démocratie n'est pas forcément naturelle ou évidente.

Carte blanche

Pour sa carte blanche, Bernard Minier a écrit un texte inédit sur le mal. 

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